‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 191 sur 625 · L'on conte en deux façons · texte numérisé non relu

L'on conte en deux façons

L'accident du chasseur. . . - La Fort., III , p. 2 5a : FabL, XII, 19.

Je suis ravy de te trouver en si bonne humeur.

De Villiehs, Veng. des Marquis, se. a.

On n'a cesse de la réformer (la Confession d'Augsbourg), et de l'expliquer en différentes manières. - Bossu et, Hist. des Var., a in-6°, 1688; I, Préf., S i3.

Je ne parle pas en cette sorte de Tertullien dans l'opinion de ceux qui s'imaginent avoir droit de le mépriser, à cause que son style est forcé et qu'il s'abandonne souvent à sa vive et trop ardente imagination.

Id., Avert. aux Protest,, in-4°, 1689-1691; VI, S 95, p. 595.

5° En, sur.

33 Moi qui suis, comme on sait, en terre et dans les cieux Le fameux messager du souverain des Dieux. - Amph., Prol.

i534 J'en punirai le crime en toute la famille. - Contt., Othon, V, 1.

. . • (La) règne en un trône de lys

La Virginité sainte. - Rac, IV, p. a 6 : Poés. div.

Que vostre volonté soit faite en la terre comme au Ciel.

BossuET, Catéch. de Meaux, in-12, 1687, P* &•

Le prix que Jesus-Christ a payé pour nous est-il inûni? — Oui. . . — Quel est ce prix? — Son sang précieux, et le sacrifice qu'il a offert en la Croix.

Id., ibid., p. 126.

Melancton avoit donc raison de justifier son Maistre (Luther) en ce point.

Id., Ilist. des Var., a in-4°, 1688; I, p. 66.

En : TERMINA EN . . .

64 1 Oui, je suis un savant charmé de vos vertus,

Non pas de ces savants, dont le nom n'est qu'en us.

Fâch., III, a.

665 Et pour en avoir un qui se termine en es,

Je me fais appeler Monsieur Cariiidcs. - Ibid. , ibid.

IL En, pronom.

i° En, supprimé.

12 ai Je suis un peu grossier, comme vous m'accusez.

Fem. sav.y IV, 2.

* Cestr-à-dire : comme vous m'en accusez, comme vous m'accusez d'être grossier. Bientôt à cet effort, fais succéder un autre. - Cobn., X, p. i3o : Pois. div. •¥ C'est-à-dire : fais-en succéder . . .

«Bien souvent M. de Malherbe oublie cette particule : Si vous aviex d'aussi pertinentes raisons de votre silence comme j'ai du mien. Il faut : comme j'en ai du mien.»

Viugblas, édit. Chassang, II, p. 45a.

9° En, représentant la première personne.

Je suis ravi, Monsieur, que votre fille ait besoin de moi; et je souhaiterais de tout mon cœur que vous en eussiez besoin aussi.

Méd. maigri lui, II, 9.

1 160 Tout ce qu'en te servant je trouve d'admirable,

C'est qu'étant de moi-même et pauvre et misérable ,

Tu daignes Rabaisser jusques à t'en servir. - Coati., VIII, p. 3i5 : Imit., 11L

3° En, représentant la seconde personne.

Ah! nous parlions de vous, et nous en disions tout le bien qu'on en sauroit dire. - Mar. forci, se. 7.

Il y a tant de choses à dire de vous, qu'on n'en sauroit parler assez.

Am. magnif., I, 9.

1060 Vous, dont je vois l'amour quand j'en craignois la haine.

Cork., Herad., III, 4.

U° En , représentant un nom de personne; 3e pers. , ma&c. sing. ou plur.

63 1 On fait assez de cas de son oncle Damis :

Qu'en dites-vous, Madame? — Il est de mes amis.

Misanth., II, A.

Oui, je traite pour lui quelque petite affaire, dont j'espère une récompense. — De lui? Ah! ma foi, tu seras bien fine si tu en tires quelque chose. — UAv., II, 4.

369 Ces gens 9 dis-je, qu'on voit d'une ardeur non commune Par le chemin du Ciel courir à leur fortune,... Sont prompts, vindicatifs, sans foi, pleins d'artifice. . • De ce faux caractère on en voit trop paroltre. - Tort., I, 5.

* C'est-à-dire : on voit trop paraître de ces gens.

Votre père lui-même ne prend que trop de soin de vous justifier à tout le monde. . . Pardonnez-moi, charmante Élise, si j'en parle ainsi devant vous. Vous savez que, sur ce chapitre (de son avarice), on n'en peut pas dire de bien. — UAv., I, 1.

Ce traître de Monsieur de Pourceaugnac vous enlève votre fille . . . Oui, elle en est devenue si folle qu'elle vous quitte pour le suivre.

Pourc, III, 6.

i384 Mais je veux bien cesser d'être §on ennemi.

Yen dépouille, Madame, et la haine et le titre. - Rac, Alex., V, 9.

Après cet aveu des Sacramentairet , Luther se persuada aisément qu'il n'avoit plus rien à en exiger. - Bosse bt, Hist. des Var., a in-&°, 1688; 1, p. 911.

Quelque pouvoir que le Lantgrave eust sur f esprit de Luther, il n'en pouvoit pas retenir long-temps les emportemens. - Id., ibid.; I, p. 3o3-3o6.

5° En , représentant un nom de personne; 3e pers. , fém.

70 A me ravir Cilié il se va préparer.

C'est pourquoi dépêchons, et cherche dans ta tête Les moyens les plus prompts d'en faire ma conquête.

VÉu, 1, 3.

808 Je ne puis faire mieux que d'en faire ma femme.

Éc. des Fem., III, 3.

Ah! ma sœur, je voudrais que vous ¥ eussiez vue! — Yen vois beaucoup, mon frère, dans les choses que vous dites; et pour comprendre ce quelle est, il me suffit que vous l'aimez. - UAv., 1, 2.

3i 1 En un mot, je crains tout de l'esprit de la Reine.

La paix qu'elle a jurée en a calmé la haine. - Corn., Rodog., I, 5.

Us disent que d'une vieille coquette. . . j'en ai fait. . . une jeune fille très sage.

Rac, Brit., in Préf.

6° En, représentant soit un nom de chose déterminé, soit un pronom vague , comme cela , précédé S une des prépositions avec, de, pour, etc., soit une proposition tout entière.

a 08 Le plus parfait objet dont je serois charmé

N'auroit pas mes tributs, nen étant point aimé.

Dép. am.y I, 3.

* C'est-à-dire : n'étant point aimé par cet objet.

162 5 Vous avez fait un trait qui, dans sa hardiesse, Fait briller tant d'esprit et tant de gentillesse , Que je vous en excuse. - Ibid., V, 5.

* C'estr-è-dire : que je vous excuse pour cela, pour avoir fait briller tant d'esprit et de gentillesse.

laraiMuim urwiui.

1 665 Ce sentiment, mon père,

Est d'un homme de cœur et je vous en révère. - Dép. anu , V, 6.

* C'est-à-dire : je vous révère à cause de ce sentiment.

4g î Ce changement m'étonne. — Et lorsque tu sauras

Par quel motif j'agis, tu m'en estimeras. - Sgan., se. 19.

* C'est-à-dire : tu m'estimeras à cause du motif qui me fait agir.

437 Et quand un homme voit d'autres hommes parfois Qui veulent dans sa soupe aller tremper leurs doigts, Il en montre aussitôt une colère extrême. — Ec. des Fem., II , 3.

* C'est-à-dire : il montre une colère extrême à cause de cela, de ce que d'autres hommes veulent, etc.

Je suis trop engagé pour en avoir le démenti. - Sicil, se. 4.

* C'est-à-dire : pour avoir le démenti de cela.

C'est un jeune homme qui a besoin d'argent. Ses affaires le pressent d'en trouver, et il en passera par tout ce que vous en prescrivez.

L'Av., II, a.

* C'est-à-dire : le pressent d'avoir de l'argent, et il en passera par tout ce que vous prescrirez pour cela , pour avoir de l'argent.

Pour rompre le cours à toutes les dépenses que je vous vois faire pour moi, j'ai résolu de me marier promptement avec vous : c'en est le vrai secret, et toutes ces choses finissent avec le mariage.

Bourg. gent.9N, 2.

* C'est-à-dire : c'est le vrai secret de rompre le cours à vos dépenses.

Tenez, voilà cinq cents écus. — Allons-en promptement acheter celle que j'adore. - Fourb. de Scap.y II, 8.

* C'est-à-dire : allons, avec ces cinq cents écut, acheter.

7 1 3 Je brûle de les voir. — Et l'on s'en meurt chez nous.

Fem. sao., III, 1.

* C'est-à-dire : on meurt de les voir, du désir de voir ces vers.

t63o Rends-moi mon 61s, ingrate. — Il m'en désavouerait. - Coin., Herad., IV, 4.

11 ne faut point juger des gens sur l'apparence : Le conseil en est bon, mais il n'est pas nouveau.

La Fout., III, p. iA3-iM : Fabl., XI, 7.

Le Roi a toujours la goutte, et en est uu lit. - Rac, VU, p. 1 99 : Leur,

rAucunesfois en est adverbe ou pronom relatif. . ., comme : il est bien malade, U en mourra. - Rob. Estienjii, Gramm. franc. , 1069, p. 100.

«La particule en.. . est encore relative de toute une phrase, de tout un discours. . . Par exemple dans cette phrase : Lorsqu'il le vit dans un $i déplorable estât, il en fut touché; la particule en sert à rappeler tout ce qui précède , et fait le mesme effet que s'il y avoit : il fut touché de le voir dans un si déplorable estât, r> - Riqnibb-Dbsiabais ; Gramm. franc. , 1706, p. 995-996.

70 En, représentant ridée vague d'une situation, mais non un mot déterminé ou une proposition.

377 Mais je ne suis pas homme à gober le morceau, Et laisser le champ libre aux vœux du damoiseau : J'en veux rompre le cours et, sans tarder, apprendre Jusqu'où l'intelligence entre eux a pu s'étendre.

Éc. des Fem., II, 1.

* Rompre le cours de quoi? Évidemment de ce qui se passe, des intelligences qu'ont entre eux Agnès et Horace.

16 L'âme vole en triomphe au-dessus du soleil;

Et Ton voit chaînes, fouets, et meule, et croix, et hache

En former à l'envi le pompeux appareil. - Corn., IX, p. 619 : Hymn.

19 rôte le superflu, dit l'autre en l'abattant,

Le reste en profite d'autant. - La Fort., III, p. 307 : Fabl., XII, 90.

1 183 II mourut. Mille bruits en courent à ma honte. - Rie, Britan., IV, 9.

8° En, représentant : (A) un substantif pluriel avec un antécédent au singulier, et (B) réciproquement.

A 1361 N'étendons pas plus loin un discours qui me lasse : Il réveille un chagrin qui vient à contre-temps En troubler dans mon cœur d'autres plus importants.

D. Gare, IV, 1.

* C'est-à-dire : troubler d'autres chagrins plus importants.

1Û90 Comme l'amour ici ne m'offre aucun plaisir,

Je m'en veux faire au moins qui soient d'autre nature.

Amph., III, 3.

B Quoi qu'on en puisse dire, la grande ambition des femmes est, croyez-moi , d'inspirer de l'amour. Tous les soins quelles prennent ne sont que pour cela; et l'on n'en voit point de si fier e qui ne s'applaudisse en son cœur des conquêtes que font ses yeux. — Sicil, se. 6.

* Cesl-à-dire : et Ton ne voit pas une femme.

g0 En, représentant un mot non exprimé, mais facile à

suppléer.

75 Je sais les tours rusés et les subtiles trames

Dont pour nous en planter savent user les femmes.

Éc. desFem.9 I, i,

* C'est-à-dire : planter des cornet.

En , joint à divers verbes.

*«En (est une) particule redondante qui n'a point de sens particulier, mais que l'usage place devant certains verbes, comme;* m'en vais, pour je voie; j'en tiens, pour j'ai attrapé ce que je ne cherchois pas.. ., etc.» - Le P. Burma, Gram. franc., 1709, p. 36*-363.

Aller : en (s*) aller.

93 1 Cela s'en va sans dire. — Ec.de* Mar., III, U.

Et puis, charpentier et maçon, Fit un temple de sa façon; Sans m'amuser à le décrire, Car sa beauté s'en va sans dire. . .

Scarror, Virg. trav., 1705; 11, p. tos.

Es-tu Irai table? — Moi! Gela s'en va sans dire.

Th. Cork., Charme de la voix, IV, h.

Quoi! Je serois à vous? — Gela s'en va sans dire.

Montpleury, Fille capitaine, IV, 7; - Cf. Id. , Crisp. genlilh,, II, 3; - Trigaudin, III, a.

Cela t'en va sans dire! - Baron, La Coquette, II, 6.

Mais après donne-nous quelque chose pour rire. — Nous n'y manquerons pas, cela s'en va sans dire.

Poisson, Baron de la Crasse, se. 5; - Cf. Id., Fem. coq., II, 5.

Les variations prétendues de l'ancienne Eglise s'en iroient à rien.

Bossu et, Âvert. aux Protest., in-4°, 1689-1691 ; VI, $ 99, p. 600; -Cf. ibid., VP, S 3, p. 635.

Avoir : en avoir.

Ma foi, son cœur en a sa provision. — Princ. £El., IV, 5. Qu'est-ce que c'est, Messieurs? ... A qui en avez-vous? - Pourc., 1, 3.

Il faut prendre, en dépit que nous en ayons. - Malii. Il, p. 33.

Conter : en conter.

485 La curiosité qu'on fait lors éclater

Marque un secret plaisir de s'en ouïr conter. - Ec. des Mar. , U, 3.

680 De ces franches coquettes

Qui s'en laissent conter. — Ec. des Mar., II, 7.

Si quelqu'un vous en contoit, il vous trouveroit disposée à recevoir ses vœux? - Sicil., 6.

Vous n'avez qu'à l'écouter, il va vous en conter de belles.

G. Dam*., III, 7.

Tout ce qui s'appelle les galants de la Cour n'a pas manqué de venir à ma porte, et de m'en conter. - Escarb., se. 2.

55 o Elle en aimoit fort une à qui Ton en contoit.

La Port., IV, p. 433 : Çont., II, 16.

Démordre : en démordre.

Je vous dis que je n'en démordrai point. — Mal. ùnag., 1,5.

Ai Mais le chat, qui n'en dénord pas, Gronde et marche au devant de la troupe ennemie.

La Fort., III, p. 355 : FabL, XII, 97.

Devoir : en devoir.

tio On vous fait confidente, en cent climats divers,

De beaucoup de bonnes affaires; Et je crois, à parler à sentiments ouverts,

Que nous ne nous en devons guères. - Amph. , Prol.

18 Aux plus charmants il nen doit guère. - La Font., IV, p. ai : Cont., I, 1.

Donner : en donner, tromper.

Ma foi! Monsieur de Pourceaugnac, nous vous en donnerons de toutes les façons. - Pourc., I, A.

i359 Dorante avec chaleur fait le passionné;

Mais le fourbe qu'il est nous en a trop donné. - Corn. , Le Ment. , IV, 8.

Donner : en donner à garder, tromper.

Ils ne m'en donneront point à garder. - Fourb. de Scap., I, &.

533 Tu présumes par là me le persuader;

Mais ce n'est pas ainsi qu'on m'en donne à garder, - Cobn., Mélit., II, h.

Donner : «'en donner.

1 7 A9 Que je vais nCen donner! - Amph., III, 5.

On continua de vuider les pots. Xanlus s'en donna jusqu'à perdre la raison.

La Fort,, I, p. bo : Vie d'Ésope.

4 7 Ma foi pour cette nuit il faut que je m'en donne. - Rac., Plaid., I, t.

Enfuir : «'en enfuir.

Ah! palsanguenne, Monsieu, vaici bian du tintamarre : votre fille s'en est enfuie avec son Liandre. - Méd. malgré lui, III, 8.

* C'est un paysan qui parle. — Voir, ci-dessous, Fuir (S'en).

Ensuivre : «'en ensuivre.

1 1 66 Vois, si mon cœur n'eût su de froideur se munir,

Quels inconvénients auroient pu s'en ensuivre. - Amph., If, 3.

Être : en être.

38s Je la regarde en femme, aux termes qu'elle en est.

Éc. des Fem.9 II, t.

Comment, mon gendre, vous en êtes encore là-dessus?

G. Dand.,11, 7.

Quoi que c'en soit, Monsieur, il a toujours avec cela son cours de ventre depuis six mois. - Pourc., I, 6.

20& Pour moi, j'en suis souvent jusqu'à verser des larmes.

Psyché, I, i.

Ces politiques ne savent plus où ils en sont. - Rac.,V, p. 398 : Camp, de Loua XIV.

567 Ah! c'en est trop enfin : tu seras satisfait - Id., Bajazet, II, 1.

Des fables, nous en sommet au huitième livre. - La Bbuy., II, p. à 78.

Le Ministre (Jurieu) ne sçait où il en est.

Bossdet, Âvert. aux Protest., in-A°, 1689-1691 ; VI3, S Ai, p. 681; - Cf. 1d., ibid.y S 43, p. 685 ; S A7, p. 69s ; S Si, p. 697.

Faire : en faire.

De la façon dont elle a parlé, tout ce qu'elle en a fait a été sans dessein. - Sicil., se. i5.

Tout ce que j'en fais n'est que pour l'amour de moi-même.

G. Dand., II, 8.

1969 Par mon commandement la garde en fait de môme. - Coin., Cid., IV, 3.

80 «J'en veux/atre à ma tôte.j) — Il le fit, et fit bien.

La Fort., I, p. ao& : FabL, III, 1.

883 C'est en votre faveur, ma bru, ce que } en fait. - Rie, Plaid., 111, /j.

Sans en faire à deux fois, je vous conjure d'embrasser toutes vos aimables Grignans. - Sèv., II, p. 363.

Faire : c'en est fait.

54 1 Cen est fait: c'est ainsi que je me puis venger.

Dép. am., II, 3.

i395 Nous rompons? — Oui, vraiment: quoi! n'en est-ce pas fait?

Ibid., IV, 3.

Ah! Cen est fait! Fasse le Ciel que ma mort soit vengée.

G. Dand., III, 6.

569 Âcomat, c'en ettfait.

Vous pouvez retourner, je n'ai rien à vous dire. - IUc, Bajazet, II, a.

* Parfois, dans cette locution, Molière supprime en vague, et le remplace par un mot significatif.

435 Ce toit fait de mon bien, c9étoitfait de ma joie. - VÉt., I, 9.

Fuir : s'mfuir.

Mais fuyezr-vous-en, le voici. - Méd. vol., se. t3.

Il devroit être arrivé. — Aussi l'est-il, et il s'en est fui de chez moi.

Pourc, II, 2.

Les ennemis t'en sont fuit à vau-l'eau. - IUc, VII, p. 60 : Lettr.

Mentir : en mentir.

272 Vous en avez menti. — Monsieur, je le veux bien.

Dép. am., 1, 4.

900 Vous en avez menti, chienne, ce n'est pas elle.

Éc des Mar.y III, 3.

1206 Ah! bourreau de destin! vous en aurez menti.

Éc. des Fem.9 IV, 7.

Ce quelqu'un-là en a menti. - G. Dand., I, 5.

Le médecin me Ta dit lui-même. -r— Le médecin en a menti.

Pourc, II, 6.

619 Du vase par trois fois ce beau nom est sorti.

— Et toutes les trois fois le sort en a menti. - Cobn., Andromède, II, 3.

Pouvoir : en pouvoir.

0 Ciei! que sens-je? Un feu invisible me brûle, je rien puis plus.

D. Juan y V, 6.

Cythérée. . . la trouva (Psyché) étendue sur les tapis. . ., prête d'expirer, et rim pouvant plue. - La Foiit., VIII, p. 19*1 : Psyché, liv. II.

L'Empire d'Orient rien pouvait plus. - Bossu iT, Hitt. univ., in-4*, 1681, p. ia5.

Ma main rien peut plus. - Set., IV, p. 370.

Prendre : en prendre.

* Voir Prendre (En).

Revenir : en revenir.

Monsieur, tout cela est bel et bon; mais j'en reviens toujours là.

Mal. imag.y I, 5.

Encore! vous en revenez toujours là? - Ibid., III, 7.

J'en revient à dire que la plupart des choses ont deux faces.

La Fort., VIII, p. 33a-333 : Compar. d'Alex., de Céear et de M. le Prince.

864 Puisque je l'ai jugé, je n'en reviendrai point. - Rac, Plaid., III, h.

Yen reviens toujours à vous demander s'il n'est d'aucune importance de sçavoir que Jesus-Christ entant qu'homme soit vrayment présent ou non sous les symboles sacrex. Bossubt, Âvert. aux Protest., in-4°, 1689-1691; VI3, S 45, p. 687; - Cf. Id., ibid., ibid., p. 668.

Savoir : en savoir.

5 26 Pour une jeune fille, elle rien sait pas mal. - Éc.mdss Mar., II, 5.

Si tu es un habile homme, tu as tort de ne pas parler; mais s'il n'est pas ainsi, tu en eais beaucoup. - La Bbut., I, p. ao.

Tdter : en tâter.

Voilà ce que c'est que d'avoir causé; vous n'en tâterez plus.

G. Dand., H, 5.

Il faut donc que je meure Glle?. . .

Ah ! par ma foi, j'en veux tdter.

— Ma fille, tenir ce langage!

— Je veux dire du mariage. - Montplicbt, Mariage de rien, se. 7.

Madame de Kerman est une très aimable personne, j'en ai télé.

Sét. , IX, p. 16.

Tenir ; en tenir.

* Voir Tenir (En).

User : en user, agir.

Il est assez honnête homme; il en a bien usé. - D. Juan, III, 5.

391 II m'écoute; et dans tout, il en use, ma foi! Le plus honnêtement du monde avecque moi.

Misanth., I, a.

Si je suis blâmable de quelque chose, c'est d'en user trop bien avec lui. - G. Dand., I, 6.

Nous en usons honnêtement. - Ibid., II, 1.

C'est fort mal fait à vous d'en user comme vous faites.

Ibid., Il, s.

Quoi? vous osez en user de la sorte, après l'affaire de tantôt!

Ibid., U, 8.

Vous voyez que Monsieur Tibaudier, qui m'aime, en use plus respectueusement que yous. — Monsieur Tibaudier en use comme il lui platt. — Escarb., se. 8.

Ah! Monsieur Fleurant, tout doux, s'il vous plaît; si vous en usez comme cela, on ne voudra plus être malade. - Mal. imag., I, 1.

Lui que j'ai fait revivre et qui revit en toi,

En usoit envers lui comme tu fais vers moi - Corn., X, p. 96 : Poét. div.

3 L'un dira que l'abbesse

En usa bien, l'autre au contraire mal. - La Font., V, p. 3oa-3o3.

C'est ainsi que Sophocle en use presque partout. - Rac, Britann., 1™ Préf.

Quelques-uns en usent autrement - La Bbuy., II, p. 16.

Venir : en venir; s'en venir, venir.

17&A Je brûle d'en venir aux prises,

Et jamais je n'eus tant de faim. - Amph., III, 5.

Venez-vous-en ici à mon secours. - Mal. imag., I, 6.

Enfin ... il en est venu glorieusement à avoir ses licences.

Ibid.,\L 5.

11 résolut d'en venir à tout ce que l'autorité peut avoir de terrible.

Rie, IV, p. 5^9 : Port-Roy.

Elle s'en vient à Ithaque. - Rac, VI, p. 58 : Rem. sur Pind.

Pour perdre une telle Loy quand on Ta une fois receûe, il faut qu'un peuple.. . en soit venu à n'avoir plus qu'une idée confuse de son origine, de sa Religion et de ses coustumes.

Bossubt, Hist. unie., in- 6°, 1681, p. 6o3-&oA; - Cf. Id., tbid., p. 5&3-5&A; - Hist. dê$ Var., a in-4% j688; II, p. 101.

Il n'y a qu'à perdre pour ceux qui en viendraient à une seconde charge.

La Brut., 1, p. i65.

Vouloir : en vouloir, vouloir mal.

Tout le monde lui en veut. - Mal. imag. , III, 3.

Je suis un homme de Champagne,

Qui n'en veux point au roi d'Espagne. - La Fort. , IX , p. î o3.

11 en veut à la ligne collatérale. - La Brut., II, p. i5.

* «En . . . Il en a se met pour «il y a des personnes?) ; — vulgairement , «tout le monde en va à la moutarde», i. (td e$t, c'est-à-dire) il est commun; — «il en aura tout le long de l'aune», c'est-à-dire «il luy coustera beaucoup, il sera tout à fait mal traité, on l'accommodera mal»; — «gardez-vous-en bien», i. «ne faites pas cela, ne le dites pas»; — «en eefre», c'est-à-dire «estre de la partie»; — «n'en pouvoir plus» , pour «n'avoir plus «de force» ; — «n'en pouvoir mais», pour «n'en être pas cause» ou «n'y avoir pas de sa «faute»; — «en vouloir à quelqu'un», i. «vouloir mal»; — «la fortune m'en veut», i. «me favorise»; — «le jeu luy en dit», i. «le jeu luy vient à souhait»; — «je ne scay où «j'en mû», i. «je suis troublé, je ne sçay ce que je dois faire»; — vulgairement, «dy «que tu en oe», que tu es attrappé».

ânt. Oudin, Gram. franc, rapportée au langage du tempe, Rouen, i645, p. i3s.

«Cet en, en notre langue, entre en beaucoup de phrases où il semble inutile, et néanmoins il sert ou à la douceur pour l'oreille, ou à la clarté pour l'esprit, comme «si nous en croyons Âristote, le mouvement, etc.»; «si nous croyons Aristote» ne seroit pas si bien dit. Coëfleleau, Hist. rom., liv. XIII, p. 3i&, parlant de Livia: «Elle s'en estait enfuie en Sicile. . . »; p. 36o : «et qui s'en estoitfui devant Néron». . • Cet en est ancien. Villehardouin, p. a3 : «nos en irasmes volontiers», «nous nous en irons volontiers»; p. 78 : «et si s'en parti et s9 en ralla», «s'en partit et s'en retourna». . .

Patbu, Note sur la Remarque de Vaugelas intitulée : lien est des hommes comme des animaux; dans Vaugelas, édit. Ghassang, I, p. 367.

Attaché à certains verbes, en forme avec ceux-ci un tout inséparable; si donc on emploie un de ces verbes, contrairement à l'usage, sans la particule en, on peut considérer en comme supprimé.

En, supprimé devant certains verbes auxquels, d'après V usage, il doit être lié.

85 Et je sais ce qu'il coûte à de certaines gens Pour avoir pris les leurs avec trop de talens.

Éc. des Fem.9 1, 1 .

* C'est-à-dire : ce qu'il en coûte.

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