‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 152 sur 625 · ÉDIFIÉ DE. . . — EFFARÉ · texte numérisé non relu

ÉDIFIÉ DE. . . — EFFARÉ

Savez-vous bien que vous n'avez point d'autre expédient pour sortir d'affaire, et que ce sont ici les dernières paroles qu'elle nous a fait porter par son écuyer. — Par son écuyer, Monsieur, par son écuyer? Oh! vraiment, il faut attendre à faire cet accommodement que j'aie un écuyer comme elle ; et, quand nous agirons (ï écuyer à écuyer, il ne faudra peut-être pas tant de cérémonie. — Gomment donc. Madame, un écuyer? Êtes-vous femme à écuyer, s'il vous plaît? et ne songet-vous pas. . . — Tenez, Monsieur, point de contestation, je vous prie. Je n'aime point les disputes, et, pour peu que vous m 'obstiniez, vous me ferez prendre des pages,

Dàncocrt, Chevalier à la mode, 1687; 1^» ^*

* Le titre à' écuyer était le premier et le moindre titre de noblesse ; on le donnait, proprement , à qui avait le droit de porter l'écu. Au temps où , comme dit La Fontaine en se moquant,

Tout marquis veut avoir des pages,

il était souverainement ridicule à une bourgeoise de vouloir avoir un écuyer, c'est-à-dire un homme de condition qui avait pour emploi, chez la Reine, chez Madame et chez les Princesses , de leur donner la main pour les aider à marcher : on l'appelait écuyer ou chevalier d'honneur. — «Les dames de haute qualité pouvoient avoir un écuyer pour les accompagner dans leurs visites. » - Richklbt, Diction. > 1680.

«Ce mot s'est étendu à tous ceux qui donnent la main aux dames, soit qu'ils soient leurs domestiques (c'est-à-dire soit qu'ils vivent dans la maison), soit qu'ils soient leurs galants, soit qu'ils le fassent par pure civilité ou rencontre.» - Fubitieri, Diction., 1690.

ÉDIFIE DE ... , édifié sur . . . , renseigné sur . . .

i3a6 Je suis édifié de votre affection. - Éc. des Fem., IV, 9.

L'honneur qu'il vous a plu, ma fine, de me faire,

Me rend terriblement de vous édifié. - Moïïtfleory, Crisp. gentilh., II, 3.

Qui dira : «Scapin porte des fleurs de lis», et qui en sera plus édifié?

Là Bbut., I, 989.

Effacer, aufig.; effacer quelque chose X quelqu'un.

i564 Et, le triste succès de tout ce qu'il m'adresse,

M'efface son offense et lui rend ma tendresse. - Z). Garc.,\, 3.

i3a5 Quand j'aurai de ses maux effacé l'infamie. - Corn., Sertor., IV, 9.

670 Quels crimes par ce sang ne seront effacée. - Rie, Tkéb., III, 3.

Cette pensée me fait frémir. . . Effacez-la moi. - Ssv., VII, 4o5.

J'ai raffraichi ma mémoire de tout ce que vingt-deux jours de fièvre m'avoient un peu effacé. - Id., IV, 43i.

La Provence m'est devenue fort chère ; elle m'a effacé la Bretagne et la Bourgogne. - Id., III, 198.

Effaré.

i5q3 M'as-tu de tes gros yeux assez considéré?

Comme il les écarquille, et parott effaré! - Arnph., III, 2.

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