INDIENNE — INDIGENCE
C'est à dire que c'est un signe indicatif
Que vous êtes le fruit de quelque amour furtif,
Montflbdrt, Crisp. gentilh., II, g.
Pendant qu'elle (Madeleine) s'occupe à punir le forfait
De son temps prétérit, qui ne fut qu'imparfait,
Temps de qui le futur réparera les pertes
Par tant d'afflictions et de peines souffertes,
Et le présent est tel que c'est Vindicatif
D'un amour qui s'en va jusqu'à l'infinitif.
Puis, par un optatif: Ah! plût à Dieu, dit-elle. . .
P. de Vauréas, en religion P. de Sai.it-Louis, La Magdeleine, II, p. 63-46.
INDIENNE, robe de chambre à la manière des Indiens, en étoffe dite indienne.
Je me suis fait faire cette itutienne-ci. - Bourg. gent.> I, 3.
95 En indiennet, en écrans,
En des montres d'or et cadrans. - Lorbt, Muze histor., 3 mars i658.
1 96 Plus de quarante millions De richesses orientales, De perles, de rubis, d'opales, D'indiennes de fort haut prix. - Id., ibid., 3 septembre 1661.
* Ce mot, que l'on chercherait vainement dans les dictionnaires antérieurs à Richelet (1680) ou dans les diverses éditions de l'Académie avant la h* édit. (176a), n'avait pas alors un sens bien précis.
Pour Richelet (1680), c'est «une toile sur laquelle on imprime des figures, des fleure et autres agréments, et qui sert à faire des robes de chambre».
Pour Furetière (1690), Y indienne est une trrobbe de chambre à la manière des Indiens,
3ui est venue à la mode, soit qu'elle soit seulement taillée à la manière des Indiens, avec es manches fort larges, soit qu'elle soit faite d'étoffes venues des Indes, peintes ou diversifiées de couleurs ou figures comme sont les toiles qu'on appelle aussi indiennes, et que l'on contrefait en France, qui sont faites de laine fort fine ou de petits fils de coton».
On pourrait donc se demander si la robe de chambre de M. Jourdain doit son nom d1 indienne à la façon ou à l'étoffe dont elle est faite; mais il est évident qu'il s'agit de la façon, puisqu'elle était d'étoffe rayée et que l'écharpe seule était de toile peinte à Y indienne. D'ailleurs, s'il s'agissait de l'étoffe et non du vêtement, M. Jourdain n'aurait pas pu dire : «Je me suis fait faire cette indieutte-ci» ; on achète l'étoffe, on fait faire le vêtement. — Voir notre édition du Bourg. gentUh.f Paris, Paul Dupont, p. 307 et 208.
Loret, on l'a vu, parle de l'étoffe dès 1 658.
Indigence.
Venir en visite amoureuse avec. . un habit qui souffre une indigence de rubans. — Préc. rid., se. U.
La moquerie est souvent indigence d'esprit. - La Brut., I, p. 935.
* Somaize, dans son Gr. Diction, des Prélieuses, traduit : «r Leurs habits n'ont pas assez de rubans; leurs habits souffrent indigence de rubans.» - V° Rubans.