DÉCRET
11/12 Contre moi , dès longtemps , on a force décrets. - UEt. , III , h.
Paurai un décret contre toi. — Je n'en sais rien. — Et tu seras condamné en justice. — Mar. forcé, se. 5.
* Voir Information.
22 • dégri — décrier
Décri.
537 Oh! que je sais au Roi bon gré de ces décris!
Ec. des Mat. y II, 6.
Hier on fit le décri des pièces d'argent étrangères. - Mu.h., III, 676.
159 Mercredy, si je ne me trompe, On fit crier à son de trompe, Et point du tout à son de cor, Le décry des passemens d'or. - Lorbt, Muze histor., a3 juin 1 663.
Dans le grand décri de l'Idolâtrie que commençoient à causer dans toute l'Asie les prédications de S. Paul , les Ouvriers qui gagnoient leur vie en faisant de petits Temples d'argent de la Diane d'Ephese, s'assemblèrent, et le plus accrédité d'entre eux leur représenta que leur gain alloit cesser.
Bossuet, Hiët. univ.y in-4°, 1681. p. 371.
On croit tous les jours ici être à la veille d'un décri, et cela cause le plus grand désordre du monde, les marchands ne voulant presque rien vendre, ou vendant extrêmement cher. On dit pourtant que ce décri pourrait bien n'arriver pas sitôt . à cause de la foule de gens qui portent tous les jours des sommes immenses au trésor royal, où il y a, à ce qu'on dit, près de 60 millions.
Rac. , VII, p. 9o3 : Lettr., i3 février 1698.
Il y a des âmes sales. . . toujours inquiètes sur le rabais ou sur le décri des monnoies. - La Brut., I, p. 96/i.
Il ne faut pas garder une fille passé quinze ans ; il y a trop de déchet , et cette monnoie-là est diantrement sujette au décri. - Rkgnard et Dofr^hy, Chinois, I, 1.
* Voir Décrier.
DÉCRIER, compromettre, discréditer.
Ce serait assez d'un de ces noms pour décrier le plus beau roman du monde. - Préc. rid.f se. h.
354 II ne faut que ce foible à décrier un homme. - Misanth., I, 1.
C'aurait été une bonne affaire de pouvoir introduire ici un médecin à notre poste, pour le dégoûter de son Monsieur Purgon, et lui décrier sa conduite. — Mal. imag., III, 2.
Si quelque mari ne permet point à sa femme de se promener tout du long du jour. . . , tout le sexe le décriera pour un malhabile homme. - Malh., II, i5.
Puis c'estoit décrier la belle Que de la visiter souvent.
ScABRON, Dern. Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. a5o.
Monsieur Alcidor, voulez-vous décrier Molière d'une plaisante façon? Faites que tous les Autheurs et les Comédiens en dient du bien, car personne ne les croira sur ce chapitre.
De la Croix, Guerre corn., ou \/i Véril. Déf. de VEscole des Fetn., 1666; édit. (îay, p. 61-69.
DEDANS — DEDIRE 23
On n'entend autre chose sinon que Molière joue bien autrement. C'est le diable qui remporte, l'ignorant qu'il est; les Poêles et les Comédiens ont esté de grands sots de le laisser prendre racine à Paris, au lieu de former une bonne cabale la première fois qu'il montra son nez, au lieu de publier que la troupe estoit détestable et de la décrier fortement.
De la Croix, Guerre corn., ou La Vérit. Déf. de l'Escole des Fetn., 166 h ; édit. Gay, p. 65.
Ils prirent soin de lui décrier les Religieuses. - Rac, IV, 454 : Port-Royal.
Les excès où Ton s'emportoit de part et d'autre dans la nouvelle Réforme, la décriaient parmi les gens de bon sens.
Rossuet, Hist. de$ Var., 9 in-4°, 1688; I, p. 107. - Cf. Id., ibid., II, p. 36a, 3a 1, etc.
Ce qui décrie davantage les dévotes, c'est qu'avec les dehors et les apparences de la piété , elles veulent faire tout ce que font les femmes du monde. L'abbé de Bellegabde, Réfl. tur le ridicule, a* édit., p. io3.
Le mariage se décrie de jour en jour. - Regkard, Coquette, I, 3.
Surtout changeons de nom et de quartier : nous sommes décriée ici comme de la fausse monnoie. - Id. , Hom. à b. fort. , V, 9.
* Décri, décrier y sont des mots empruntés au langage technique de la fabrication des monnaies, langage qui, comme l'a remarqué H. Estienne (Précellence du langage franfots), a fourni à la langue usuelle un grand nombre de métaphores.
<r On dit : «Cela est décrié comme la vieille monnoye», de ce qu'on pourrait dire autrement, mais sans user de phrase proverbiale : «Cela n'est pas en estime », ou «Cela a «perdu son crédit*, ou «Cela n'a plus la voguer», ou «Cela n'est plus de requeste», ou «Cela a perdu sa saison», que le latin dirait obeolevit. Mais j'adjouteray qu'on se pourrait esbanir pourquoy en ce proverbe on fait mention du décriement de la vieille monnoye, veu qu'ordinairement la plus vieille est la meilleure. . . ; et qu'ainsy soit on l'aime beaucoup mieux pour la fonte que la nouvelle. J'ay donc opinion que ce proverbe soit demeuré depuis quelque Roy qui, tout d'un coup, Gt descrier toute la monnoye de ses prédécesseurs.» - H. Estienne, Précell., édit. Feugère, p. i5i.
«Décri, defTense par un cri public et par autorité du juge d'exposer certaine monnoye, de porter des dentelles d'or ou d'argent, ou de certaines manufactures. . . On dit proverbialement qu'un homme est décrié comme la vieille monnoye, pour dire qu'il est perdu de réputation.» - Fcretière, Diction.
Dedans, dans.
* Voir t. I, p. 6a, Adverbes pour préposition*.
io3i Puisque je l'ai promis, ne m'en dédites pas. - Tart., III, 4.
Si vous vous en desdites . . . , j'en appelle de vous à vous-même.
D'Urfb, L'Aêtrée, 1616, II, p. 107.
Il (Luther) avoit fait signer à Mélancton mesme un acte.. . Mélancton s'en dédit à Smalcalde. Ce fut la seule fois qu'il dédit son maistre par acte public.
Rossuet, Hist. des Var., a in- 4°, 1688; 1, p. a33.
* On lit dans la Grammaire françoise d'Anthoine Oudin (i6A5), au chapitre «rdes anomaux de la A* conjugaison», p. 175 : *De Dire : je dy, tu dis, il dit, nous disons, vous
dites, ils disent. . . — Voicy ses composez : contredire, dédire, se dédire, interdire, maudire, mesdire, prédire et redire. Entre lesquels maudire fait au pluriel du présent : maudissons, maudissez, maudissent. On dit aussi, en la seconde personne du pluriel, vous contredisez, vous maudissez, et vous prédisez. Les autres (dédire, par conséquent) suivent la règle de leur simple , c'est-à-dire de dire. »
En 1706, l'abbé Régnier Desmarais, secrétaire perpétuel de l'Académie française, ne parle pas autrement (voir Gram. franc., p. 638). C'est donc à tort que, dans le vers de Molière, certaines éditions ont remplacé dédites par dédisez.
DÉFAIRE, débarrasser.
654 Si vous n'éclatez fort contre un trait si hardi, Et ne trouvez moyen bientôt de me défaire Des persécutions d'un pareil téméraire, Pabandonnerai tout. - Éc. des Mar., II, 7.
Par la mort ! Avez- vous des ennemis secrets ,
Parlez , j'eslramaçonne , et je vous en défais.
— Si de vous seulement vous vouliez me défaire !
Th. Corh., D. Ces. d'Aval., IV, h.
Ces sortes de gens ne sont bons pour faire des maris. . . que quand ils passent soixante et dix ans, et qu'on peut espérer d'en estre bien-tost défaite.
Segbâis, Nouv. franc., 16Ô6; 3e Nouv., p. 81.
1818 Je t'ai défait d'un père, et d'un frère, et de moi. - Cous., Rodog., V, h.
Enfin , j'en suis défait !
MoifTFLBUBT, Ambigu corn. y 3* interm., se. 5. - Cf. h>. , Dameméd., III, 1.
Gela sert surtout à les défaire de quantité de mauvaises prononciations.
Rac. , Préf. iïEsther.
Elle est ravie que je. . . la défasse d'un tel embarras. - Ss>., VI, 557.
Il restoit encore, pour satisfaire le Roy (Henri VIII), à le défaire d'une épouse odieuse (Anne de Glèves).
Bossubt, Hist. des Var., 3 in-û°, 1688; I, p. 387. - Cf. Id., Hist. univ., in-V\ 1681, p. 69, 11/1; - Hist. des Var., a in-A°, 1688; II, p. i3a, et*.
Une fille est une marchandise qu'on ne sçauroit garantir, et l'on n'en a pas plus tôt fait l'empiète , qu'on voudroit en être défait à moitié de perte.
Rigjard, La Sérénade, se. 1. - Cf. Id., Ménechmes, IV, 3 ; - Démocrite, I, a.
Monsieur ... — Nous vous devons assez en ce moment
De nous avoir défaits de ce couple Normand. - Id., Le Bal, se. an.
Dépaire (Se) de. . ., se débarrasser de. . .
2/17 Je m en suis promptement défaite de la sorte. - Fàch.9 1,5.
Votre femme ne manque pas de vous conseiller de vous défaire ainsi de vos deux filles. — Mal. imag., III, 3.
Voici une aventure. . . à vous défaire des médecins. - Ibid., III, 6.
1 139 Je me défais de toi, j'y cours, je \o rejoins. - Corn., Ment., IV, 1.