‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 581 sur 625 · JUPON · texte numérisé non relu

JUPON

* Un julep, que le peuple prononçait jullet, dit Furetière, était tout simplement une potion, une tisane agréable composée d'eau distillée, de sucre ou de sirop, et de feuilles ou racines de certaines plantes. — Le julep hépatique est pour le foie; soporatifou somnifere, il amène le sommeil.

Toutes les grammaires, tous les traités anciens de prononciation disent que le p ne se prononce pas à la fin des mots camp, galop, sirop, julep, etc. En 1799, l'Académie française, dans sa 5° édition, fit une exception pour julep, et décida que le p se prononce.

JOPON.

1767 Vous pourriez bien ici sur vostre noir jupon,

Monsieur l'huissier à verge, attirer le bâton. - Tari., V, U.

Et sous son juppon noir qui le décreditoit,

Non sans étonnement, on a vu qu'il portoit

Un riche vestement. . . - Se a r bon, D. Japh. d'Arménie, V, 3.

Une estroite jartiere prise , Faite d'un vieux lambeau de frise , En zodiaquant le gipon, Servoit d'escharpe à mon fripon.

Saint-Amant, Œuvr., bibl. elzév., I, p. ai A : Le Poète crotté.

Ouy, je voudrais estre au Japon Quand j'entends tout ce tintamarre . . .

Mon hoste en renasque en jupon, Et sa femme en hurle en simarre.

Id., ibid., I, p. 668 : Le» nobles triolets.

* Ducange cite une lettre du pape Alexandre IV (un* siècle), où se trouve le mot jupillum, répondant au picard jupel ou jupon. M. Littré cite gippon et juppon au xi?* siècle; au x? *, cet exemple caractéristique d'Eustache Deschamps :

Ly uns se vest court d'un juppon , Ly autres long jusqu'au talon.

Au xvi* siècle, Palsgrave ne donne pas le mot dans son Diction.; mais, dans Rob. Estienne, en 1569, et, en 1573 , dans Nicot, on trouve les indications suivantes : i° Juppé : aliis squemie, aliis roquet; a° squemie ou roquet, theristrum, cbitoniscus vel chitomum. Ronsard escript souquenie; 3° roquet, voir rocket : lineus amictus.

En 1616, le Trésor des trois langues fournit Juppé : ital. giubba, casaca; esp. ropilla.

En i6ao et i636, Monet : i° Juppé : espèce de hocqueton ou saye ample, ondoyant et volant, amplius et sinuosum sagum; a° hoqueton, saïon court et sans manche, colobium; hoqueton de guerre, militare sagum.

En i63a et i65o, Cotgrave donne jupon ou gippon, qu'il traduit par cassacke.

En i65o, encore, Ménage : «Juppe, de l'allemand jupp, qui signifie un pourpoint de paysan, dont les Italiens ont fait iuppone, duquel nous avons (ait juppon. v

En 1671, Duez : i° jupon, spezie di giubbone; 20 juppe d'homme, giubbone, casacca...

En 1680, Richelet : tr i° jupon, petite jupe de femme; a° c'est une sorte de juste-aucorps à l'espagnole.?)

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