DISCRÉTION — DISEUR
* Ancien français : «rCy-gist noble et discrète personne.»
Discrète a le môme sens en espagnol, et les anciens dictionnaires (ex. 161 4) traduisent discret par : «sage, prudent, avisé, judicieux, spirituel».
DISCRÉTION, libre disposition; modération.
Le tout. . . rabaissé à la valeur de mille écus, par la discrétion du prêteur. — Que la peste l'étouffé, avec sa discrétion. - L'Av., H, t.
De ne point tomber à la discrétion des victorieux. - Màlh., 3 a 6.
D est presque impossible que ceux dont on est obligé de se servir en de telles occasions aient assez de discrétion pour se contenter de la connoissance qu'on leur veut donner. - Là Rochbf., H, 307.
Toute la nuit estant laissée à la discrétion des soldats, ils luy firent souffrir (à Jésus-Christ) toutes les indignitez possibles. - Bossget, CatécK. des Festes, in-ia, 1687, p. As.
Après avoir fait dépendre la prédication de la puissance royale, on s'en remet à la discrétion de ceux qui s'imagineraient avoir en eux-mesmes le Saint Esprit
Id., Hist. des Var., a in-6°, 1688; I, p. Aaa-6a3.
* Le mot ne parait que sous les deux sens de séparation, discrimen, et prudence, capacité à bien juger, prudentia, dans tous les lexiques de 1569 à i65o. En i65o, Cotgrave, le premier, admet le sens de gageure (wager) signalé déjà comme nouveau par H. Estienne dans son Langage françois-italianizé : une discrétion, en effet, peut être le gage laissé à la discrétion, c'est-à-dire à la libre disposition du gagnant dans un pari. Ni Richelet, ni Furetière ne donnent exactement le sens où le mot a été pris par Molière. L'Académie s'en rapproche : et Judicieuse retenue, circonspection dans les actions et dans les paroles, n
Diseur, diseur de rien.
io45 Et je préférerais le plus simple entretien A tous les contes bleus de ces diseurs de rien.
Éc.desMar.,Ul,8.
* Nous avons suivi ici la leçon des éditions de 1710, 1718, 173a; les éditions antérieures portent, à tort, selon nous:
A tous les contes bleus de ces discours de rien.
Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, et le mettre en état de ne plaire de sa vie aux diseurs de fleurettes. - G. Dand., II, 2.
Ouy, la campagne n'est pas seule Où les diseurs de mots de gueule. . .
Font enrager les gens de bien.
Scabbon, Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. 39.
Saturne y pensa bien battre ;
Au moins se fascha-t-il bien
Contre un grand diseur de rien
Qui parloit autant que quatre. - Id., ibid., I, p. 95.