‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 482 sur 625 · GUINDER · texte numérisé non relu

GUINDER

Il est bien plus aisé de se guinder sur de grands sentiments, de braver en vers la Fortune, accuser les Destins, et dire des injures aux Dieux, que d'entrer comme il faut dans le ridicule des hommes.

Crit. de VÉc. des Fem., se. 6.

G35 II est guindé sans cesse, et dans tous ses propos,

On voit qu'il se travaille à dire de bons mots. - Misan th., 11, 4.

81 Je le tiendrois fort misérable

S'il ne quittoit jamais sa mine redoutable,

Et qu'au faite des cieux il fût tousjours guindé. - Amph. , Prol.

Au figuré :

«r Comme les vers d'Horace ont quelque chose de plus net et de moins guindé pour les pensées que ceux du Cid, on peut dire que ceux de cette pièce ont quelque chose de plus achevé que ceux d'Horace.* - Conii., Examen de Cinna.

Si j'osois donc , sur Parnasse guindé, Faire un poème intitulé Condé, Que je ferois faire aux races futures Signes de croix dessus vos aventures !

Scarbox , Œuvr. , Paris , David , 1 7 00 ; l , p. a h a-9 h 3 ; - Cf. Id., I, p. 96.

II (Horace) parle en vers comme nous parlerions en prose,. . . bien éloigné sans doute des métaphores guindée* d'un poète qui monte sur des échasses pour se faire voir. - Cous, Critiq. détinter. , 1666; Nouv. Coll. moliér., p. hh-hro.

Vous me dépeignez fort bien ce bel esprit guindé; je ne l'aimerois pas mieux que vous. - Sév., Lettr. à Mm' de Orignan, 6 avril 1679.

Et laisse! à l'écart les discours trop guindée . . .

Moxtfleurt, Dupe de toi-même, 1, 1 ; - Cf. Ambigu corn., 1" interm. , se. a.

11 fait l'amant d'extase, et, cachant son esprit, Se sert de mots guindez en tout ce qu'il luy dit.

Hauterocrr, Bourg, de quai, 1,9.

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