‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 362 sur 625 · FLEURETTE · texte numérisé non relu

FLEURETTE

1666. — «Vos fleurs et vos fleurette» ont esté bien reçues, non pas également. Quoyque ces dernières ne sentent rien, elles vous mettent bien plus que les autres en bonne odeur auprès de moy.» - Mohtreuil, Œuvr., 1666, p. 3a 9.

1666. — ail se mit à luy dire plusieurs fleurette» ; mais elle sousrioit à toutes, et ne respondità pas une.» - Furitière, Rom. bourg., édit. de la bibl. elzév., p. 18 A.

1666. — Alcide de Saint-Maurice publie un volume intitulé Fleurs , fleurette* et pastetempt; c'est un recueil de nouvelles dont les unes, plus sérieuses, sont les fleur t, d'autres moins sérieuses, des fleurette» , etc.

Gratis est mort ; plus d'amour sans payer : En beaux louis se content les fleurette».

La Fort., IV, p. 358 : Conte», II, 9.

Le sot esprit, avide de sornettes,

Ainsi que du nectar, engloutit les fleurette».

MoirrrtBUBT, Éc. de» Fille», III, 11.

C'est votre cœur qui donne entrée à h fleurette.

Id., GentUh. de Beauce, III, 8.

Et quand vous débitez les plus douces fleurette»

Pour mieux peindre les maux qu'à plaisir vous vous faites,

Je n'en murmure point. - Th. Cork., Amour à la mode, I, 3.

Et si vous m'en croyez, rendez-lui de bon cœur Fleurette pour fleurette et douceur pour douceur.

Id. , ibid., V, a ; - Cf. Galant doublé, IV, 1 , et V, a ; Geôlier de toi-même, IV, k ; Comte»»» d'Orgueil, III, 3 ; Charme de la Voix, II, a.

A moins qu'on ne lui plaise, et plaise tout de bon, Jamais sur la fleurette il ne régie son ton.

L>., Baron d'Âlbikrac, I, 1 ; - Cf. ibid., I, 3, et 1, 5.

Les pieds sur les chenets, étendu sans façons,

Je pousse h fleurette et conte mes raisons. - Regrabd, Joueur, II, /t.

Pour l'histoire de ce mot , nous noterons ce passage de Somaize , où il représente Hésionide (M11* Hardy) comme «n'ayant de fermeté pour quoy que ce soit que dans l'estime qu'elle a conceue de Grisante (Chapelain) et de Valère (Voilure), et pour les façons de parler qu'elle a mises au jour : . . .«Effrayer un cœur a force de fleurette»», pour dire « surprendre un cœur». - Somaizb, Diction, de» Prêt., 1661 ; bibl. elzév., I, p. n3.

«Tablette, lancette,. . . ne passent point pour des diminutifs dans la langue, non plus que fleurette qui a perdu sa signification propre, et qui n'a plus que celle que la galanterie luy a donnée.» - Bodhours, Aritte et Eugène, 1671; édit. 1673, p. 59.

M. Ed. Fournier, dans ses notes sur le Lotit* d'or, d'Isarn, remarque que, chez les Grecs, on disait dans le même sens p&è* dpetv, parler roses (Abistoph., Le» nuée», II, a). 11 ajoute : «Le Noble a voulu chercher une autre étymologie; il a cru que conter fleurette» , c'étoit compter à celle qu'on aime une somme d'argent, en cette jolie monnoie du temps de Charles VI , sur laquelle étoit marquée une fleur, florette. Il s'est trompé. Voir Lettre» de AT" Dunoyer, 1757, III, p. aa5.» - Variété* littér., bibl. elzév., X, p. aA4.

«Il s'est trompé», dit Ed. Fournier. Évidemment; cependant l'explication plaisante de Le Noble est expliquée elle-même par La Fontaine, comme on l'a vu, puis par Regnard et Dufrény :

En argent bien comptant je conte h fleurette, Et ne prends point garde aux frais.

Foire Saint-Germain, II, 17 t se» a de la Parodie de Lucrèce*

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