‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 281 sur 625 · ÉVENTER · texte numérisé non relu

ÉVENTER

Croira qui voudra ce que dit Beze, qu'on prit ces paroles (de Poltrot) pour des propos d'un homme éventé. . . La manière dont il s'expliquoit faisoit plûtost voir un homme déterminé qu'un homme éventé et léger.

Bossuet, Hist. des Var., s in-&°, 1688; II, p. i33.

Une tête éventée, un petit freluquet. - Rbcrard, Ménechmes, V, 1.

Un marquis éventé, qui vient avec fracas

En bourdonnant un air, étaler ses appas. - Id., Prol. des Fol. am., se. 5.

* Le mot éventé, qui paraissait nouveau à Sorel (voir Evaporé), avait été employé plus de cent ans avant M"* de Scudéry.

, Voir : t. I, p. 4a, Adjectifs employés comme substantifs, et, ci-dessus, p. 5190-191, Evaporé.

ÉVENTER, gâter en livrant à l'air, au vent, comme on le dit surtout du vin.

2 3 Ne voudriez-vous point, dis-je, sur ces matières. • . M'obliger à porter de ces petits chapeaux Qui laissent éventer leurs débiles cerveaux. - Éc. des Mar., I, 1.

Pour moi, je crois qu'il a l'esprit un peu gâté. — Oui, Ton l'a mal bouché; je le trouve éventé.

Poisson, Baron de la Grasse, se. 5.

Eventer, divulguer.

3io Un secret éventé rompt nos prétentions. - Ec. des Fem.> I, &.

353 Derechef, veuillez être discret,

Et n'allez pas, de grâce, éventer mon secret. — Ibid.> ibid.

Pour connoistre cette vérité, je n'ay que faire d'aller fouiller dans les histoires anciennes, et esventer la folie de nos ancestres.

Lb P. Gaiassb, Doctr, cur., îôaA, p. 911.

Soit. . . que le Juge luy-mesme ou que le greffier esventast la mine,. . . à une heure de là, la chose fut publique.

Chapblaiii , Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; IH, p. i3s.

Je crains tout d'un secret qui peut estre esventé.

Gilet db la Tbssouhbbib, Desniaisé, V, S.

. . . Voici mes amours éventées. - Th. Cobh., Amour à la mode, M, 7.

Ciceron, qui de Gatiline Éventa prudemment la mine , Estoit un timide animal.

Scarbor, Œuvr.y Paris, 1700; I, p. 365; - Cf. Virg. trav., t^ol; II, p. 90.

Leur déclarant que la première

Qui le secret éventeroit

Tost après ses doigts en mordroit.

Richkr, Ovide bouffon, 166a , p. aoG-907 ; - Cf. I»., ibiè\, p. 180.

Aussi bien est-il temps d'éventer ce secret.

Moktflburt, Fille capitaine, V, 16; - Cf. Gentilh. de Bssmes, LU, it>

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