FORTUNE
Fortune : '
t i° Fortune, destin, sort.
127 Et comme à m'épouser sa. fortune l'appelle. ..—Éc.des Mar. , I, a.
1611 Voyons quelle fortune en ce jour peut m attendre.
Amph., III, 4.
Le capitaine de ce vaisseau, touché de ma fortune 9 prit amitié pour moi. — L'Av., V, 5.
Il a la science de lire dans les astres h fortune des hommes.
Am. mrf.,lt t.
i 95 1 Vous portâtes soudain la guerre dans la Perse,
Où vous eûtes trois ans h fortune diverse. - Cobh., Héracl., IV, 3.
j - 1 ta a 11 n'est point de fortune à mon bonheur égale. - Rac, Théb., V, A.
609 Vous sortez? — Vous avez entendu sa fortune. - Id.» Ath., II, 7.
* Gomme le remarque très justement M. Génin dans son Lexique de Molière, fortune, dans le sens de richesse, est d'un emploi postérieur à Molière; on n'en trouve pas même d'exemples dans Racine. Richelet, dans son Dictionnaire (1680), donne au mot fortune le sens de bonheur, agrandissement, et cite les phrases suivantes, où, cependant, il semble qu'on pourrait traduire par richesse : «Travailler à faire sa fortune» , D'Ablancoubt; «Un sot et un fripon fera plutôt fortune qu'un habile homme et un honnête homme.»
(D'ÀBL.)
Quelques années plus tard, en 1690, Furetière, parmi les diverses acceptions du mot fortune, admet : «rétablissement, crédit, biens qu'on a acquis par son mente ou par hasard * , c'est-à-dire à peu près le sens moderne.
20 Fortune, risque.
Vous vous réglerez là-dessus à votre fantaisie, et ce sera à vous à prendre h fortune de l'un ou de l'autre choix. — Le Ciel, Ânaxarque, me marquera les deux fortunes qui m'attendent? — Am. magnif., III, 1.
* Dans la première phrase , risque ; dans le seconde , destinée.
Ses voyages sur mer et les fortunes qu'il avoit courues avoient beaucoup diminué de sa vigueur. - Malh., II, p. 48i.
Si j'apportois de la façon à ma lettre, elle courrait /orftiM (risque) de ne vous trouver pas à Paris.
Balzac à Heinsius, dans le vol. des heures de Balzac à Gonrart, liv. V, lett. 90.
Dieu nous gard' de plus grand' fortune!
La Fort., V, p. 509 : Contes, IV, 11.
Si i'estois berger, comme Paris, et que les deux plus belles personnes de l'Europe lussent auprès de vous, elles courroient grande/ortmi* de n'avoir pas la pomme.
Araspe et Simandre, 1679 ; I, p. 70.