ERREUR
t65 J'ai tort d'ériger un fripon
En maître de cérémonies. - La Fort., V, p. 5g3 : Conte$, IV, 16.
Ce n'est pas le talent d'une femme galante De vouloir comme vous s'ériger en pédante.
MoifTFLBuiT, Procez de la Femme juge et partie, se. 3 ; - Cf. Id., ibid., se. 9.
En Argus près de vous je me suis érigé. - Id., GentUh, de Beauce, Y, 5.
L'ignorant s'ériger en savant fastueux. - Despb. , Sat. XL
Tous convenoient. . . d'affecter un faux honneur dont Saint-Ibar, Montretor, etc. s'étoisnt érigée en dispensateurs. - La Roche?., II, 69.
Pour s'établir caharetier, il ne faut qu'une taverne et un bouchon ; et pour e'ériger en médecin , une robe et une mule suffisent. — Vous oublies la barbe ; je pretens que c'est le bouchon qui fait le mieux reconnoistre le médecin.
Bezançoh, Lee Médec. à la censure y 1677, p. 308-909.
Mahomet s'érigea en Prophète parmi les Sarasins.
Bossurr, Hist. univ., in-4°, 1681, p. i36;- Cf. Id., ibid., p. 556.
Roquesane. . . s'érigea en Archevesque de Prague.
Id., Hist. des Var.9 9 in- 4°, 1688; II, p. ag3; - Cf. Id., ibid., I, p. 35, 57, etc.
Si V anxiété et la décrépitude ne sont pas de mise , pourquoi ériger passera-t-il pour bon François? Et pourquoi dira Narcisse (Balzac) ériger des statues} puisque nous pouvons dire dresser des statues, et user d'un terme François et approuvé de tout le monde, où celui d'ériger est pédantesque et de nul usage en nostre langue, si ce n'est lors qu'on parle de choses qui n'ont qu'un estre imaginaire et moral, comme quand on dit ériger une terre en Duché, en Pairie, en Comté, etc., mais non de celles qui ont un estre naturel 00 physical. Je ne diray pas que j'ay érigé mes mains, mes bras et mes yeus vers le Ciel. Non plus aussi devons-nous dire ériger des statues, mais dresser des statues : n'estant point nécessaire d'introduire des termes étrangers en nostre langue, quand elle en fournit de propres, de naturels et d'elegans. - Phtllirque (Le P. Goulu), LeUr. à Ariste (contre Balzac), 3' édit., 1698; 1" partie, p. 337-338.
te S'ériger en sot, s'ériger en ridicule. C'est ainsi, Madonte, que bien des gens parlent aujourd'huy, mais ce n'est pas ainsi qu'ils devroient parler. Le terme d'ériger ne signifie autre chose que hausser ou élever, comme le marque le mot latin d'où il est dérivé. De là vient qu'on dit ériger une terre en marquisat, s'ériger en souverain, s'ériger en maître, parce qu'on parle d'une élévation.
En lapins de garenne ériger nos clapiers,
dit M. Despréaux ; mais il me semble qu'il faut être bien sot et bien ridicule pour dire s'ériger en sot et en ridicule, au lieu de dire dégénérer en ridicule, tourner quelqu'un en sot et en ridicule, je oe voudrais pas même dire s'ériger en fâcheux, comme a parlé un de nos auteurs (Hist. du prince de Condé), ni moins s'ériger en bateleur, quoyque M. S. . . ait parié de la sorte, car à l'égard du sens, par le premier mot de la phrase on s'élève, et par les autres on tombe tout d'un coup.»
Lever de Tbmplbby, Génie et politesse de la lang. franc., 1705, p. 1&5.
Erreur.
1&72 Les plus courtes erreurs sont toujours les meilleures.
L'Ét., IV, 3.
* Variante du proverbe : Los plus courtes folies sont . . .
252 ES (EN) — ESCOFION
Ès (En).
645 Et pour en avoir un qui se termine en i$. - Fâch., III, a.
* Voir ci-dessus, p. 191, En : terminé en. . .
ESCAMPATIVOS , échappées, fugues.
Ah! je vous y prends, Madame ma femme, et vous faites des etcampativos pendant que je dors. - G, Dand., III, 6.
Il étoit en l'allée de la chambre, lorsqu'Hortensius dit encore ceci : Festin*, Principal ; je suis las d'attendre ; je m'en vais faire un petit eecampathoê et danser ici moi-même , si tu ne viens tout à cette heure.
Sorel, Francien, i64t, p. a 4 9; ëdit. de Leyde, 1791 ; I, p. 997.
9 34 Le captif, durant cette guerre, Dizant tout franc neecio vos, Fit soudain escampalivos. - Lobbt, Mme histor., i5 mai 1660.
* On trouve bien dans les dictionnaires eecamper, décamper ; ce mot est tiré de l'espagnol escampar, d'où eêcampaie vos, tt décampez, vous», emprunté par la langue populaire. Furetière, le premier, en 1690, donna le mot, mais sous forme escatnpatinos et non atcampativos; la même forme est reproduite dans Trévoux (1739). Le didiofinsire de Richelet, muet en 1680, admet eecampatho dans l'édition de 17191 mais non dont un article séparé :
nEscamper. Ce mot est vieux, dit-il. Il signifioit échapper et s'enfuir vite et habilement On dit aussi, d'une manière très populaire : ce banqueroutier a fait eecampatho; ce vofeor a pris la poudre tfeseampativo.it
Escapade.
Songez ... à inventer quelque moyen de rhabiller votre etcapade.
G. Dand. , III, 6.
11 est des ouvrages en Plutarque où il oublie son thème, où le propos de an argument ne se trouve nue par incident , tout estouffé en matière eatrangere. Voyet ses alleures au Démon de Socrate. 0 Dieu I que ces gaillardes escapadee, que cette variation a de beauté! - Montaigne, édit. in-fol., 160a, p. 760; hv. III, en. tx.
* Escapade ne parait ni dans Bob. Estienne (t539, 15&9), ni dans Nicot (i&73, 1606, 1618, 1695), ni dans Monet (1690), ni dans les autres dictionnaires eonteVa* porains. On le trouve cependant, dès 1596, dans le Diction, de* Rimes d'Odet de la Noie, puis dans le Cotgrave de 1611, i639, i65o; — dans le Monet de i636, il est défiai: «Escapade, action de libertinage, trait propre d'un échappé qui s'est émancipé des termes de la discipline.»
ESCOFION ou SCOFFION.
1944 D abord leurs escofions ont volé par la place. - UEt., V, g.
* La première édition porte ecoffions.
ESC0GR1FFRE 253
Les matrones commandent aux mariées, la première nuict des nopees, de mettre leurs deux mains sur leurs coiffures, afin que leur couvre-chef ou escofion de nuit ne bouge de dessus leur teste. - Guill. Bouchet, Serées, I, 909.
J'ay veu Françoise toute vestue de velours cramoisy violet, ayant sur sa tête un riche seoffion d1or semé de pierreries. - Larriyet, Laquais, V, 5.
Et si ton seoffion avoit tous les appas
D'une rouelle de veau bien cuite entre deux plats,
En l'humeur où je suis, Phénice, je te jure
Que j'aurais tout à l'heure avalé ta coênure. - Tmstan, Parasite, i65A, 1, 3.
U (le bonhomme) fut extrêmement étonné de la réponse de la soubrette, et regretta le temps où les femmes portoient des escoffions au lieu de perruques, et des pantoufles au lieu de patins.
M11" Desjardins, Récit de la Farce des Prie.; Nouv. Coll. moliér., p. 9 3.
Au ith' siècle, Y e seoffion n'était plus une riche coiffure :
tt Escofion, terme populaire qui se dit de la coeffure des femmes du peuple, ou des paysannes, des femmes coeiïées mal proprement. Les harengeres qui se querellent s'arrachent leur escofion.* - Furetibbe, Diction,, 1690.
Richelet (1680) ne donne pas ce mot, qui a trouvé grâce devant l'Académie (169/1), comme bas et burlesque.
Escogriffe.
Allez, vous devriez envoyer promener tous ces gens-là, avec leurs
fariboles. — Et surtout ce grand escogriffe de maître d'armes.
Bourg, gent., III, 3.
69. Mais entre maint et maint raport Qui nous vient du côté du nord, Des mains de certains escogrifes, On en voit très bien d'apocriies.
Lorbt, Muze histor., 9 A juin 166a.
Elle résista toutefois,. . .
Et, voyant ce grand escogriffe, Voulut se tirer de sa griffe.
Richbb, Ovide bouffon, 166a, p. 79; - Cf. 1d., ibid,, p. 456, 018, 543, 554.
Us ont trois ou quatre grands escogriffes de valets.
Dakcourt, La Maison de camp., se. 9.
* Escogriffe parait pour la première fois, comme mot Orléanais, dans le Diction, de Cotgrave (1611, i639, i65o), etc.; il est traduit par luske, et clunch ou donne, et ces deux roots sont retraduits avec un certain luxe d'équivalents: halebreda,falourdin, loricard, Umgue-eschine, trente-cottes, vastibousier, baîigant, fainéant, marouffle; rustault, paisan, franc-topin, galochier, vilenot, casait, gavache, cageots, pied- gris, pique-bœuf, magnan, manant. — Eu somme, escogriffe ne dit rien de bon.
Le Diction, des Rimes de 16/18 donne le mot en italiques, comme bourlesque, bas ou \ieux. — Puis, en 1660, Dues le traduit en italien par scrocco, mangione, c'est-à-dire <r escroc, éeornifleur», et mangione tr gourmand»; et An t. Oudin, en espagnol, par comilon «grand mangeur».
La définition de Furetièrc répond mieux à notre idée : «Terme vieux et populaire, qui se dit par injure a des gens de grande taille, mal bâtis et de mauvaise mine.»