‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 116 sur 625 · DORMIR — DOT · texte numérisé non relu

DORMIR — DOT

venances; dorleux, sensible à la douleur physique, douillet; dorloti ou derbte, bijoux que le futur donne à sa fiancée.»

On trouve un emploi assez peu intelligible du mot dorelot dans Y Ovide bouffon :

Portant des sabots et des guestres,

Et vestu comme un gros Pâlot,

Tantost flustant ton dorelot,

Tantost d'une gaule d'érable

Chatouillant tes bœufs sur le rable . . . ,

Tu passois tout doux une vie

A qui nul ne portoit envie. - Richbb, Ovide bouffon, 1669, p. s3o.

Dormir : contes \ dormir derodt.

* Voir t. I, p. A78, Conte en Pair, conté à dormir debout,

DOT, subst. masc.

1057 L'ordre est que le futur doit douer la future

Du tiers du dot quelle a. - Éc. des Fem., IV, 2.

Cest une raillerie, que de vouloir me constituer son dot de toutes les dépenses qu'elle ne fera point. - L'Av., II, 5.

Si bien que ce matin, ayant sçu qu'à des filles

Qui doivent leur naissance à d'honnêtes familles,

Crésus donne une dot pour les bien allier, ,

Je vous en offre deux, prêtes à marier. - Boursault, Etope à la Cour.

Cest un prodige que cette petite; son esprit est §on dot. - Si?., IV, p. 466.

* Nicot (1606) écrit dont, masc.; Gotgrave (1611, i63a, i65o) doit et dot; Monet (1690, i636) dot; dans les Épithète* de M. de La Porte, dot n'est accompagné que d'adjectifs masculins : «dot nuptial, asseuré, féminin, pecunieus», etc.

1679. — crll faut dire la dot et non pas le dot, comme dit M. de Vaugelas dans sa traduction de Quinte Curce, et M. d'Ablancourt dans tous ses livres. . . M. Patru, dans ses Plaidoyer*, dit toujours la dote, par un e à la fin, et il soutient que c'est ainsi qu'il faut parler, n'y aiant aucun mot dans nostre langue terminé en ot qui ne soit masculin, à la réserve de Margot. M. Patru est un homme de grande autorité dans nostre langue , et je ne doute point que son autorité ne puisse, avec le temps, établir ce mot de dot» (voir plus loin); mais cependant je suis d'avis qu'on continue à dire la dot.» - Mit âge, Obùrv., t. I, 1679, p. 196.

1677. — Le P. Gaudin, dans son Diction. lat.-Jr. ajoute aux noms de Vaugelas et de d'Ablancourt, qui ont fait dot masculin, ceux de Le Maistre (9* plaidoyer), La Mothe Le Vayer le fils ( Trad. de Florut, 1, 1), et l'auteur du Traité de$ Droite de la Reine; le P. Gaudin n'en dit pas moins la dot.

1680. — Richelet écrit : «dote, dot, subst. fém. La plupart écrivent ce mot sans e final, mais d'autres croient que, ne pouvant le prononcer sans e, il y en faut nécessairement mettre un en l'écrivant. Je serois volontiers du sentiment de ces derniers, sans néantmoins condamner ceux qui en useraient autrement. La dote est ce qu'on donne en mariage i une fille : «Une dote avantageuse. - Patru, Plaid., XVI, p. 536.»

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