‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 277 sur 625 · ÉVACUER — ÉVAPORÉ · texte numérisé non relu

ÉVACUER — ÉVAPORÉ

* M. Littré fait remarquer que la locution tous deux, dont il est difficile de se rendre compte, est née au xtii* siècle ; antérieurement, deux se construisait, comme ici, avec un pronom, nous, vous, eux :

Les eulx deux ensemble mangent la proie. - Mohtaigrb, II, 196 (Littré).

ÉVACUER, faire sortir.

J'allois nettoyer votre corps et en évacuer entièrement les mauvaises humeurs. - Mal. mag.y III, 5.

Evacuer, rendre vide, nettoyer.

Je suis d'avis ... de le purger, désopiler et évacuer par purgatifs propres et convenables. — Pourc, I, 8.

Ses drogues. . . purgent et évacuent le corps pour enfler l'âme.

Le P. Garasse, Doctr. cur., 169/1, p. 3i 1.

ÉVADER (S'), s'échapper, disparaître.

188 Mais enfin, dans l'obscurité, Je vois notre maison, et ma terreur s'évade. - Amph., I, 1.

1730 Hé bien! je les attends, et saurai décider Le différend en leur présence.

— Fourbe, tu crois par là peut-être ? évader? - Ibid., III, 5.

* Le verbe 9' évader, dans le sens où remploie Molière, explique le subst. évasion dont s'est servi Bossuet : moyen de s'évader, de se tirer d'affaire; échappatoire :

Gomme au fonds on ne se soucie dans la Réforme ni de Confession de foy, ni de Synode, et qu'on n'y répond que pour la forme, on se contente aussi des moindres évasions. - Bossuet, Hist. des Var., 9 in-â°, 1688; II, p. 5ig.

Pour luy osier (au Ministre Jurieu) ce dernier refuge et ne luy laisser aucune évasion, je luy réponds en deux mots. . .

Id., Avert. aux Protest., in-A°, 1689-1691; VI1, S A, p. 673; - Cf. Id. , ibid. , II, S 1 1 , p. 1 a3-i9 A ; - Confér. avec M. Claude, in-19, 1689, p. 937-938 : Réflex.

ÉVAPORÉ , mot nouveau.

783 Son fils, qui m'embarrasse, est un évaporé. - Dép. am., III, t.

9 A3 Cette lettre que j'ay tirée De ma cervelle évaporée Vous est de bon cœur consacrée.

Lobet, Mme histor., i5 septembre iG5a.

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