GARDE
Cette pièce fut mon coup d'essai, et elle n'a gardé d'être dans les règles, puisque je ne savois pas alors qu'il y en eût. - Coin. , Examen de Métite.
Mais si vous vous trompex ? — Je n'ai garde.
Th. Cors., Comt. d?Org., IV, 10; - Cf. Berg. extrav., II, 5.
Cette passionnée d'une manière si bizarre, n'avoit garde d'avoir des progrez qui luy fussent fort dissemblables.
Sbgbais, Nouv. franc., 16 56; 1" Nouv., p. 77; - Cf. Id., ibid.; î™ Noue., p. 181; 3- Nouv., p. 64.
Conte-moi cette intrigue. — Ah ! vraiment , je n'ai garde.
Quinault, Amant indiscret, IV, 6.
J'ai rencontré Lidame au lieu de ma maîtresse.
— Et vous n'avez eu garde aussitôt de manquer
De conter votre chance et de vous expliquer. - Id. , ibid. , IV, 1 3.
Élomire (Molière) n'arot'J garde de faire parler Arnolphe comme il devoit, puisque si Horace eust cessé de voir Agnès (dans Y Ecole de* Femmes), la pièce eust pu finir des le premier acte. - Zélinde, 166 3, se. 6.
Que Ton ne m'échauffe pas trop ! — On n'a (tarde.
Di Vjllibhs, Veng. des Marquis, 166&, se. 3.
Le monde , ne connoissant pas le véritable mérite , n'a garde de le récompenser.
La Roche/., I, p. 98 : rar.
Je serois ravi de pouvoir vous croire; mais je n'ai garde.
ID., III, p. 33 3-933.
Vous prenez contre moi son parti? — Je n'ai garde.
MoftTFLiuaY, Trigaudin, V, 5.
Mais sans moi , je ne veux nullement qu'elle sorte.
— Vraiment elle n'a garde. Allez, ne craignez rien.
Poisson, Foux divert., I, 3.
Dieu, qui les avoit faits (les hommes) à son image, n'a voit garde de les mépriser.
Bossuit, Hist. univ., in-6°, 1681, p. 386.
Cette musique généreuse dont les nobles accords élèvent l'esprit et le coeur, les Égyptiens n'avoient garde de la mépriser.
Id., ibid. y p. 66 1 ; - Cf. ibid., p. 69; - Confér. avec M. Claude, in-13 , 1683 , p. 306; - Avert. aux Protest., in-69, 1689-1691 ; V, S 56, p. 636.
On n'est peut-être pas sujet au changement en France ? — Oh ! l'on n'a garde»
Rbgnard, Filles err., II, 3; - Cf. Id., Sérénade, se. 3.
Garde : se donner de garde, prendre garde.
1276 Je venois l'avertir de se donner de garde. - L'Él., IV, i. Donnez-vous-en bien de garde. Seigneur. — Prine. d7?/., III, 2.
Y a-t-il rien de plus sot que ces grands badauts d'amoureux, qui ne font que pleurer pour une vétille, et a qui les mains démangent si fort, qu'ils ne parlent que de mourir et de se tuer? Ils se donnent bien de garde d'en rien faire cependant . . . Et s'il n'y a personne sur le Théâtre pour les en empêcher, ils se donnent bien la patience de prononcer une cinquantaine de vers, en attendant que quelqu'un les saisisse par derrière et leur ôle leur poignard.
L'abbé de La Mothe Le Vayer, Le Parasite Mormon, dans Sallengbi, Hist. de P. de Montmaur, 3 in-8°, 171 5; II, p. 378-379.