‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 355 sur 625 · FILLOLE — FILS · texte numérisé non relu

FILLOLE — FILS

FFLLOLE.

1567 II n'a pas aperçu Jeannette, majîflofe,

Laquelle a tout ouï parole pour parole. - Ukt., IV, 5.

* «Toute la Cour dit JUleul et filleule, et toute la Ville fillol etfillole. Il n'y a pas à délibérer si Ton parlera plutôt comme Ton parle à la Cour que comme Ton parle à la Ville. . . » — L'Académie française déclare, de son côté, que crll n'y a plus que le petit peuple qui dise c'est mon fillol, c'est ma fillole. Il faut dire filleul et filleule, et c'est de cette façon que toute la Cour et toute la Ville parlent aujourd'hui.» — Th. Corneille dit de même : «Tout ce qu'il y a de gens qui parlent bien disent filleul et filleule,» - Vaugilis, édit. Cbassang, II, p. 35-37.

FlLOFIE, mot estropié par Marotte, pour philosophie.

Je n'ai pas appris, comme vous, lajilojie dans le Grand Cyre.

Prie, rid., se. 6.

Gibkau. Si vous pensiais que je devisiesme entendre tous ces tintamarres-là, comme vous autres Latiniseurs, dame nanain. Et vous, comme guiebe deharnacheivous votre PhUophief - Cyrano db Bergerac, Le Pédant joue, II, a ; - Cf. Il, 3.

* H. Estienne s'est fait un plaisir de recueillir un certain nombre de mots alors défigurés par les gens de cour eux-mêmes :

«Pour un qui diset physionomie, il y en avet cinq cens qui disoyent les uns phUosomie, les autres phieolomie : et encore bien plus qui , usant de plus grand déguisement , disoyent philonomie ou philomie, ou philonie. Voire qu'aucuns venoyent jusques kfelonnie, qui est un bien dangereux déguisement.» - Deux Dial. du long, franc. -ital.; édit. Liseux, 1. 1, p. 166; - Cf. II, p. 371.

FlLS : MON FILS , terme £ amitié du maître au valet, de la femme au mari, ou Sun ami à un ami.

690 Mascarille, mon fils. — Point. — Fais-moi ce plaisir.

Se pourroitril, mon fils, qu'elle s'oubliât de la sorte. - G. Dand., I, 4.

Ah! ma femme, approchez. . . — Qu'est-ce que c'est donc qu'il y a, mon petit fils? — Mal. imag., I, 6.

Elle m'a fait enrager, mamie. — Doucement, monfiU. — Ibid., ibid.

Mamie, vous êtes toute ma consolation. — Pauvre petit fils!

Ibid., ibid.

S'il vient faute de vous, mon fils, je ne veux plus rester au monde.

Ibid., I, 7.

N"ad vouerez- vous pas, mon fils, que je vous ayme plus que vous ne m'aymez?

DTnrÉ, UAstrée, 161 4; II, p. 46a (Lettre d'Aslrée à Céladon); - Cf. lp., ibid., p. 8â; H, p. 463 et 664.

Tu ne sçais ce que tu dis, Guzman, mon fils, me répondit mon maître.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; III, p. 73; - Cf. h>., ibid., III, p. a là.

Le marchand demeura bien surpris, ce qui luy fit demander au laquais : mon fil», dis-moy, je te prie, comment se nomme ta maistresse?

D'Ou?illb, Contes y 16/16; édit. Jouaust, II, p. 18a.

Hermione alors se tapant, Ayant veu son mary rampant, S'écria, comme une Furie :. . .

Ha ! mon fils, que voua êtes laid !

Richbb, Ovide bouffon, 1669, p. 675.

Par ma foy, cher Baron, il faut voir tout cela. Viens-y tantôt, mon fil», tu verras si j'impose.

Boubsiult, Portrait du peintre, se. a.

Madamb Jérôme. Un carosse doré demande à vous parler. — Moksibuh Jérôme. Un carosse? — Madame Jérôme. Oui, mon fils. - Ghampmeslé, Le Parisien, II, 3.

Madamb Jérôme. Ah I mon fils, que le siècle est rempli de méchants I — Moirsiitm Jérôme. Que Ton est malheureux quand on a des entants! - Id., ibid., II, 6.

FIN , substantif.

i° Terme de philosophie : but, résultat.

Vous voulez peut-être savoir. . . si le bien se réciproque avec la fin? . . . Si la fin nous peut émouvoir par son être réel, ou par son être intentionnel? - Mar. forcé, se. h.

La fin du bienfait est plus considérable que le commencement. - Malh., II, 37.

80 Vous ne détournerez nul être de sa fin. - La Font., II, p. 397 : Fabl., IX, 7.

La fin de la Religion, l'âme des vertus et l'abrégé de la Loy, c'est la charité. Bossuet, Hist. univ., in-&°, 1681, p. s 83; - Cf. Id., ibid., p. 33 1, 558-559.

Qu'appelez-vous fin dernière? — Celle à qui on doit rapporter toutes ses actions et toute sa vie. — Quelle est nostre fin dernière? — Dieu.

Id., Catech. de Meaux, in-ia, 1687, p. 161 ; - Cf. Id., Catech. des Festes, in-ia, 1687; - Âvert., p. 1.

. . . N'imaginant pas dans tous les hommes une autre fin de toutes leurs actions que celle qu'il s'est proposée lui-même toute sa vie. - La Brct. , II, 108.

ù° Conséquence : tfd telle fin que de raison* , terme de procédure.

Il me faut. . . les rendre témoins, h telle fin que de raison, des sujets do chagrin et de ressentiment que leur fille me donne.

G.Dand., I, 3.

Il voit luire la torche ardente A telle fin que de raison.

Scarros, (iiuvr. , Paris , David, 1700; I, «57.

Il s'étoit joint , à telle fin que de raison, k tous ceux qui avoient attaqué D. Juan.

SciBBOif, Œuvr.y Paris, David, 1700; I, 161-169.

Monsieur Nivolet, vous qui savez la procédure, à telle fin que de raison, il faut faire assigner les Comédiens en garantie.

Rbgribd, Ont. de VHom. à b.fort., se. 3.

Fin, adj. pris substantivement.

* Voir t. I, p. ha , Adjectifs employés comme substantifs.

Fin, adjectif.

197 Que t'en semble, Marquis? — Tous ces pas-là sont fins.

Fâch., I, 3.

i357 Ce sont propos d'amours irop fins pour ma boutique.

La Font., VII, p. 88 : L'Eun., IV, 8.

Le peuple n'esloit pas plus/n, et il n'esloit que trop aisé de l'animer.

Bossurr, HisU univ., in-A°, 1681, p. 434.

Gomme la critique en ce temps-là n'estoit pas encore fort fine, il (Mélanch(on) s'apperceût . . . que les copistes ignorans ou peu soigneux avoient attribué aux anciens des ouvrages dont ils n'estoient pas les Auteurs.

Id., Hist. des Var., a in-6°, 1688; l, p. aa3; - Cf. Id., ibid.; I, p. ao3.

* «En ce qui est des mots nouveaux, Ton tient de vrai que l'Académie en a quelquesuns par lesquels elle veut que Ton reconnoisse ses confrères ou agrégés et sectateurs . . . L'on forme à toute heure des mots nouveaux. . . Il faut. . . dire qu'un raisonnement est fin.» - Sobbl, Disc, de V Acad. franc. , i656.

«Fin s'étend encore plus loin que Gnesse. Il n'y a rien de plus commun que de dire : Il en fait le fin, vous avez beau /aire le fin, un esprit fin, un goût fin, un discernement fin, une raillerie fine, un sourire fin, des yeux fins, une taille fine, un cheval jîn.»

Bouhoubs, Ariste et Eugène, a* édit., 1671, p. 11 5.

Fin, dans les locutions comme fin fond, c'est-à-dire V extrême fond ; ou devant un mol qu'il porte au superlatif, comme fin droit.

A 8g Et nous fûmes coucher sur le pays exprès,

C'est-à-dire, mon cher, en fin fond des forêts. - Fâch., II, 6.

Il parle [oui fin droit comme s'il lisoit dans un livre.

M éd. malgré lui, II, 1.

Vous entrantes la fin première

Avec tel éclat de lumière

Que j'en peusay perdre les yeux.

Scarroïi, Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. 388.

A scan i us eut l'avantage . . .

D'arriver tout le fin pretnier.

Id. , Virg. trav., I, p. 69; - Cf. Id., ibid., I. p. 38, 179.

io3 Je le sceus tout des fins première, - Lorit, Muze histor., ao inay i65o.

1 1 3 Monsieur le conseiller Croizy . . . Est constitué prizonnier Dans le fin fond de la Bastille. - Id. , ibid., i5 mars i653.

ut Ledit cheval , heureuzement , . . .

Recula deux pas en ariere Sur le fin bord d'une cariere. - Id. , ibid., 8 novembre i653.

373 Adieu, Princesse belle et sage,

Je suis au fin bout de ma page. - Id., ibid., a octobre i655.

Daphné fut h fine première Qui luy donna dans la vision.

Riches, Ovide bouffon, 1669, p. 5A;- Cf. Id., ibid., p. 5oq, 564.

Etienne vit, toute fine seulette,

Près d'un ruisseau, sa défunte Tiennette. - Li Font. , V, p. 33 1 : Contes, V, 3.

Elles sont toutes fines seules. - Id., VII, p. 45 7 : Coupe enchantée, se. 6. J'ai cru fin fermement qu'on égorgeoit Monsieur. - Poisson, Fem. coq., III, a.

FlN : FAIRE LE FIN.

no4 Mais je ne Von fais pas le fin. — Amph., H, 3.

N'en fais donc point la fine, et vainement ne cache Ce qu'il faut malgré toi que tout le monde sache.

Regiueb, Dial. de Chris et Philis.

1765 Je vous embarrassai : n'en faites point la fine. - Corn., Ment., V, C.

A 66 II faudroit me le dire, et satisfaire les fines. - Id., Andromède, II, 1.

Jouvencelle de Royal sang , . . .

Toutes les grandes héroïnes Dont Grèce et Rome font les fines, En toute leur vie n'ont eu La moitié de vostre vertu.

Scarron, Œuvr., Paris, David, 1700; 1, p. 387.

Votre cœur est d'accord de celte préférence ; N en faites point le fin; il la croit mériter.

Th. Corn., Autour à la mode, V, 8.

Car, voyez-vous , j'ai l'âme la plus ronde

Et ne sais point faire le fin. - Id., L'Inconnu, Nouv. Prol., se. a.

Un phantosme hydeux, que de loin j'entrevoy,

Se plante sur ma porte et bouche mon allée.

Je rienfay point le fin; mon âme en fut troublée.

Le Boulanger de Chalussat, Élomire (Molière) hypocondre, 1670; I, 3.

Je n'en fais point le fin : le nom de sol me choque. - Id., ibid., ibid.

Qu'en dis-tu, Lise? — Moi? sans tant /aire la fine, je le prendrois au mot.

Montflecry, Dame médecin, II, 6;- Cf. Id., ibid., I, 1.

Vous faites tant le fin, que vous en êtes dupe.

Id., Ec. des Filles, I, 5; - Cf. Trigandin, I, 5 ; - Crisp. gentilh., I, 6.

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