‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 315 sur 625 · FAQUIN · texte numérisé non relu

FAQUIN

Vous verrez qu'un de ces jours on vous donnera du pied au cul , et qu'on vous chassera comme un faquin. — Am. magnif., I, 2.

Vous êtes ennemi, Monsieur, de ce faquin d'Àrgante?

Fourb. de Scap., II, 6.

Avant la fin du jour, je vous déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d'Argante. - Ibid. , ibid.

Les siècles passez ont esté si mauvais juges de la poésie, que le nom de poète et de faquin estoient synonymes.

Le P. Gabassb, Rech. des Rech. de Af Est. Pàequier, 1699, p. 691 ; - Cf. Défense pour Est. Patquier, 169 A, p. 8i3.

Il faut bien se garder aussi de dire que Ton a traité quelqu'un en faquin, il faut dire que Ton Ta traité de faquin; car à ce peu de mots Von connoist si un homme sçait les coustumes et le langage des Galands et polis, qu'il faut observer si Ton veut estre bien receu parmy eux.

Lee Loix de la Galanterie, dans le Nouv. Recueil dee pièces les plue agréables de ce temps, Paris, Sercy, 16 6 A.

J'estimerois volontiers l'honneur qu'on fait à un faquin qui passe pour un homme de condition à la faveur de son habit - Fubbtibbb, Rom. bourg., p. 69-70.

Depuis que j'ay veu louer tant de faquins qui ont des équipages de grands seigneurs, et tant de grands seigneurs qui ont des âmes de faquins y il m'a pris envie de vous louer aussi. - Io., ibtd. (Ép. dédie, au Bourreau), p. 337.

11 est Yray, Madame, que Molière a tort de n'avoir pas fait d'Arnolpbe un faquin accomply. Ce jaloux satisferoit les censeurs de cette Comédie (V École des Femmes), . . . s il jugeoit mal du fils de son amy.

De la Cboix, Guerre corn., 166A ; édit. Gay, p. a3.

Épisterbz, médecin, à Élomire (Molière) :

Quand j'observe ton air, ta démarche et ta taille,

Je n'y trouve pour toy nulle marque qui vaille,

Et n'estoit que ton front prend contre eux ton party,

Je ne te croirois rien qu'un faquin travesty.

Mais d'un tel faquinisme en vain je voy la marque.

Le Boulanger db Chalussay, Élomire (Molière) hypocondre, 1670; 11, 6.

Alors le noble altier, pressé par l'indigence,

Humblement du faquin rechercha l'alliance. - Dbspb., Sot. Y.

(Lucile) vengea l'humble vertu de la richesse altière,

Et l'honnête homme à pied du faquin en litière. - b., Art poét., II.

Je vous laisse mon fils, et vous avez l'audace, Infâme 1 de me rendre un faquin à la place.

Montplecry, Crisp. gentilh., V, h.

D faut que les beautés chez vous soient bien communes,

Puisqu'à de te\s faquins se bornent leurs fortunes. - Id. , Éc. des Jaloux, II, G.

* Le moi faquin paroi t pour la première fois dans le Nicotde 1673, comme «mut italien», et avec son sens propre de porte-faix, facchino.

Scarron et Brébcuf emploient le mot dans son sens étymologique de porte-faix.

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