FOURBER
Vous vous êtes accordés, Scapin, vous, et mon fils, pour mefourber. — Ma foi, Monsieur, si Scapin \o\is fourbe, je m'en lave les mains.
Fovrb. de Scap., III, 5.
Oui, le vouloir fourber, c'est me couvrir de honte.
Th. Corr., Feint Aetrol., IV, 8; - Cf. Id., ibid., II, a, et V, h.
En f ourlant, quelquefois on se joue à son maître.
Id. , Amour à la mode, II, 8 , III, a , et V, a ; - Cf. D. Bertr. de Cig., III , 1 1 , et V, îa; - Comteue d'Orgueil, II, 10.
FOURBERIE — FOURBISSIME 417
Je sais l'art defourber assez bien, Dieu merci.
Quinault, Mère coquette, II, 6.
A mvfourber aussi le trailrc veut l'instruire. - Baron, L'Andrienne, I, i.
Depuis que, dans ce siècle où règne l'artifice,
Les femmes kfourber ont trouvé des appas,
J'en ai vu punir cent qui ne te valoient pas. - Champmeslk, Le Parisien, V, 1.
* Voir Fourbe , fourberie.
Fourberie.
J'ai sans doute reçu du Ciel uu génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies.
Fourb. de Scap., I, a.
La finesse est l'occasion prochaine de la fourberie; de l'un à l'autre, le pas est glissant; le mensonge seul en fait la différence; si on l'ajoute à la (inesse, c'est fourberie. - La Brut., I, p. a 3 3.
On ne trouve dans sa sixième Lettre (de Jurieu) que les ignominies de ce prélat (Bossu et); ses vaines déclamations avec les comédies qu'il donne au public; et, quand le stilc s'élève, ses fourberies, ses friponneries, son mauvais cœur, son esprit mal fait. . . - Bossuet, Avert. aux Protest., in-&°, 1689-1691; YI, S 1, p. 660.
♦ Le titre des Fourberies de Scapin a propagé ce mot.
« Fourbe, fourberie. Plusieurs personnes se servent de ces deux mots indifféremment, et nous en avions des exemples dans nos bons Autheurs. . . M. de Voiture néantmoins, écrivant à M. Gostar sur ces deux mots, luy mande qu'ils se disent avec quelque diversité de significations : et, en effet, fourberie ne se dit point de la mauvaise foi en gênerai, et fourbe de l'action de mauvaise foy en particulier : a C'est une fourbe que cela», et non «C'est une fourberies. — «La fourberie est un grand vice, et non \h fourbe.* Enfin, fourberie ne marqueroit-il point le vice, et fourbe l'action du vice? C'est ce que nous laissons à juger. n - Andry de Boiregard, Réfl. sur l'usage prés, de la lang. franc., 169a, p. 9 33.
Ch. Nodier est d'un avis opposé ; il nous parait qu'il a tort.
«cil falloit peut-être conserver le vieux mot fourbe, qui n'a pas tout à fait le même sens que fourberie. Foui-berie indique une action déterminée, et fourbe un penchant ou vice habituel. n - Ch. Nodier, Exam. crit. des Diction., p. 182.
Voir Fourbe et fourber.
FOURBISSIME, superl. déforme latine de fourbe.
612 Mascarille est un fourbe, et fourbe fourbissime. - LÉu> II, 4.
Je sçay que vous estes un gueux
Fort fourbe. . . — Fourbe 1 — Fourbissime.
Poisson, Le Zig-Zag, se. 6.
iarua*ua atriums.