FANFAN — FANFARE
FANFAN, enfant.
763 Oui, ma pauvre fanfan, pouponne de mon âme.
Éc. des Mar.y II, 9.
Lorsque, maltresse de famille, Vous aurez fait garçon et fille, À l'un vous direz : mon fanfan.
L'autre vous dira : ma maman.
Scarboh, Vtrg. trav., Paris, David, 1705; I, p. 376; - Cf. Id., ibid., II, p. 85 et 919.
Son noble père
Luy dit parfois : er Fille tres-chere, Daphné, ma petite fanfan , Daphné que j ayme tant ouanouan».
Dassouct, Ovide en belle humeur, in-&°, i65o, p. 99.
Ainsi fit le père et la mère , Suivant le vœu de leur fanfan.
Richeb, Ovide bouffon, 1669, p. &&9-&A3; - Cf. Id., ibid., p. 909, 393, 567.
0 fi 1 Gardez-vous bien de luy donner ce drille ; C'est bien morceau pour luy, que vostre belle fille, Que ce petit tendron, cette jeune fanfan.
Robinet, Panég. de YÉc. des Fem., 166&, iN entrée.
Elle m'appelle son petit papa, son petit fanfan.
La Fort., VII, p. 686 : Coupe enchantée, se. 17.
Ce pauvre cœur, qu'il est aimable I . . .
Mon fanfan, je songeois à toi. - Poisson, Le Zig-Zag, se. 9.
La voilà (Mm* de Marans) qui entre sans coiffe; elle venoit d'être coupée, mais coupée en vrai fanfan. - Sév., II, p. 179.
FANFARE, bruit, fanfaronnade, rodomontade.
1&28 Voilà ton demi-cent d'épingles de Paris,
Que tu me donnas hier avec tant de fanfare. - Dép. am., IV, A.
Le second, sans cérémonie, print les deux demoiselles sous les bras..., les pourmenant avec plusieurs gambades, fanfares et chansons, dont il estonnoit tout le pourpris.
N. du Fail, Contée $t Dite, d'Eutrapel; édit. Jouaust, Paris, 1875? II, p. 171.
Mais il y eut une cruelle dame qui ... dit qu'il n'estoit pas besoin de continuer de tels discours, et que ce n'estoit pas des soumissions simples, comme d'une personne qui avoueroit son crime, mais des fanfaree et des rodomontades d'un homme qui se croyoit innocent. - Sorel, Polyandre, I, p. 995-996.
* Le dictionnaire de Rob. Estienne de 1639 ne donne pas ce mot; il le donne en 15/19, el Ie traduit par ottentatio. Pasquier, dans ses Recherchée, constate, dans son chap. vi du liv. VIII, consacré aux onomatopées, que le mot fanfare répond au son de la trompette. Il est d'accord avec Nicot (1606), qui dit: «Fanfare proprement est quand ceux qui veulent jouster se monstrent en la lice avec trompettes et clairons.»
334 FANFARON — FANFARONNERIE
C'est dans ce sens de air de trompette que l'emploient Scarron et Brébeuf :
Force piqueurs Massiliens, Quantité de valets de chiens, De leurs trompes faisoient fanfare, Gomme qui diroit tantarare.
Scabbor, Virg. trav., Paris, David, 1705 ; I, p. 988.
Au premier bruit des chamades,
Fanfare$, tambourinades,
Tout le bourgeois étonné . . .
Saute du lit dans la crotte. - Brbbeuf, Lucain trav., i656, p. 110.
Fanfaron.
388 Ce ne sont point du tout fanfarons de vertu. - TarU, I, 5.
La Cour. . . nous forgea, il y a quelques années, fanfaron de fanfare.
M11* de Gournat, L'Ombre, 1697, p. 5oa.
C'est un fanfaron de vertu, de doctrine et <f éloquence.
Balzac, Lettr. à Conrart, 98 avril i653.
Il ne s'est point passé d'année que quelqu'un. . . de ces francs fanfarons d'amitié ne m'ait manqué de parole. - Scabbon , Dern. Œuvr. , Paris, David, 1 700 ; I , p. 83.
Ge mut fanfaron» d'amitié;
De vous promettre ils feront rage;
Prenez-les au mot, leur visage
Se change à vous faire pitié. - Id., ibid., ibid., p. 996.
Je ne pense pas que la sottise d'un Fanfaron soit plus insupportable que la modestie affectée du Biche qui se dit Pauvre, du Fort qui se plaint de sa foiblesse, du Noble qui publie l'obscurité de sa naissance , et de l'Éloquent qui fait l'Ignorant en l'art de bien dire. - Costab, Apol., in-&°, 1657, p. 70.
Mais changeons de propos et parlons de ton maistre (Tartuffe). . .
— C'est un homme de bien, fanfaron de vertu,
Et si, pour s'en targuer, il n'en a jamais eu. - Crit. de Tart., 1669, se. 7.
* Monet, qui, le premier, enregistre ce mot dans son édition de i636, nous en donne le sens propre : «Homme de guerre se présentant avec fanfare à la vue d'un camp, d'une garnison, pour attraire quelqu'un au combat ou à l'ambuscade.» - Parallèle.
FANFARONNERIE.
373 Cest pure fanfaronnerie De vouloir profiter de la poltronnerie
De ceux qu'attaque notre bras. - Âmph., I, 2.
* Ce mot parait pour la première fois dans les Rech. ital. et franc, de César Oudin (16&9 ). Ni Bichelet ni Furetière ne l'ont admis; mais il figure dans le Dictionn. de VAcad. dès la i"édit.(i6gA).