‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 158 sur 625 · EFFORT — EFFRÉNÉ · texte numérisé non relu

EFFORT — EFFRÉNÉ

D faut qu'il fasse profession de fidélité; et c'est alors que les sonnets, rondeaux, ballades, chansons et villanelles seront de grande efficace.

Sobbl, Polyandre, 16&8; I, p. 10 3.

157 Les nobles, en cette action, Formèrent opozition; Mais elle n'ût point à'éficace.

Lobbt, Muze histor., i3 novembre 1660.

Toute la grâce et V efficace d'un discours se perd , si l'art paroît plus que la nature. - Noël François, La Politesse de la langue française , 3* édit., i663, Préf.

Son caractère essentiel est de joindre ensemble la douceur avec l'efficace.

Bossdet, Hist. univ., in-4°, 1681, p. aao; - Cf. Id. , ibid., p. i63; - Confér. avec M. Claude, in-12, 1683, p. Ago : Réflex.

Tremblons sous les terribles jugemens de Dieu, qui. . . a permis mie de 61 grossiers emportemens (de la part de Luther) eussent une telle efficace de séduction et d'erreur.

Id., HUt. des Var., a in-4°, 1688; I, p. 66; — Cf. Id., ibid., p. i36-i37; 137, 173, 5oo, 5oi; - Avert. aux Protest. , in-A°, 1689-1691 ; II, S i3, p. i3i, etc.

* Le P. Bouhours préfère efficace à efficacité : «D y a des prédicateurs et des écrivains qui usent de ce mot (efficacité); il n'est point françois. Il faut dire efficace : le mesme mot est adjectif et substantif tout ensemble. On dit la grâce efficace et Y efficace de la grâce, . . Ce n'est pas le seul mot que nous ayons de celte espèce. Adultère et sacrilège sont aussi adjectifs et substantifs.» - Rem. nouv., 3* édit., 1689, p. 38 1.

On ne trouve efficacité dans aucun dictionnaire avant celui de Richeîet (1680), qui donne le mot comme condamné par les uns, approuvé par les autres trdans les matières philosophiques; et on croit qu'en ces sortes ae sujets il peut passer». — L'Académie, dans les trois premières éditions (169,4, 1718, 1760), dit : «Efficacité signifie la mesme chose (\W efficace, mais il est moins en usage, et se dit principalement de la grâce. r> — La cinquième édition (1799) dit, au contraire : «Mais il est beaucoup plus en usage.»

Andry de Boisregard (Réfi. et Rem. sur la langue franc., 1693) répète le P. Bouhours.

Effort : SE FAIRE DE L'EFFORT, faire un effort.

i3o5 Mais à tant différer /e me fais de Veffori. - L'Ét., IV, i.

1596 Quels efforts à moi-même il a fallu me faire! - Coan., Pol., V, 3.

Lorscnie le Roy le vit, il fut fort ému ; mais se faisant un effort : Enfin, Alphonse, luy dit-il, je cède à vostre vertu. - Mlla de Scud*by, Mathilde, 1667, p. 5oo.

EFFRÉNÉ, sans frein, sans retenue.

i583 Comment? Il vient d'avoir l'audace De me fermer la porte au nez, Et de joindre encor la menace A mille propos effrénés! - Amph., III, h.

On vit avec horreur une Muse effrénée

Dormir chez un greffier la grasse matinée. - Dkspb. , Epitr. V.

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