‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 342 sur 625 · FEU · texte numérisé non relu

FEU

* Malherbe a employé cette locution , mais dans un autre sens. Nous la trouvons pour la première fois dans Y Examen du Cid, de Corneille, puis dans le Polyandre, de Sorel, et ensuite très fréquemment dans les ouvrages de Scarron, de Saint-Amant, de Brébeuf, de Montfleury, de Regnard, etc. Mais on ne la rencontre dans aucun dictionnaire avant le Diction. frAat. , de Pomey (1676), et le Diction. Jr.-angl. , de Guy Miège (1679).

FEU, aufg.9 amour.

939 Trouvez bon que ces feux prennent un peu d'espoir Sur la mort que mon bras s'apprête à faire voir, Et qu'ils osent briguer par d'illustres services D'un frère et d'un État les suffrages propices. - D. Gare., 1,3.

601 Orphise toutefois, malgré son désaveu,

Daigne accorder ce soir une grâce à mon feu. - Fâch., III, 1.

927 Cet homme, gendarmé d'abord contre mon feu. . .

Éc. des Fem.9 III, 4.

16&6 • . • Conseillez-lui de différer un peu,

Et rendez, en ami, ce service à mon feu. - Ibid., V, 6.

L'amour n'est-ce pas un désir, et tout désir n'esUl pas de feu? Et la jalousie n'est-ce pas une crainte, et toute crainte n'est-elle pas de glace?

D'UoFi, UAttrée, 161/1; II, p. 1/1 5.

A 9 Je ne saurois brûler d'autre feu que du sien. - Malh., I, p. i36.

975 Souviens-toi du beau/eu dont nous sommes épris. - Gobh., Cinna, I, 3.

Enfin, j'ouvre les yeux pour éteindre mon feu.

Th. Cork., Amour à la mode, V, h.

Un autre feu sans doute est contraire à ma flamme. - Id., L'Inconnu, II, 5.

9 Non pas; c'étoit un Roi, dont les feux violents,

Me firent ressentir leur ardeur criminelle. - La Font. , II, p. 45o : Fabl.,\X, 1 8.

137 Quel est le feu dont je me sens épris. - Id., VI, p. 33 : Contée, V, 3.

576 L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme; Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux; Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux. - Rac, Androm., I, h.

3qo Brûlé de plus de feux que je n'en allumai. - Id., ibid., II, a.

Ma femme y sera; cours la préparer un peu

A l'effort que je veux exiger de son feu. - Montflsubt , Trigaudin, I, 1.

Quelle preuve faut-il vous donner de mes feux ? - Id., Dame méd., IV, 3.

Je verrai dans ses yeux si mon feu lui plaira.

— Et l'épouserez- vous? — Le Ciel m'inspirera. En tout cas , si son feu répond à ma tendresse . . .

Id., Dupe de soi-même } IV, 1.

Un an de mariage apaise bien des feux. - Id., Fille capitaine, I, 9.

Regardez votre sœur, et jugez si ses yeux

Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.

— Quoy ! D'aucun feu pour moi votre âme n'est éprise I

Regnard, Joueur, 11, 10.

Page 1