ESPACE
Ab ! que si je savois m'escrimer de l'épée , Celle-ci dans ton sein seroit bientôt trempée I
Li Thuillbhie, Criip. Bel-Esprit, se. 10.
Vous commencez à escrimer de la plume. - Regnabd, //oui. à b.fort., II, 1.
Si pour vous d'Apollon les trésors sont ouverts,
Vous pouvez même aussi vous escrimer en vers. - Id. , Distrait, IV, g.
* Rob. Estienne (i54g), le Diciionariolum puerorum (1 55a ) et Nicot (1 573 ) ne donnent que escrimeur; le verbe escrimer parait en 1606 dans le Tesoro de las très lenguas, où on le retrouve en i6i4, 1637, 16A&; Gotgrave le donne en 1611, i63a, t65o; le Die t. des Rimes de 16a 6 est le premier qui donne s'escrimer (avec une faute d'impression : ^escrimer); il Ta emprunté sans doute à Régnier, dont nous avons cité un vers. — Gomme on Ta vu , escrimer et s'escrimer s'employaient au propre et au figuré.
Voir t. I, p. 169-163, au mot attirail, une citation à'Araspe et Simandre.
Espace, temps.
1 388 Et, comme ia douleur, un assez long espace, M'a fait sans remuer demeurer sur la place , Ils ont cru tout de bon qu'ils m'avoient assommé.
Éc. des Fem., V, 2.
m Que peut-il souhaiter? et quest-ce que je puis?. . . — Qu'à ses transports vous donniez plus d'espace Et retardiez la naissance du jour. - Amph. , Prol.
Las! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
LasI lasl ses beautés laissé choir. - Ronsard, Mignonne, allons voir.. .
Vasquez confesse depuis que jamais parolle ne l'avoit tant effrayé que celle-là , voyant qu'un fol, et fol à double teinture,. . . avoit sceu si sagement couvrir sa folie Y espace de deux ou trois heures. - Le P. Garasse, Doctr. cur., 1 6 a h , p. 53.
Ce ne fut enfin qu'après un long espace que le duc de Bourgogne luy peut faire comprendre que ses yeux ne le trompoient point
Segbais, Nouv. franc,, i656; h* Nouv., p. 999.
1 o3 Quand le galant un assez bon espace
Avec ia dame eut été dans ce lieu.. . - La Font., IV, 93 : Contes, I, 3.
Dans cet espace (de temps), une partie de l'infanterie. . . eut le loisir d'arriver.
La Rochit., II, 196.
Que ai de faire bien ils n'eurent pas Y espace , Us n'eurent pas le temps de faire mal aussi. - Malh. , Larmes de S1 Pierre»
* A propos de ces vers, Ménage (Observ. sur Malherbe) remarque que espace se dit non seulement du lieu, mais aussi du temps. - Page 946»
En outre, dans ses Observ. sur la lang.fr., il note que, en terme d'imprimerie, espace est féminin , et que Ronsard Ta fait de ce genre dans la dixième ode du livre I :
Par le fil d'un* longue espace / «Mais en cela, ajoute-t-il, il n'est pas à imiter.»
Observ., 1" part», 1679, p. 1 3 1 et &63i
256 espérance — espérer de. . .
Espérance.
i 028 Je l'aurai fait passer chez moi dès son enfance, Et j'en aurai chéri la plus tendre espérance. . . Afin qu'un jeune fou dont elle s'amourache Me la vienne enlever jusque sur la moustache.
Ec. des Fem. , IV, 1 .
Il doit s'élever un nouveau Royaume, non pas d'un seul Peuple, mais de toon les Peuples, dont le Messie doit estre le Chef et Yespérance.
Bossurr, Hitt. univ., in-4*, 1G81, p. 188.
Espérer à . . .
7^4 Mais j espère aux bontés qu'un autre aura pour moi.
Tart.9 II, &.
1 K espérons plus, mon âme, aux promesses du monde.
Malb. , Paraphr. du Ps. CXLC
391 Aux faveurs de son maître ainsi l'esclave espère. - Coav., ItmiL, IV.
Espérer de. . . , comme on dit : désespérer de.. ., avec un subsL
ïespérois toujours de votre salut; mais c'est maintenant que j'en désespère. - D. Juan y V, 4.
Je pensai qu'il étoit juste de bien opérer d'un homme qui oflroit de se soumdlre à toutes le» censures. - Là Rochbf. , II, hhh.
* Espérer de se trouve aussi bien que espérer avec un verbe :
Elle ri espère plus de jamais le revoir. - Quihâult, Amant indiscret, 1 654, IV, i.
Elle ouyt ce long récit , si éloigné de ce qu'elle avoit espéré a" entendre.
Segrai8, Nouv. franc., i656; a" Nom., p. 4i3. - Gt Id., ibSd.; 3* Nouv., p. 81.
i53 Par mes justes soupirs }' espère l'émouvoir. - Rie, Tkéb., I, 3.
1093 Que sais-je? ]espérois de mourir à vos yeux. - Id., Bérén., IV, 5.
11 ne doit jamais espérer d'épouser ma fille. - Hactbiochb, Crispin méd., III, 10.
Pyrrhus. . . espère de contenter son ambition par la conqueste de fftatie. Bossoir, Hist. univ., in- 6°, j 681, p. 67; - Cf. Id., ibtd., p. 83, 111, 5 il.
On crut voir dans les Prophéties de Luther la mort de la Papauté ai qu'il n'y avoit aucun Protestant qui riesperast d'assister a ses fanéraHlea.
Id., Hist. des Var., a in-6°, 1688; II, p. Aoa; - Cf. I»., ibid., p. 6a-63; - Avert. aux Protest., in-6*, 1689-1691 ; III, S 1 a , p. 186; et VI, $ 3f, p. 5 20.
Je lui dis que. . ., l'année qui vient, fespérois <fétre plus grande.
Regiubd, Hom. à b./ori., I, S.