‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 602 sur 625 · LEGER (DE) — LÉNIFIER · texte numérisé non relu

LEGER (DE) — LÉNIFIER

LÉGER (DE), LÉGÈREMENT, forme ital. , di leggiero.

i536 Mon Dieu! Ton ne doit point croire trop de léger. - Tart., IV, 6.

37 Moy-mesme, qui ne crois de léger aux merveilles. - Réoitira, Sat. XIII.

Je vois les allâmes que Ton baille icy à ceux qui croyenl de léger.

Malh., Lettr. à Peiresc, 90 février 1616.

Ne croyez point de léger, mon cousin.

Ii>., Lettr. à du Bouiîlon-Malh. , ai janvier 16a 8.

Ce pauvre idiot , croyant trop de léger, déchargea un grand coup de pierre sur le front de cet homme riche.

Le P. Garasse, Rech. des Rech. de ht E$t. Pasquier, 162a , p. 17a.

Il ne fal loi t pas croire de léger. - Sobel, Berg. extrav., 1637, p. 37.

Ma mère, qui n'avoit pas coutume de croire de léger. - Id., Francion, I, p. 168.

Que tu crois de léger! que tu conseilles mail - Chevreau, Advocat dupé, I, 1.

Que Ton croit de léger 1 et qu'à ce que je voi, 11 en est à Madrid de plus badauds que moi I

Th. Cobn., Feint Attrol., III, 4 ; - CL Id., Galant doublé, III, 1.

Luy mesme il se veut outrager.

Pour avoir cru si de léger. - Richer, Ovide bouffon, 166a, p. 919.

1 Ah t Glymène, j'ai cru vos yeux trop de léger.

La Font., VIE, p. 366 : Elég. IV.

* Léger, comme tous les mots terminés en er, se prononçait en poésie, légère. Richelet (1680) admet la locution, en récrivant suivant la prononciation : de légère. Furetière (1690) explique l'adv. légèrement par de léger, à la légère: tles gens simples croyent de léger; il a lasché cette parole fort à la légère». — L'Académie (1696) admet encore les deux locutions : de léger, à la légère.

Léger de • . .

386 Ses miracles encore ont passé plus avant, Et de nos courtisans les plus légers d'étude, Elle (la fresque) a pour quelque temps fixé l'inquiétude.

La Gloire du VaLde-Grdee.

16a Légère de brochet, la troupe enfin se lève.

La Fort., V, p. 353 : Contes, IV, 4.

117 Plein de courroux, et vuide de pécune, lÀger d'argent et chargé de rancune.

Il va trouver le manant qui ri oit. - Id., V, p. 369 : Contes, IV, 5.

LÉNIFIER, adoucir.

Par la douceur exhilarante de l'harmonie, adoucissons, Unifions et accoisons l'aigreur de ses esprits. - Pourc., I, 8.

Lequel, laquelle, duquel, de laquelle, auquel, etc.,

pronoms.

1 ° Représentant un nom de personne et employé comme sujet.

1567 II n'a pas aperçu Jeannette, ma fillole,

Laquelle a tout ouï, parole pour parole. - L'Ét.9 IV, 5.

2° Représentant un nom de chose et employé comme sujet.

1 254 Goûtez bien de grâce

Ce raisonnement-ci, lequel est des plus forts. - Dép. am.> IV, 2.

3° Représentant un nom de personne ou un nom de chose et employé comme complément indirect avec une préposition.

Contrefaire un comédien dans des rôles sérieux, c'est le peindre par des défauts qui sont entièrement de lui, puisque ces sortes de personnages ne veulent ni les gestes, ni les tons de voix ridicules dans lesquels on le reconnolt. - Impr. de Vers. , se. t .

Le mariage n'est guère votre fait. Cest une chose à laquelle il faut que les jeunes gens pensent bien mûrement avant que de la faire.

Mar. forcé, se. t.

48i II a d'autres emplois auxquels il faut qu'il pense. - Tart., II, 2.

Voilà une nourrice à laquelle il faut que je fasse quelques petits remèdes. - Méd. malgré lui, II, 4.

1893 Et c'est assez, je crois, pour remettre ton cœur

Dans l'état auquel il doit être. - Amph., III, 10.

Vous aimez et poursuivez une jeune personne, qui est ma fille, pour laquelle je m'intéresse. - G. Dand., I, 5.

Le mariage est une chaîne à laquelle on doit porter toute sorte de respect. - Ibid., II, 2.

J'ai tiré de son cœur, par surprise, un secret. . . avec lequel il est, dit-il, résolu de mourir. - Âm. magnif., II, 2.

Je ne vous dirai rien sur quantité de choses auxquelles je ne donne guère plus de créance que vous. - Ibid., III, 1.

Tous ces longs délais avec lesquels j'ai reculé mon mariage. . . ne me sont plus permis. - Ibid., IV, 4.

Combien d'animaux ravissants par tes griffes desquels il vous faudra passer! - Fourb. de Scap., II, 5.

Une soucoupe . . . c'est une assiette sur laquelle on met le verre.

* Escarb.9 se. 2.

U° Lequel, laquelle des deux ou de plusieurs.

3a 4 Avec les sept carreaux il avoit quatre piques, Et, jetant le dernier, m'a mis dans l'embarras De ne savoir lequel garder de mes deux as. - Fâch., II, a.

4o4 Lequel doit plaire plus d'un jaloux ou d'un autre?

Mar. forcé, II, 4.

Monsieur, prenez la peine de choisir de ces deux épées laquelle vous voulez. - Ibid., se. 9.

L'on verra, quand je me marierai, laquelle des deux a mon cœur.

D. Juan, II, 4.

i656 Nous voyons bien en vous Amphitryon paroi tre,. . . Mais nous le voyons tous aussi paraître en lui , Et ne saurions juger dans lequel il peut être. - Amph., III, 5.

* C'est-à-dire : dam lequel des deux.

J'ai reçu de la Princesse, votre mère, une commission,. . . celle, Madame, de tacher d'apprendre de vous vers lequel des deux Princes peut incliner votre cœur. - Am. magnif., II, 3.

Mais pour lequel des deux Princes au moins dressez-vous tout cet artifice? -Ibid., IV, 3.

Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure?

Bourg, gent.y II, 4.

5° Lequel, laquelle, remplacé par qui en parlant de deux.

2 Nous verrons de nous deux qui pourra l'emporter. - UÉt. , I , i .

179 La peste soit la bétel — Ho! ho! qui des deux croire?

Ibid., I, 4.

7 Qui de nous deux à l'autre a droit de faire loi? - Sgan., I, 1.

17 Nos yeux, Madame, ont pu longtemps douter

Qui de ces deux amants vous vouliez mieux traiter.

D. Gare, I, î.

lanuuais mimum.

6° Lequel , laquelle . . . , remplaçant qui ... ; duquel , pour dont.

1254 Goûtez bien, de grâce,

Ce raisonnement-ci, lequel est des plus forts. - Dép. am., IV, 2.

1755 De vos biens désormais il est maître et seigneur,

En vertu d'un contrat duquel je suis porteur. - Tort., V, û.

Je vous prie de me séparer d'un mari avec lequel je ne saurois plus vivre. - G. Dand., III, 7.

Vous pouvez choisir doucement un ami intime de votre femme, auquel vous donnerez, en bonne forme, par votre testament tout ce que vous pouvez. - Mal. imag., 1,7.

70 Lequel, laquelle, etc., remplaces par qui, de qui, à qui, quoi, etc.

85 a Tai conçu, digéré, produit un stratagème

Devant qui tous les tiens, dont tu fais tant de cas, Doivent sans contredit mettre pavillon bas. - VÉt.y II, 1 1.

369 En bonne foi, ce point sur quoi vous me pressez

Est une affaire aussi qui m'embarrasse assez. — Dép. am., II, 1.

976 Plus je reviens du trouble où j'ai donné d'abord, Plus je me sens piqué de ce discours étrange, Sur qui ma peur prenoit un si dangereux change.

lbid., M, 8.

t84 (H) ne veut le montrer qu'en tête d'une armée, Que tout prêt à lancer le foudre punisseur Sous qui doit succomber un lâche ravisseur. - D. Gare., I, a.

67 Je veux une coëffure, en dépit de la mode, Sous qui toute ma tête ait un abri commode.

Ec. des Mar. , 1 , 1 .

533 Oh! trois et quatre fois béni soit cet édit

Par qui des vêtements le luxe est interdit. - lbid., II, 6.

Cette douceur. . . cette bonté. . . cette affabilité. . . ; ce sont particulièrement ces dernières (qualités) pour qui je suis, et dont je sens fort bien que je ne me pourrai taire un jour.

Ép. dédie, de TÉc. des Fem.

Je trouve la condition d'un gentilhomme malheureuse,. . • de voir sa vie, son repos et ses biens dépendre de la fantaisie du premier témé-

raire qui s'avisera de lui faire une de ces injures pour qui un honnête homme doit périr. - D. Juan, III, 3.

C'est un supplice, à tous coups,

Sous qui cet amant expire. - SiciL, se. 8.

Vous avez des traits à qui fort peu d'autres ressemblent.

Ibid. , se. il.

Tai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques ... de ces galanteries ingénieuses à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies. - Fourb. de Scap., 1,3.

Ma foi! Seigneur Argante, voulez-vous que je vous dise? L'éducation des enfants est une chose à quoi il faut s'attacher fortement.

Ibid., II, i.

Ce que je vois de plus redoutable dans ces sortes d'affaires, c'est la puissance paternelle, auprès de qui tout le mérite ne sert de rien.

Ibid.AU, î.

8° Lequel, complément indirect remplacé par où.

* Voir Oà, pronom, remplaçant lequel, complément indirect.

9° Lequel, remplacé par quel.

* Voir Quel, pour lequel.

.«Lequel, laquelle. Ces pronoms au nominatif, (ant singulier que pluriel, sont rudes, pour l'ordinaire, et Ton doit plustost se servir de qui.» Cependant, pour éviter l'équivoque, on emploiera lequel dans des phrases comme celle-ci : «C'est un effet de la divine Provi- (rdence , qui est conforme à ce qui a esté prédit. » Qui ett conforme, est-ce l'effet ou la Providence? Pour ôter le doute, dites : «Lequel ett conforme, n

trOn se sert aussi de ce pronom au nominatif quand on commence quelque narration considérable; par exemple : <rll y avoit à Rome un grand Capitaine, lequel, par le corner mandement du Sénat, etc.» Je dis qu'en cet endroit lequel est beaucoup plus fort que ne seroit qui, et j'ay remarqué que mesme à la Cour, où il semble que lequel ne devroit pas estre si bien reçu , on en use a ordinaire en de semblables rencontres. Je ne voy ny homme ny femme qui, racontant quelque chose, ne die par exemple : trC'estoit un homme, «lequel, etc.; c'estoit une femme, laquelle, etc.» plustost que qui, et de mesme au pluriel. «Je n'ay parlé que du nominatif, parce qu'aux autres cas il n'y a nulle rudesse à en oser, si ce n est lorsque l'on peut se servir de qui, de quoy, de que et de dont, au lieu de duquel, à auquel, de lequel à l'accusatif, et ainsi du féminin et du pluriel.» Suivent des exemples. — Vaugelas dit, en terminant :

« Au reste, qui pour lequel se met en tous les cas, en tous les genres et dans tous les nombres; mais, hors du nominatif, il ne se met jamais que pour les personnes, à l'exclusion des animaux et des choses inanimées. Quoy, au contraire, ne se met jamais pour lequel quand on parle des personnes, mais seulement quand il s'agit des animaux et des choses inanimées, et s'accommode à tous les genres et à tous les nombres. Et que, à l'accusatif, se met pour lequelle, laquel, letquelt, laquelle*, de quoy que ce soit que Ton parle sans exception, et il est indéclinable.» - Vaugelas, édit. Chassang, I, p. 207-209.

Ai.

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