‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 597 sur 625 · LARRON · texte numérisé non relu

LARRON

Les petites Dames de Paris croyoient mesme que l'on se mocquoit d'elles, si elles n'avoient qu'un laquai» pour porter leur quarreau et leur queue tout ensemble ; . . . il en faloit avoir deux au moins pour cet office, et y en adjouster un pour porter le sac où Ton met les livres à prier Dieu; et, quant à Gastrimargue , sa condition voulant aussi qu'il se fît porter sa queue , il luy faloit encore d'autres laquais pour sa suite. - Sorel, Polyandre, 1668 ; II, p. 563.

Si vous pouviez concevoir, Madame, combien ce mot de laquais est rude pour des oreilles précieuses, nos héroïnes vous feraient pitié. Elles firent un grand cry, et , rcgardans cette petite créature avec mépris : « Mal aprise , lui dirent-elles , ne savez-vous pas que cet officier se nomme un nécessaire. * La réprimande faite, le nécessaire entra.

M11* Desjardins, Récit de la farce de» Précieuses, Nouv. Coll. moliér., p. 3o, 3i.

Le laquai». . . estoit. . . assez malicieux pour mériter d'estre page, s'il eust esté noble, supposé qu'on cherche tousjours la noblesse dans ces Messieurs.

Furbtierr, Rom. bourg. , p. 3 56.

160 Je l'ai connu laquai» , avant qu'il fût commis. - Despr., Sat. IX.

11 ne m'en a jamais tant coûté pour voir une mauvaise comédie : une moitié de mon justaucorps fut emportée par la foule, et j'eus de la peine à sauver l'autre au milieu d'un flot de laquai» qui m'inondèrent de cire en sortant, et brûlèrent tout un côté de ma perruque. - Regnard, Crit. du Légat, univ., se. h.

J'ai vu un papier rouge; j'ai demandé à mon laquai», qui lit ordinairement pour moi, ce que c'étoit. - Id. , Crit. de l'Hom. à b.fort., se. h.

* L'article de Furetière (Diction., 1690) est intéressant et donne le commentaire des exemples qui précèdent : «Laquai», valet roturier qui suit à pied son maître et qui porte ses livrées. On a fait sagement d oster les espées aux laquai». Les pages et les laquai» estoient sujets à s'attrouper pour faire violence au peuple. Les femmes se sont mises sur le pied d'avoir de grands laquait, autrefois elles n'en avoient que de petits.»

Ajoutons que les laquais n'étaient jamais assez petits :

Béguin, couvert de sa calotte,. . .

Dit d'ordinaire entre ses dents ; . . .

Adieu, Madame ma Maistresse, Que je ne suivois qu'à la Messe.

Loret, Poe», burl., in-A*, 1667, p. i56.

Une note de l'auteur nous apprend que ce Béguin, qui suivait à la messe la maréchale de Schomberg (M11' d'Hautefort), était un laquai» de quatre ans!

Nous avons rappelé ailleurs la bizarre étymologie donnée par Ménage au mot laquai». — Voir ci-dessus, au mot Joli, p. 61 3.

Larron : larron d'honneur.

355 Ah! je devois du moins lui jeter mon chapeau,. . .

Faire au larron d'honneur crier le voisinage. - Sgan., se. 16.

507 Guerre, guerre mortelle à ce larron d'honneur! - Ibid., se. 21.

Quand les petits mercerots qui vendent des lacs nous voyent sortir du Palais, ils crient à me» la» rond», à met beaux las ronds, et faut que nous endurions cela, encores que nous sachions qu'ils parlent à nous.

Gcill. Boughet, Serées , II, p. 1A1.

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