FATRAS
♦ Le mot est-il français? faut-il l'accepter ou lire fatras on fracas? Nous pencherions volontiers pour cette dernière leçon, parce que, deux pages plus haut, on lit :
Ah! quel bruit! — Quel^/rocai/ — Quel chaos! — Quel mélange! Quelle confusion! — Quelle cohue étrange! — Quel désordre! — Quel embarras!
Ce sont précisément ces mots qui sont repris par le vieux «Bourgeois babillard». Mais peut-être faut-il conserver fratras qu'on lit ailleurs :
Oh ! que de nippes à porchers !
Que de fratras aux njles chers !
Saint -Amant, QEuvr., bibl. elzév., II, 609.
Celui-ci m'a montré d'abord deux feuilles de papier, pleines jusques aux bords d'un grand fatras de balivernes. - Escarb., se. 1.
1376 Et se charger l'esprit d'un ténébreux butin
De tous les vieux fatras qui traînent dans les livres.
Fem. sav.9 IV, 3.
Je dédaigne de m'amuser à ce menu fatras de maladies ordinaires.
Mal. imag., III, 10.
Un libertin. . . dira qu'il ne croid pas neantmoins tous ces menus fatras dont on abbreuve le simple peuple. - Le P. Garasse, Rech. des Rech., 16a a, p. 967.
Le sieur Pasquier ayant fait certain petit fatras d'épigrammes. . ., il les appelle par humilité de très-belles poésies.
Id., ibid., p. 938; - Cf. Id., Doctr. eur., 169&, p. a43.
Vous autres lisarts, n'avez-vous point leu certain petit fatrat qui se nomme le Caquet de l'Accouchée?
Caquets de PAcc, i6aa , bibl. elzév., p. a66 {Essais de Mathurine).
Ses disners et les gousters avec ses amies, l'exorbitance de ses parures, la sumptuosité de ses habits, et tout plein d'autres menus fatras qui en despendent. . ., m'espuiserent de sorte que je commençay à m'affaisser.
Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., III, p. 336 ; - Cf. Id., ibid., III, a6.
Encore qu'il y ait tantost quatre ans que Toussaint Quinet rompt la teste à tous ceux qui vont et viennent dans la Galène du Palais, du Typhon et du Jodelêt, qui m'ont fait fameux écrivain, je consens aisément que mes œuvres ne passent que pour ce qu'on appelle fatras de livres.
Scaebon, CEuvr., Paris, David, 1700; I, p. a65.
Et cette bonne mère grand1 . . .
L'entretenoit de Melusine, De Peau d'âne et de Fierabras, Et de cent autres vieux fatras.
Id., Virg. trav., Paris, David, 1706; I, p. i43.
939 J'ay composé tout ce fatras
La veille du dimanche gras. - Lorbt, Muxe histor., 6 février i655.
C'est prevariquer en la cause, Que disputer de la prognose.
Balançant d'un jugement brut Si l'humeur peccante est en rut. . .,