‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 344 sur 625 · FEUX VOLANTS — FIDELE · texte numérisé non relu

FEUX VOLANTS — FIDELE

L se change en u, comme en feutre, defeltrum, et le c se perd, enjeu de jocut, en feu de/ocus.» — Quoi de plus simple?

Andry de Boisregard rappelle cette dissertation : «On dit feu au masc., eifeue au fém. : h feue Reine. Je ne m'arreste point icy à toutes les étymologies de ce mot. M. Ménage s'en est assez étendu ; il me suffit que l'usage de tous les bonnestes gens confirme ce que je dis.» - Andry de Boisregard, Réflex. sur l'ut âge prit, de la lang. franc., 169a, p. s 00.

Il a manqué à Vaugelas de penser à la feue Reine , et à Ménage de penser à feu la Reine; à cela près, tous deux ont raison.

L'Académie française, dans ses éditions de 169/1 el de 171^i donne des exemples, mais ne pose pas de règle : 9 Feu, feue, subst., défunt. . Feu mon père, /eu ma mère, feu mon oncle. Quand on dit le feu Pape, le feu Roy, la feue Reine, on entend toujours le Pape dernier mort, le Roy dernier mort, etc.»

En 17/10 enfin, l'Académie, dans sa troisième édition, fait une distinction négligée jusque-là, et suivie depuis: *Feu,feue, adjectif. Feu mon oncle.. . Le feu Pape, le feu Roi, la feue Reine. Ce mot n'a point de pluriel, et même n'a point de féminin, lorsqu'il est placé avant l'article ou le pronom personnel. Ainsi , quoiqu'on dise la feue Reine , il faut dire feu la Reine.»

FEUX VOLANTS, ou feux follets, feux Saint-Elme , etc.

La physique . . . nous enseigne ... les feux-volants.

Bourg, gent., II, 4.

FIDÈLE, probe, honnête.

456 Quoil Tavcz-vous surprise à n'être pas fidèle? - Fem. sàv.^ II, 6.

* D'après ce qui précède et ce qui suit, fidèle signifie probe, honnête; l'Académie n'a enregistré ce sens précis, en l'appliquant aux serviteurs, que dans son édit. de i835; les cinq premières éditions et les dictionnaires de Richelet et de Furetièrc s'en tenaient au sens vague de «qui respecte ses devoirs, qui lient ses engagements». — Cependant, en 1676, le P. Pomey, dans son Diction, royal, donne cette phrase : «Un bon serviteur doit être fidèle», et la traduit ainsi : «famulut probus ac frugi , fidelit este débet. »

Fidèle, vrai, exact, constant.

291 C'est bien fait. — Mais, Monsieur, savez-vous les nouvelles Que Ton dit à la Cour et qu'on tient pour fidèles?

Ec.des Mar., I, 3.

1129 Là je vous ferai voir une preuve fidèle

De l'infidélité du cœur de votre belle. - Misanth., III, 5.

1237 Puisque, pour vous réduire à des ardeurs fidèles,

Il faut des nœuds de chair, des chaînes corporelles . . .

Fem. sav., IV, 2.

Le jeu de mots d'Arsinoé, dans Le Misanthrope, est emprunté à Malherbe :

Ce n'est pas dans mes vers qu'une amante abu Fait de tous les assauts que la rage peut faire

Ce n'est pas dans mes vers qu'une amante abusée. . .

\ la rage peut Une fidèle preuve à l'infidélité. - Malh., Larm. de S. Pierre.

Page 1