DERNIER
Ah! mon père,. . . n'allez point pousser les choses dans les dernières violences du pouvoir paternel. - L'Âv., V, 4.
Quant au vôtre, bien qu'avare au dernier degré, il y faudra moins de façons encore. - Fourb. de Scap., II, k.
Trois se croyoient par vous heureux au dernier point.
Bois-Robert, Folle Gag., IV, 11.
Timée. . . est enclin à reprendre les vices des autres. . . , et si curieux au reste d'étaler de nouvelles pensées , que cela le fait tomber souvent dans la dernière puérilité. - Despr., Trad. de Longitt, chap. ni.
C'est là où vous verrez la dernière bénignité de la conduite de nos Pères.
Pascal, Provinciale t.
Le conseil de Vienne. . . faisoit les dernière efforts pour appaiser le Visir.
Rac, Notée histor.
Voilà un grand sorcier, que de juger d'une comédie quand on Ta vue. . . «Il faut faire comme moi, qui la trouve détestable, et, morbleu du dernier détestable, sans en avoir vu la moindre chose.»
Baron, Rendez-vout des Tuileries, Prol., se. 11.
Dès le temps qu'on dressa la Confession d'Ausbourg, il (Osiander) avoit fait les dernière efforts pour faire embrasser cette prodigieuse doctrine par tout le parti (protestant).
Bossu et, HUt. dee Var., a in-40, 1688, I, p. 463; - Cf. Id., Hiet. unit,, in-4°, 1681, p. 9^,377-378, /iia-ûi3, 5 16, &*3-bûli \ - Catéch. de Meaux, in-ia, 1687, p. 69; - Hiet. dee Var., I, p. 8, t\ 60; - Avert. aux Proteet. ,in-û°, 1689- 1691, III, S 3a, p. aâ3; V, S ai, p. 333; V, S a6, p. 358; VI, S 1, p. 46o, etc.
Je ne vous dis point. . . si j'ai la dernière application pour sa santé. - Sev.
Je suis dans la dernière confusion, d'avoir si mal profité de l'honneur de votre visite. - Rbgnard, Coquette, II, 12.
Est-ce que Ton se marie pour coucher avec un homme? Fi! cela est du dernier bourgeois. - Id., Divorce, III, 6.
N'est-il pas du dernier bourgeois, de marier plus d'une fille dans une maison?
Id., Hom. à b.fort., I, 6.
* «Il faut prendre garde que, dans le langage prelieux, le mot de dernier a plusieurs significations, comme vous allez voir dans les exemples que je vous en vais donner. 11 signifie tantost grand, comme Ton voit dans cette phrase : Je voue en ay la dernière obligation; tantost il signifie tout à fait, comme Ton peut voir par cet exemple : Cela eut du dernier galand, pour dire tout à fait galand. Et enfin, il signifie première. J'ay cru que cet advis es toit nécessaire , puisque ce mot a jusques icy embarrassé plusieurs personnes. Quelquesuns tiennent que c'est un des plus anciens mots de la langue pretieuse, quoyqu'il y en ait !>eaucoup d'autres qui luy disputent.» - Somaize, Le Gr. Diction, dee Prétietises,y° Grand.
Déjà, avant Somaize, Sorel, dans les Loix de la Galanterie (16AA) et dans son Dite, eur PAcad.fr. (i656), avait noté, comme nouveau, l'emploi de dernier dans cette locution : c Cette affaire est de la dernière conséquence. »
En 1671, Sorel revient sur ce mot : «Pour les choses, dit-il, qui sont de la dernière conséquence, il faut prendre garde que Ton use diversement du mot de dernière. On entend quelquefois par ce mol le superlatif, et ce qui est dans l'extrémité pour être im-
58 DÉROBER — DÉSAMPHITRYONNER
portant, comme quand on dit : C'est une affaire de la dernière conséquence. Mais si Ton disoit de quelqu'un : C'est un homme de la dernière condition, alors on mettrait cet homme dans l'extrême bassesse.» - Soml, Connoies. des lie,, 1671, p. 386.
Dernier : avoir le dernier.
i359 N'ayez pas le dernier. — Tenez bon jusqu'au bout.
Dép. am.y IV, 3.
* D semble que Gros-René, qui veut exciter Eraste dans sa querelle avec Ludle comme Marinette excite celle-ci , dise le contraire de ce qu'il veut dire. Avoir le dernier, c'est-àdire le dernier mot, c'est parler le dernier; n'avoir pae le dernier, c'est donc laisser la parole à l'adversaire, c'est céder. Aucun dictionnaire n'autorise le sens contraire, et le langage de Gros-René nous parait inexplicable.
DÉROBER , avec un nom de personne pour complément direct.
Pour aller ainsi vêtu, il faut bien que vous me dérobiez.
UAv.y I, h.
Dans ce jeu du bal, je vous ay detrobee. - D'Uiri, L'Attree, 161 A, 1, p. a fi 7'.
Dérober (Se) d'auprès de. . .
Il yous dira que. . . durant qu'il dormoit, je me suis dérobée d auprès de lui pour m'en aller courir. - G. Dand., III, 7.
* D'ordinaire on disait simplement se dérober de. . .
Je me deerobay de luy le plus secrettement qu'il me fut possible.
D'Uars, ISA$tr*e, 161 h, II, p. 908.
Le jeune Prince Sanche. . . $e dérobe de ses parents. - Corn., Arg. de D. Sanche.
65 1 II «s déroba d'elle, ou plutôt prit la fuite. - Id., Œdipe, II, 3.
Elle ne put pas pourtant les voir ensemble. . ., car Lucinde «s déroba d'elle.
Mu' di Scudbbt, Mathilde, 1667, p. 137.
DÈS, de.
399 Je m'en vais réparer l'erreur que j'ai commise,
Et dès ce même pas rompre mon entreprise. - L'Ét., 1,8.
DÉSAMPHITRYONNER.
1860 Et l'on me des-Sosie enfin
Gomme on vous dés-Amphitryonne. - Amph., III, 7.
* C'est là un de ces verbes comme les auteurs comiques en ont forgé beaucoup : Déeembaiconner, Scabboh, La Faune Apparence, II, S; Démarauder, Th. Cour., Comte*$e d'Or-