‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 386 sur 625 · FORT — FORT EN GUEULE · texte numérisé non relu

FORT — FORT EN GUEULE

i° Fort, adv.; beaucoup.

55 D'un censeur de plaisirs ai-je fort l'encolure? - LEt., 1,2.

Spinola l'entretient fort, et luy a fait un festin très magnifique.

Malh., III, i35.

6 Elle est, Monsieur, fort à votre service.- La Font., V, p. a 3 a : Conte», III, 9.

Il faut que ceux qui parlent de la sorte n'ayent pas fort lu les anciens.

Dispb. , Disc, tur la Sat.

2° Fort, vite.

i3o6 Ah! de peur de tomber, ne courons pas sïfort. - LEt.> IV, î.

s 1 3 Je crains tant votre mort

Que j'y courrois, et tout de mon plus/ort.

La Fort., IV, p. 671 : Conte*, II, i5.

Joachim Périon ne veut pas que fort vienne du latin; il le tire du grec : «In ingressu et in cœteris rébus, fort solemus dicere : in incessu, ut vous chemines, ou allés trop fort; in precando, Ge vous prie bien fort, in gaudio, Ge suis fort joieus. Hoc nostrum, inquam, a Graeco habuit originem : cÇ>6èpa enim Graci in his aliisque dicendi generibus dicunt : ut o$63pa ga/pa, véhément er gaudeo, itemque in esteris. Ab hoc igilur si primam et ultimam titeram au fera ti s, et r inter d et o interjiciatis, fora, aive phord babebitis. — Ab hoc equidem, Pelrus inquit, nostrum ortum esse, non a Latino, fortiter arbitror.» - Joach. Piaioifii, De linguœ Gallica origine, ejusque cum Grmca cognatione, i556, p. i43b.

Fort et ferme, locution.

On disputera fort et ferme de part et d'autre.

Crit. de ÎÉc. des Fem. , se. 7.

Ma belle-mère la prétendent aussi fort et ferme de son côté.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; m, p. A a A.

Fort en gueule.

i3 Si. . . — Vous êtes, mamie, une fille suivante Un peu trop forte en gueule. - Tari., I, 1.

* Cette expression triviale, qui ne figure dans aucun lexique antérieur a Molière, a été recueillie dans tous ceux qui l'ont suivi, Richelet, Furetière, l'Académie.

Il a voit la bouche bien fendue, ce qui n'est pas un petit avantage pour un homme qui gagne sa vie à clabauder, et dont une des bonnes qualités est d'estre fort en gueule. - Furetibbe, Rom. bourg., p. â.

Taisez-vous. — Dois-je pas. . . — Vous êtes forte en gueule.

Votre langue a passé de nouveau sous la meule ;

Elle est bien affilée. - Th. Cobn., D. Bertr. de Cig., IV, A.

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