FORFANTERIE — FORGER
FORFANTERIE, charlatanerie, fanfaronnade, acte de forfante ou de coquin.
857 Que d'affectation et de forfanterie ! - Tart., III, 2.
Sans découvrir encore au peuple, par nos débats et nos querelles, la forfanterie de notre art. - Am. méd., III, t.
* On trouve dans Nicot (1673), sans traduction latine, le mot forfan, qui reparait sous la même forme, en i663 , dans le Diction, franç.-flam. de L. d'Arsy. Ni Hier. Victor (1616), ni Monet (i636), ni les Diction, franc. -ital. et ital.-franç. de i63û, ni les Diction, de Rime», de i6q6 et de 16/18, ne donnent ce mot, non plus que forfanterie. En i65o, Cotgrave admet non seulement forfante, mais le verbe forfanter, qui ne figure nulle part ailleurs. La même année (1600), Ménage donne Tétymoloeie du mot forfanterie, qu'il tire de forf aire. Forfanterie, cependant, était dans la langue depuis le xyi* siècle, si Ton en croit H. Estienne : * Vous plaist-il pas, suivant votre promesse touchant l'augmentation du nombre des mots que vous permettez d'emprunter du pays d'Italie , mettre quelques autres en avant? — ... Il ne faut pas oublier poltrone, et pour compagnon il luy faut donner forfante. — Vous avez bien raison de les mettre ensemble, car ils ue vont pas souvent l'un sans l'autre. — . : .Quant à forfante, il me souvient de Lazarus Bonamicus, lequel, à Padoue, voulant alléguer un. titre de droit civil qui est De nanti», eauponibu» et ttabulariù, avoit accoutumé de dire : trln quel titolo di tre forfanti.D — Il ne leur faiset point de tort. Mais respondez-moy, s'il vous plaist, si la permission que vous donnez d'user de ces mots de poltron et forfante, vous la donnez aussi de poltronerie et forfanterie t — Faloit-il douter de cela?» - Lang. franc. -ital., édit. Liseux, I, p. 93. — Cf. ci-dessus, p. 336, Faquin. — M. Littré cite des exemples tirés d'Ambroise Paré et de d'Aubigné, mais nous avons vainement cherché sur ses indications. Ni M. Godefroy, ni M. Marty-Laveaux ne l'ont relevé dans Corneille; cependant, dans Y Illusion comique, le Matamore dit à Isabelle :
... On vient ici faire une brouillerie ;
Vous rentrâtes, voyant celle forfanterie. . . - IV, h.
Racine, dans la préface des Plaideur $, parle aussi des forj anterie» des avocats qui plaidaient devant l'Aréopage.
Qui ? ce forfante f
Par Dieu ! Il y perd son attente. - Gué vin, Lee E»bahi», III, 3.
De telles vanteries
Parmi nous autres grands sont des forfanterie».
Th. Corn., Geôlier de toi-même, III, 6.
Je ris avec vous de h forf anterie de ces charlatans.
Bkzançon, Le» Médec. à la cen»ure, 1677, p. 909.
Dans les écrits de Montaigne, de Pétrarque, et de Molière, le distinguo n'est gueres de mise. . . ; ils ont expliqué \a forfanterie de cet art (la médecine) un peu plus nettement que Pline. - Id., ibid., p. a 88.
* Voir dans Mbrcirr, Néologie, in-8°, an ix (1801), p. 375-376, une intéressante anecdote à propos de ce mot forfanterie.
Forger, au figuré.
i4o2 Votre feinte douceur/oryc un amusement.
Pour divertir reflet de mon ressentiment. - D. Gare, IV, 8.