‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 428 sur 625 · GARDE — GARDE-MEUBLE · texte numérisé non relu

GARDE — GARDE-MEUBLE

On ne datte pas trop les lettres de celte nature-là; maïs quand c'eust esté la coustume, Montalban s en fust bien donné de gardé, ou il l'auroit pour le moins antidattée de six mois.

Ssohais, Nouv. franc., i656; 3* Nouv., p. &3-&A; - Cf. 6* Nouv., p. 56.

II exhortait les fidèles à $e bien donner de garde d'aller invoquer Dieu dans l'église de Port-Royal. - Rie, IV, p. h*]* : Port-Royal.

Si on ne $e donne de garde des vices. - Id., VI, p. 3o3 : iÂvree annotée.

Donnez-vous de garde des faux Christs et des faux Prophètes.

Bossuet, Hist. univ., in-6°, j68î, p. 3 a 8.

Garde : prendre garde que. . .

i&36 Prenez garde quau moins cette noble colère Dans la même fierté jusqu'au bout persévère.

D. Gare., IV, 8.

Vous ne vous prenez pas garde que vous baillez, un exemple qui peut tourner à votre préjudice. - Malh., II, p. a 8a : Trad. dee Epttr. de Sén.

Malhilde, prenant garde çu'Anselme révoit profondément, luy demanda s'il faisoit l'horoscope de la promenade. Cette expression fît rire toute la compagnie.

M11* de Scudery, Mathilde , 1667, p. h'].

1061 Prendt garde que jamais l'astre qui nous éclaire

Ne te voie en ces lieux mettre un pied téméraire. - Rac, Phèdre, IV, a.

Garde-meuble.

Je m'en ressouviendrai, Madame, aussi bien que de votre grenier, qu'il faut appeler garde-meuble. — Escarb., se. a.

# Le premier dictionnaire où se trouve le mot f garde-meuble est le Dictionnaire de Richelet (1680); mais il existait dans la langue. VEtat de la France pour i658 classe parmi les officiers de la chambre un garde-meuble et concierge, chargé du garde-meuble (p. «1 1). Celui de 1659 admet (p. 168) : i° un garde-meuble; a° un garde-meuble du cabinet et joyaux. Celui de i665 (p. io3) : i° un garde-meuble de la Couronne, le sieur Guillain, aux gages de a, 000 livres; 9° un contrôleur des meubles de la Couronne, le sieur du May, 1,800 livres; 3° un garde-meuble des meubles meublants, le sieur Devisé; h* d'autres garde-meubles. Celui de 1669 parle (p. 106): i° du garde général des meubles de la Couronne, M. Louis le Cosquino, a, 000 livres; a° de trois garçons du garde-meuble, deux portefaix et un concierge; 3° d'un contrôleur général (le sieur du May); 6° du garde-meuble des meubles meublants ( le sieur Devisé); 5° d'autres garde-meublee .

On le voit , le mot garde-meuble désigne tantôt l'officier, tantôt le local du garde-meuble,

«Le garde-meuble du Roy, dit Furetière, est la chose la plus magnifique qui soit au monde. »

L'auteur du dictionnaire intitulé Explication des termes d'architecture donne du gardemeuble une définition qui fait comprendre Terreur d'Andrée : «Garde-meuble, c'est, dans une maison, une grande pièce ou galerie, le plus souvent dans le comble, où l'on serre lea meubles de l'été pendant l'hyver et ceux de l'hyver pendant l'été.»

garde-robe — garder de 463

Garde-robe.

Tenez encore ce manchon,. . . et portez-le dans ma garde-robe. Hé bien, où va-t-clle?. . . — Je veux, Madame,. . . porter cela aux garderobes. . . — Je vous ai dit ma garde-robe, grosse bête, c'est-à-dire où sont mes habits. — Est-ce, Madame, qu'à la Cour une armoire s'appelle une garde-robe? — Oui, butorde, on appelle ainsi le lieu où l'on met les habits. — Escarb., se. 2.

Tenfermois votre manchon et vos coëffes dans votre armoi. . . , dis-je, dans votre garde-robe. — Ibid. , se. 2 .

Il appella fort haut le petit Meril, car, pour le servir, il estoit couché à une garde-robe fort proche. - D'Uaré, L'Astrée, 161 A; I, p. h*]*.

11 retint ses plaintes jusques à ce qu'il eust commandé à ce jeune homme et à moy de nous retirer en sa garderobbe, attendant qu'il nous appeilasl.

Id. , ibid. y II, p. 696 ; - Cf. Id., ibid., I, p. 38o\

Sabine, l'instrument de tout ce meschef, estoit couchée dans une garde-robe, plus au-delà que la chambre de son maistre, pour estre près de luy s'il eust eu besoin de quelque chose. - Chapelain, Trad. de Guzm. d*Alfar., i63o; III, p. 28a.

Elle luy donne la main , et de cette chambre le fit passer dans une garde-robe où il n'y avoit qu'une bougie allumée.

Séchais, Nom. franc., i656; a* Nouv., p. 37A; - Cf. Id., ibid., p. 377.

11 n'avoit pas voulu entrer dans sa chambre, de peur d'estre entendu par un soldat qui couchoit dans sa garde-robbe. - MUa di Scudibt, Mathilde, 1667, p. 683.

Je ne suis pas d'avis, n'étant pas courtisan, De mettre sur mon dos le revenu d'un an, Ni que vous prétendiei , ayant plus d'une robe, Des sottises du temps faire une garde-robe.

MozfTFLiDBT, Femme juge et partie, III, 9.

Certaine bourgeoise que je . . . conduis par votre ordre jusqu'au petit degré qui rend à votre garde-robe. - Hadtbbochi, Le Cocher, se. 3.

Avez-vous déjà été à la garde-robe f - Richard, Divorce, 1,5.

* Le mot de garde-robe est dans la langue de toute antiquité, et on le trouve dans tous les dictionnaires depuis i53g, pour désigner une chambre, un cabinet où l'on gardait les habits; si Andrée ne comprend pas la Comtesse, c'est que celle-ci applique à une simple armoire le nom ambitieux de garde-robe.

Quand Andrée parle des garde-robee , c'est qu'elle veut porter le manchon de la Comtesse dans le cabinet où, à défaut de latrines, on avait la selle percée, dite aussi chaire ou chaise d'affaires.

Chei le Roi, il y avait un maître et quatre valets de garde-robe, chargés des habits, et deux porteurs de chaises d'affaires pour les garde-robes ou la garde-robe : on disait l'un et l'autre.

GARDER DE ou QUE. . ., se garder de. . ., prendre garde de. . . ou que. . .

1 o Par la corbleu 1 gardez (f échauffer trop ma bile. - Sgan. , se. 1 .

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