IMPOSTEUR — IMPRESSION
En 1677, le P. Gaudiu donne le même sens : ^Imposer à quelqu'un, le tromper, alicui imponere.r» On voit de plus qu'il donne le mot lat. équivalent. Guy Miège (1679), Richelet (1680), Danet (i683), Furetière (1690) enregistrent le même sens.
Quant à l'Académie, les trois premières éditions (169a, 1718 et 17/10) admettent «imposer à quelqu'un, le tromper; impo$er, absolument, mentir.» Mais la 4e édit. (1763) décide que «pour dire tromper, abuser, il faut toujours dire en imposer et non imposer». La 5' édit. (an vu, 1799) répète la quatrième.
La 6* édit. (1 835 ) s'exprime ainsi : tx Imposer, absol., inspirer du respect. . . En imposer a été pris souvent dans le sens précédent ; mais il signifie plus exactement tromper, abuser, surprendre, en faire accroire.» — La 7* édit. répète la sixième.
Dans redit, de 1769 des Synonymes jranç. de l'abbé Girard, revue par Bcauzéc et publiée, par conséquent, après la A8 édit. de l'Académie française, il n'est fait aucune distinction entre imposer et en imposer; le mot même ne s'y trouve pas. On peut donc se demander sur quoi l'Académie française s'est appuyée, en 176a , pour renier tout le passé, toutes les traditions de la langue française, et même de la langue latine, où Quintilien emploie imponere alicui, pour «décevoir quelqu'un», d'après la traduction du Diction, lat.-fr. de Rob. Eslienne (i53j). — Le P. Gaudin a même relevé cette expression dans Cicéron.
Imposteur, trompeur.
1890 Regarde, Amphitryon, quel est ton imposteur.
Amph., III, 10.
1 7 Mais ce flatteur espoir qu'il rejette en mon éme
N'est qu'un doux imposteur qu'autorise ma flamme. - Corn., Milite, I, 1.
Vous avez secondé les soins d'un imposteur.
Moktflburt, Dame médecin, V, 10.
i3aâ Ces festons, où nos noms enlacés l'un dans l'autre A mes tristes regards viennent partout s'offrir, Sont autant d'imposteurs que je ne puis souffrir. - Rac, Bérén., V, 5.
* La première édition du Tartuffe (1669) porte : V Imposteur ou le Tartuffe.» Des contrefaçons de la même année, les unes reproduisent ce titre, les autres portent : Tartuffe ou V Imposteur. Les éditions de 168 a et 1710 n'ont d'autre titre que Y Imposteur.
Le mot vient clairement (Timponere, imposer, d'où impostor.
IMPRESSION, empreinte, terme d'astrologie.
Transformer tout en or. . ., faire descendre, comme on veut, du Ciel sur des métaux des impressions de bonheur, commander aux démons. . . : tout cela est charmant sans doute. - Am. magnif., III, 1.
* Ces empreintes qui doivent assurer le bonheur s'obtiennent par l'intervention soit des démons ou esprits supérieurs, soit d'un ouvrier.
«Un talisman ordinaire, dit Collin de Plancy, est le sceau, la figure, le caractère ou l'image d'un signe céleste, faite, imprimée, gravée ou ciselée sur une pierre par un ouvrier qui ait l'esprit arrêté et attaché à l'ouvrage , sans être distrait ou dissipé par des pensées étrangères, au jour et à l'heure de la planète, en un lieu fortuné, par un temps beau et