‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 550 sur 625 · INGÉRER (S1) — INHÉRENT · texte numérisé non relu

INGÉRER (S1) — INHÉRENT

INGÉRER (S') DE. . ., s'aviser de. . ., se mêler de. . ., avec un infinitif.

5ia Holà! — Qu'est-ce? — Tenez, dites à votre maître Qu'il ne s'ingère pas iïoser écrire encor Des lettres qu'il envoie avec des bottes d'or.

Éc. des Mar. , II $ 4.

Un jeune homme ne doit pas s'ingérer de parler.

Rac, VI, p. 75 : Rem. sur V Odyssée.

Est-ce pour mon supplice

Que tu Yeux t'ingérer de nous donner un Suisse?

Montflbubt, Gentilh. de Beauce, I, 5.

S'il apprend qu'une femme soit morte dans la ville, il s'ingère de faire son épitaphe. - La Brut., I, p. 69.

Valdo et ses disciples (les Vaudois) sont tous de simples laïques qui, sans ordre et sans mission, se sont ingérez de preseher, et, dans la suite, d'administrer les sacrements. - Bossuet, Hitt. des Var., s in-A°, 1088; II, p. ah g.

* Bossuet emploie aussi sans complément le verbe t'ingérer :

Luther. . . répondit qu'il estoit Docteur et Prédicateur, qu'il ne s'estoit pas ingéré y et qu'il ne devoit pas cesser de prescher. - Id., ibid.; I, p. 37.

Il faut estre choisi, député, autorisé de quelqu'un, autrement on e'ingère de soy-mesme et de son autorité propre. - Id., ibid., H, p. 5i5.

La première édition du Dictionnaire de l'Académie (1 69 A ) n'admet que t'ingérer de . . . , avec un substantif ou un verbe pour complément ; toutes les autres éditions (1718, 1760, 1763, 1799, 1 835 et 1878) donnent, parmi leurs exemples : t'ingérer dont les affaires de quelqu'un.

Ingérer (S') de. . . , avec un substantif.

Et vous êtes un impertinent, de vous ingérer des affaires d'autrui.

Méd. malgré lui, I, a.

Elle étoit bien éloignée d'approuver que les Évéques t'ingérassent des professions de foi. - Rac, IV, p. 5a 3 : Port-Roy.

INHÉRENT, sans complément.

106 3 La beauté du visage est un frêle ornement. . .

Mais celle de l'esprit est inhérente et ferme. - Fem. sav., III, 4.

Le vice le plus inhérent, si je puis parler de la sorte, et le plus inséparable des choses humaines, c'est leur propre caducité.

Bossuet, Hitt. unie., in-A°, 1681, p. A 99.

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