FAUSSER
Si l'on prend par quelque berlue La chose verte pour la bleue , Et cent autres menus fatras.
Le P. Carnbau, La Stimmimachie , i656, p. 38.
Qui pourrait retenir ce fatraê de leçons?
Chappoxeau, L*Acad. deêfem., II, ri.
a 3 Sur tant de contredits, et d'interlocutoires, Et de fatras, et de grimoires, Travaillons. - La Font., I, p. 192 : Fabi., I, ai.
34 Rêvant à teh fatraê. - Id., IX, p. a 4 : Ballade.
Pourquoi tout ce fatras de couleurs, de pinceaux,
Ces figures d'osier et ces habits de masques? - Montpleory, Coméd. poète, 1 , 1.
Ce fatraê de rubans, chargés de nompareilles.
Id., Gentilh. de Beauce, III, 8; - Cf. Filk capitaine, I, 9; - Dupe de toi-même, II, 1 ; - Trigaudin, I, 5.
* Palsgrave (i53i), après avoir donné la phrase : «I botche or bungyll a garmentn, donne cette traduction: «je faire, 1™ conjugaison, et je fatrouille, 1" conjugaison. This garment is but botched, cest habit n'est que fatrouille.»
Si nous demandons à Gotgrave (1611) la trad. de to botch, il répond : nto botch, bobeliner, rabiiler, rabiliecoustrer, fatreper, fatrer, fatrouiller, rataconner». En somme , falrer, fatrouiller, fatroêêer, c'est raccommoder, mettre des pièces; on voit le lien de ces mots avec fatras, que Gotgrave traduit par <ra confused heape, or bund of trush, toyes, trifles, vaine and idle things, fooleries, fopperies» , c'est-à-dire g un monceau ou paquet confus de triquenisque, haligornes, nippes, agobilles, triquedondaines, fanfreluches et nigeries», pour employer ses expressions.
Rob. Estienne traduit (i54g) par nugœ; Monet (i636) txfatraê, bagatelles, choses de néant».
Avant d'être employé en ce sens, fatras désignait une sorte de poésie :
«Épilogue, dit l'auteur de Y Art de pleine Rhétorique (i5ai) , est un terme grec qui signifie récapitulation ou reprise de choses devant dictes, ainsi nommé par nos pères, espèce ou manière de rithmer que les Picards appellent , en leur langage , fatraê :
Tout ainsi se faict epyiogue Du fatras comme je l'applique, Tout ainsi se faict épylogue Soit en forme de monologue , Ou par manière de supplique.
Un autre sens enfin se trouve, au xv* siècle, dans Coquillart, et au xvi*, dans les Séries de Guill. Bouche t :
Maintz petits bancquetz , mains fatras.
Coquillart, UEnqueste entre le Simple et la Rusée.
Dragées, confitures sèches et autres menus fatras qu'on fait de sucre.
Guill. Boccbet, Serées, édit. Roybet, chez Lemerre; I, 1 34.
FAUSSER, manquer à. . . ; FAUSSER PAROLE.
i3$3 Non, non, n'ayez pas peur
Que je fausse parole. - Dép. am., IV, 3.
FAUSSET Ml
990 II faut à cet ami faire mauvais visage,
Lui fauuer compagnie, éviter ses discours. - Corn., La Suivante, I, 8.
1 33 11 n'auroit pas faussé ta fou,
Et fût mort serviteur du Roy. - Loret, Muze hittor., a& déc. i65i.
95 Monseigneur le duc de Lorraine. . .
Aima beaucoup mieux détaller, Pour ne point fauuer ta promette. - Id., ibid., a 3 juin i65a.
1686 Tu sauras ce que c'est d'avoir /atate ta foi.
La Font., VIÏ, p. io5 : L'Eun., V, 5.
543 . . . Bon, le voilà qui fautte compagnie. - Rac. , Plaid., II, 9.
Fausset.
487 Ou sa façon de rire et son ton de fausset
Ont-ils de vous toucher su trouver le secret? - Misanth., II, 1.
Voulant éprouver si elle le prendroit pour une fille, il s'en alla luy faire une révérence bien basse, et luy dit avec une voix defaulcet : bonjour, ma commère.
Sorel, Berg. extrav., 1627, p. a 3 6.
Ainsi dit Junon courroucée, Et puis, ayant sa voix haussée En fausset, que Ton entendit Jusqu'en Enfer qu'elle étourdit, Alecton fut par elle huchée.
Scarron, Virg. trav., Paris, David, 1706; II, p. a3o; - Cf. Id. , ibid., II, p. io5.
Ensuite, prenant \efauttet Pendant qu'on tenoit le tacet, Elle mit sur l'air d'une gigue Cette rude et sanglante intrigue.
Riches, Ovide bouffon, 166a, p. 56o.
Je l'ai dit enfauttet, et tu Tas pris en basse.
Th. Corn., Amour à la mode, IV, h.
L'Intimé, d'un ton finissant enfauttet. - Rac, Plaid., III, 3.
Quoi donc ! Ce marmouzet
Avec son beau langage et son ton de fausset,
Avec son poil blondin, transplanté sur sa tête,
Vous plairoit pour époux? - Momtfleury, Fem. juge et partie, II, 5.
Pour les voix, nous prendrons seulement douze basses, huit concordants, six basses -tailles, autant de quintes, quatre haute -contre, huit fauttett et douze dessus, moitié entiers et moitié hongres. - Regnard, La Sérénade, se. 7.
Un abbé d'égale science Qui, dressant son petit collet, D'un air présomptueux et d'un ton de fausset
Applaudit à son ignorance. - Id., Prol. des Fol. am., se. 5.
* Voir ci-dessus, p. 119, au mot donzelk, une citation du s* De la Croix. «Fausset, voix aiguë qui contrefait le dessus en un concert, et qui d'ordinaire est désagréable et discordante. r> - Furetierb, Diction., 1690.