‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 527 sur 625 · IMAGINAIRE — IMAGINATION · texte numérisé non relu

IMAGINAIRE — IMAGINATION

Vous pensiez peut estre que, dans notre famille, il n'y ait eu que le défunt qui ait aspiré à la qualité d'illustre; toute la race en tient.

Montbbuil, CEuvr., 1666, p. ao6-ao5 : A Ménage.

Le rabat fut déclaré bien fait au seul nom de cette illustre; je dis illustre, et ne vous en estonnez pas, car le siècle est si fertile en illustres, qu'il y en a qui ont acquis ce titre à faire des mouches.

Furbtikre, Rom. bourg., bibl. Jannet- Picard, I, p. 5i.

On luy permit aussi de voir le beau monde, de faire des visites dans les beam réduits , et de se meslcr en des compagnies d'illustres et de prétieuses.

Id., ibid., I, p. 1 1 1 ; - Cf. 1d. , ibid. , 1, p. 45.

L'on n'est pas malheureux , Monsieur, quand on peut réunir deux illustres.

Regnard, Divorce, I, 8 ; - Cf. Id., Joueur, V, a.

IMAGINAIRE, qui n'existe que dans l'imagination.

fLe Malade imaginaire r>, titre d'une Comédie.

Cette imagination est imaginaire, s'il en fut jamais. - Malb., IV, p. 3 10.

Monsieur, je ne puis donner que des remèdes feints à un tourment imaginaire comme le vostre. - Le Courtisan par/., in-3a, 1660, p. i56 (Lett. de compL).

Madame, quand les maux ne sont qu'imaginaires , Tant de précautions ne sont pas nécessaires.

Montpleuby, Dame médecin, IV, 6.

IMAGINATION, idée, invention d'esprit.

J'ai résolu de jouer un tour de ma tête. — Comment? — C'est une imagination burlesque. - Mal. imag., III, 2.

De tout temps il s'est glissé parmi les hommes de belles imaginations, que nous aimons à croire, parce qu'elles nous flattent. —Ibid., III, 3.

Cette imagination est imaginaire, s'il en fut jamais. - Malh., IV, p. 3 10.

11 faut avoir la teste bien creuse et les imaginations bien esgarées pour faire de semblables conséquences.

Le P. Garasse, Rech. des Rech. de M' Est. Pasquier, 16a 9, p. 589.

J'ay veu quelqu'un d'eux (les partisans de la nouvelle poésie) rabrouer, voire vu prose, cette phrase : 1/ est question, tant ils sont friands; et, de plus, rabrouer, en poésie, ce terme incoidpable , leur douceur ne pouvant rien souffrir de moins sucré pour ce regard que le terme innocent. Toutefois, pourquoy ce mot-là se plaindroit-il d'être rabroué de ces bouches, puisqu'elles rabrouent tout d'un train imaginations et conceptions pour faire place au seul mot pensées? . . .

M,u de Golrnay, L'Ombre, 1637, p. 959.

Ces imaginations me conduisirent jusqu'au droit de Saint-Lazare.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; 111, p. 45 1.

J'avois peur. . . que vous ne me disiez que ce fussent imaginations, et que, par ce moyon, je voulusse décrier votre maison.

D'Où ville, Contes, 1666; édit. Jouaust, H, p. 936.

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