FLEURER
A3 ... Perdre ce que l'âge a de fleur et de fruit. - Malh., I, p. 3o.
Les fruits de l'âge mûr joints aux fleurs de l'enfance.
Li Font., IX, p. 139 : Epit. au Prince de Conti.
a 3 Cent autres passions, des sages condamnées, Ont pris comme à l'envi ia fleur de mes années.
h>., IX, p. 186 : Kpît. à M™ delà Sablière.
D (Alexandre) expira dans h fleur de son âge.
Bossuet, Hiet. univ., in- 4°, 1681, p. A97.
Quelle est labeur et l'honneur de l'Eglise Romaine ? — C'est les saintes Vierges.
1d. Catéch. des Festes, in-ia, 1687, p. 119.
Voilà quelle estoit l'Eglise de Strasbourg... environ l'an i537, c'est à dire dans sa force et dans sa fleur. - Id., Hiet. des Var., a in-6°, 1688 ; I, p. a&9.
Fleurer, fleureur.
1 i3 J'y consens; qu'elle coure, aime l'oisiveté,
Et soit des damoiseaux fleurie en liberté. — Ec. des Mar., I, 2.
1746 Arrête. Quoi? tu viens ici mettre ton nez,
Impudent fleureur de cuisine. — Amph. , III, 6.
* Tous nos dictionnaires, depuis i53g, donnent flairer et flaireur, jusqu'en 1669; à cette date , Ant. Oudin , dans ses Recherchée ital. et franc. , donne à la fois flairer et fleurer, dans le même sens de odorare, sentir, puis flair eur ; mais flaireur n'est pas celui qui flaire, c'est l'odeur que Ton flaire. En 1660, Duez, Diction, franç.-ital. , donne flairer, et «fleurer ^our flairer» ; Ant. Oudin, Trésor des deux lang. franc, et esp., donne flairer et fleurer. En 1676, Pomey, en 1677, Gaudin, en 1679, Guy Miège, en 1680, Ricbelet, en i683, Danet, en 1690, Furetière, donnent flairer et n'admettent plus ni flaireur m fleurer. Enfin, en 1696, on lit dans ia première édition du Dictionnaire de l'Académie française :
«Flairer; on prononce ordinairement fleurer, sentir par l'odorat : k Quand les chiens flairent la yianàe; flairez un peu cette rose.» 11 vieillit.
«11 est aussi neutre et signifie exhaler une odeur : «Cela flaire bon.»
a On dit proverbialement et figureraient : « Cela flaire bon.»
Dans sa deuxième édition (1718), l'Académie admet flairer, dans le premier sens de son édition de 1696 , sans répéter que le mot vieillit, et fleurer dans le sens du deuxième et du troisième paragraphe de 169 U : « Cela fleure bon, ce]* fleure comme baume.» De même dans la troisième édition (1760) et dans la quatrième (176a).
L'édition de 1 763 admet flaireur, non plus avec le sens d'odeur, mais avec le sens de parasite. En 1799, l'Académie répète les éditions de 1760 et de 1769 , et elle donne également flaireur ; mais elle ajoute : k II ne se dit que dans ces phrases : flaireur de table, flaireur de cuisine, pour signifier un parasite. U est familier.»
Les éditions de i835 et 1878 répèlent à peu près celles de 1799 (an vu).
Quoy? Avez- vous flairé le rosi?
Voulez-vous estre de la nopee ?
Jean Godyrd, Les Desguisez, 169^1; V, a.
Si tu eslois aussi mordant que tu es reprenant, il n'y auroit crotte dans les champs que tu n'allasses fleurant. -Comte de Cramail, Coméd. des Prov.. I, 7.