FEU
* Malherbe a employé cette locution , mais dans un autre sens. Nous la trouvons pour la première fois dans Y Examen du Cid, de Corneille, puis dans le Polyandre, de Sorel, et ensuite très fréquemment dans les ouvrages de Scarron, de Saint-Amant, de Brébeuf, de Montfleury, de Regnard, etc. Mais on ne la rencontre dans aucun dictionnaire avant le Diction. frAat. , de Pomey (1676), et le Diction. Jr.-angl. , de Guy Miège (1679).
FEU, aufg.9 amour.
939 Trouvez bon que ces feux prennent un peu d'espoir Sur la mort que mon bras s'apprête à faire voir, Et qu'ils osent briguer par d'illustres services D'un frère et d'un État les suffrages propices. - D. Gare., 1,3.
601 Orphise toutefois, malgré son désaveu,
Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu. - Fâch., III, 1.
927 Cet homme, gendarmé d'abord contre mon feu. . .
Éc. des Fem.9 III, 4.
16&6 • . • Conseillez-lui de différer un peu,
Et rendez, en ami, ce service à mon feu. - Ibid., V, 6.
L'amour n'est-ce pas un désir, et tout désir n'esUl pas de feu? Et la jalousie n'est-ce pas une crainte, et toute crainte n'est-elle pas de glace?
D'UoFi, UAttrée, 161/1; II, p. 1/1 5.
A 9 Je ne saurois brûler d'autre feu que du sien. - Malh., I, p. i36.
975 Souviens-toi du beau/eu dont nous sommes épris. - Gobh., Cinna, I, 3.
Enfin, j'ouvre les yeux pour éteindre mon feu.
Th. Cork., Amour à la mode, V, h.
Un autre feu sans doute est contraire à ma flamme. - Id., L'Inconnu, II, 5.
9 Non pas; c'étoit un Roi, dont les feux violents,
Me firent ressentir leur ardeur criminelle. - La Font. , II, p. 45o : Fabl.,\X, 1 8.
137 Quel est le feu dont je me sens épris. - Id., VI, p. 33 : Contée, V, 3.
576 L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme; Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux; Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux. - Rac, Androm., I, h.
3qo Brûlé de plus de feux que je n'en allumai. - Id., ibid., II, a.
Ma femme y sera; cours la préparer un peu
A l'effort que je veux exiger de son feu. - Montflsubt , Trigaudin, I, 1.
Quelle preuve faut-il vous donner de mes feux ? - Id., Dame méd., IV, 3.
Je verrai dans ses yeux si mon feu lui plaira.
— Et l'épouserez- vous? — Le Ciel m'inspirera. En tout cas , si son feu répond à ma tendresse . . .
Id., Dupe de soi-même } IV, 1.
Un an de mariage apaise bien des feux. - Id., Fille capitaine, I, 9.
Regardez votre sœur, et jugez si ses yeux
Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.
— Quoy ! D'aucun feu pour moi votre âme n'est éprise I
Regnard, Joueur, 11, 10.