‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 435 sur 625 · GAUSSER (SE) DE · texte numérisé non relu

GAUSSER (SE) DE

Est-ce ainsi, sales gàpes, que l'on ferme l'huys à celuy qui vous a rachetées de misères? - Larhiyet, Les Tromperies, 1611.

Or remarquez quel je puis estre, que ceste gaupe s'amouracha de ma personne, et voulut vivre à pot et à rost avec moy.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; II, p. ia-i 3.

Parques, vous avez fait des vôtres!

Celui qui valoit tous les autres, Que j'avois moi-même eslevé , Vous me l'avez donc enlevé !

Vieilles gaupes, vieilles barbares. . .

ScABBOif, OEuvr,, Paris, M. David, 1700; I, p. /197; - (Relat. . . sur la mort de Voiture); - Cf. Virg. trav.y 1705; t. II, p. 70, i56-i57.

Une vieille gaupe de servante, qui estoit notre cuisinière, paroit et nous sert pour entremets un plat véritablement digne d'elle; c'était un «Noli me tangere», tant il faisoit mal au cœur.

Lettr. à Polyanthe, dans Sallergbk, Hist. de P. de Montmaur, 9 in-8°, 1715 ; II, p. 45.

. . . D'une trogne des plus gaupes

11 fut au royaume des taupes. - Ricbeb, Ovide bouffon, 1669, p. 5ao.

Cette peau d'âne est une noire taupe ,

Plus vilaine encore et plus gaupe. - Perbault, Contes : Peau-d'Âne.

Que dis-tu? — Rien. — Sais-tu si Monsieur me demande? S'il n'a point à traiter quelque gaupe friande Qui viendra sans raison censurer chaque mets ?

Hauteboche, Crisp, music., I, 6.

* M. Littré a trouvé le mot employé par Guy de Cholières (i586). Cependant il ne figure dans aucun dictionnaire , excepté dans les Diction, des Rimes de 1 596 et 169a , où il est accompagné des verbes tï gaupe, il regaupe; <r gaupe, c'est une gaupe, c'.-à-d. vilaine, mal conditionnée; tï gaupe, il fait le vilain, le sot». On ne le retrouve plus que dans Cotgrave (1 63a , i65o), dans Borel, v° Gaupinet, dans le Diction. françAtal. de Duez (1671), puis dans tous les dictionnaires postérieurs à Molière : Furetière, l'Académie, mais non Richelet.

Le patois normand a le mot gaupailler, que M. Duménil tire (comme toujours) de l'islandais. Le mot nous parait plutôt venir du mot d'argot gouêpe ou gouape que Ton trouve dans le patois normand, arrondissement de Valognes, dans le sens de viveur, débauché, paresseux : comme la gouape ou gouêpe (vaspa). Le patois normand emploie aussi le mot gaupe, d'où il fait gauper : comme elle est gaupéel c'est-à-dire dans le sens de gaupe tel que le définit Furetière, «r comme elle est vêtue mal et sans goût». Le comte Jaubert ne l'a pas noté dans son Glossaire du Centre de la France; mais M. de Chambure l'a relevé dans le Mon an et dans la Suisse romande.

GAUSSER (Se) DE. . ., se moquer de. . .

i6A5 Sans doute. — Et nous voyons que d'un homme on se gausse, Quand sa femme chez lui porte le haut-dè-chausse.

Fem. sav.9 V, 3.

Ha! glouton, tu te gosses! - Labriykt, Le Laquais, il, 9.

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