‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 433 sur 625 · GÂTER — GAUCHIR · texte numérisé non relu

GÂTER — GAUCHIR

Et si vous eussiez ajouté

A la brûlure un coup de flèche,

Ha ! par ma foy, j'estois gaeti.

Scamion , OÉuvr.y 1706; I, p. 161 ; - Cf. Id., ibid., 1, p. 391 ; - Virg. trav., Épttr. dédie, du liv. V, p. 3.

Quel est ce Philippin ? — Le valet de Gléandrc.

— Je suis gâté sans doute; on lui va tout apprendre.

Quhiault, Amant indUeret, II, A ; - Cf. Id., ibid., II, 9.

38 Voilà mon Loup par terre,

Mal en point, sanglant et gâté.

La Fort., III, p. 395 : FabL, XII, 17.

11 y a des gens dont tout le mérite consiste à dire et à faire des sottises utilement, et qui gâteroient tout s'ils changement. - La Rochip., I, p. 94.

Voyez , diroit-on pas que j'ai l'esprit gâté? - Moittflidht , Dupe de toi-même , 1 , t .

C'est un homme gâté, Monsieur, s'il se marie. - Id., Trigaudin, I, 1.

Gâter , corrompre , détériorer, au physique ou au moral.

1335 Je veux être pendu, si nous ne les verrions

Sauter à notre cou plus que nous ne voudrions,

Sans tous ces vils devoirs dont la plupart des hommes

Les gâtent tous les jours dans le siècle où nous sommes.

Dép. am.y IV, 2.

(Ces fontaines) dont les conduites souterraines

Passent par un plomb si gâté,

Que toujours ayant quelque tare ,

Au même temps qu'on les répare,

L'eau s'enfuit d'un autre côté. - Malh., I, p. 91&.

3o6 Elle lui fit quelque peu de caresse

Et ne craignit de gâter ses appas. - La Font. , V, p. 57 : Conte*, III, 9.

Nous sommes tous maudits dans nostre principe ; nostre naissance est gastée et infectée dans sa source.

Bossuet, Hitt. univ. , in-A°, 1 68 1 , p. 1 70 ; - Cf. Id. , ibid. , p. 170, 180, 657, 699.

L'esprit gatté a bientôt corrompu le cœur.

Id., Hitt. des Var., 9 in- 6°, 1688 ; II, p. 669; - Cf. Id., ibid., p. 539.

Les enfants. . . ne se gâtent pas inoins par des peines mal ordonnées que par l'impunité. - La Bhut., II, p. 99.

* <r Détruire, gâter. . . sont devenus de beaux mots en devenant métaphoriques : ses réflexions gâtent ses premières pensées ; . » . laissez-moy faire , je ne gdteray rien. »

Le P. Bouhoubs, Aritte et Eugène, 9a édit., 1671, p. ia4-i a5.

GAUCHIR, fléchir, se détourner, se dérober, et par suite reculer, fuir, éviter.

821 Notre sort ne dépend que de sa seule tête; De ce qu'elle s'y met rien ue la fait gauchir.

Ëc. des Fan., III, 3.

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