‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 9 sur 625 · DAVANTAGE QUE · texte numérisé non relu

DAVANTAGE QUE

Davantage que . . .

3 1 5 Oui , yous ne pourriez pas lui dire davantage

Que ce que je lui dis pour le faire être sage. — L'Ét*, I, 7.

Il n'y a rien assurément qui chatouille davantage que les applaudissements. - Bourg, gent., I, 1.

Je n'en sais pas davantage que quand je suis sorti du lit - Malh., III, s 79.

Il n'y a rien dans mon malheur qui me touche davantage que cela.

Voitube, édit. i656, p. 5o.

Votre latin m'a plu davantage que le sien. - Id., ibid., p. ko h.

Je vous promets davantage que vous ne désirez de moy. - Id., ibid., p. 685.

il /11 Puisqu'un mot dans sa bouche opère davantage

Que tout l'esprit humain ne sauroit concevoir. - Corn., ImiU, liv. IV.

H l'ennuyoit beaucoup davantage par ses discours qu'il ne luy plaisoit par ses divertissements.

Srgrais, Nouv. franc., i656; 3* Nouv., p. 90. - Cf. Id., ibid., a* Nouv., p. 285-286.

J'estime mille fois davantage le plaisir de me reposer que la gloire de bien écrire.

MoimutuiL, Œuvr., 1666, p. 106.

Rien n'accuse davantage une extrême foiblesse d'esprit que de ne pas connoistre quel est le malheur d'un homme sans Dieu. - Pascal, Pensées, édit. Molinier, l, 10.

La foiblesse de l'homme paroist bien davantage en ceux qui ne la connoissent pas qu'en ceux qui la connoissent. - Id., ibid., I, p. 169-170. - Cf. p. 76.

Ne souhaitez rien davantage que la gloire. - Rac, VI, i5 : Lettres»

Le repos de la solitude lui plaît davantage que la Cour ou Paris. - Set. , VI, 188.

Nous avons trouvé à propos de nous étendre davantage sur ces choses que sur les vertus et les vices particuliers. - Bossubt, Catéch. de Meaux, in-ia, 1687, p. A.

Ne peut-on pas excéder dans la recherche des sciences honnestes? — Oui, quand on les désire avec trop d'ardeur, et qu'on s'y applique davantage qu'à la piété.

Id., ibid., p. 167. - Cf. Id., Hitt. de» Vor., a in-A°, 1688, 1, p. 176; 11, p. 5l9.

D n'y a rien qui mette plus subitement un homme à la mode, et qui le soulève davantage que le grand jeu ; cela va du pair avec la crapule. - La Brut. , II , îkh.

Votre santé me touche, et me plaît davantage

Que tout l'or qui pourrait me tomber en partage. - Richard , Légat, univ. , I , h.

* t? Davantage, sous la forme d'avantage, s'employait seul et absolument depuis le xiv* siècle; à partir du xvi* siècle, il devient terme de comparaison suivi de que» (Chassang). Le xvii* siècle et le xvm* ont toujours dit davantage que; de nos jours, on est revenu à l'usage primitif, sans la conjonction que.

Ni Vaugelas, ni Bouhours, ni Ménage, m L. Aleman, ni les grammairiens antérieurs ou contemporains, ni même, trente ans après la mort de Molière, l'abbé Régnier Desmarais n'ont examiné la question de l'emploi de que après davantage. Le seul ouvrage du xvii' siècle où nous ayons trouvé une règle à ce sujet est le livre (TA. D. B. (Andry de Boisregard) intitulé : Réflexions ou Remarquée critiques sur V usage présent de la langue française. — tr Davantage, dit-il, ne veut point que après soy. 11 ne faut pas dire : il a davantage de livres que moy; ce ne seroit pas parler poliment; mais il faut dire : il a

plus de livra que moy. Plusieurs écrivains habiles ont fait des fautes contre cette règle.»

- a' édiL, 169a, p. 1/17-150.

Dans sa première édition (i6gA), l'Académie donne encore comme exemple : «J'en ay davantage que luy.» Cet exemple est supprimé dans les éditions suivantes, sans aucune observation, jusqu'à l'édition de 1 835, où 1 Académie prend décidément parti et déclare que * davantage se dit toujours absolument».

DE , préposition.

i° De, pour à, après certains verbes.

Nous commençons S être connues. - Prie. rid. , se. 11.

956 L'Amour a commencé d'en déchirer le voile. —Éc. des Fem. , III, h.

175 Quel diable de plaisir trouvent tous les chasseurs

De se voir exposés à mille et mille peurs? — Princ. (TEL, 1,9.

Il y auroit plaisir d'abaisser son orgueil. - Ibid., II, A.

Je pense qu'il ne prend pas plaisir de nous voir.

D.Juan, III, 5.

Cet amas d'actions indignes dont on a peine . • • (f adoucir le mauvais visage. - Ibid. , IV, 4.

157& Quoi? — Je vous apprendrai de me traiter ainsi I

Amph., III, 4.

Il ne me reste rien ici, que de féliciter Monsieur. - Pourc. , I, 8.

* Bien de plus fréquent que cet emploi de de où nous employerions à ; on le trouve très souvent après aimer, apprendre, avouer, commencer, continuer, croire, désirer, échapper, engager, espérer, faillir, juger, montrer, offrir, penser, se préparer, sembler, se soustraire, etc.

— Voir t. I, p. 43i, Commencer de. . •

20 De, pour à cause de.

3 1 1 Je vous vois tout pensif, Seigneur, de ses dédains.

Princ. iï EL, l, k.

3° De, afin que ; de donner, afin que je donne.

929 C'est cet ami savant, qui m'a fait tant d'instance De lui donner l'honneur de votre connoissance.

Fem. sav.y III, 3.

h° De, pour avant.

Puisque. • . le Roi ne doit venir de deux heures.

Impr. de Vers., se. 1.

5° De, pour avec, indiquant la cause, le moyen, la manière.

1 170 Hélas! ne traitez point ceci de raillerie. - Dép. am., IV, 1.

333 Vous les voulez traiter d'un semblable langage? - Tart., I, 5.

48 Et traitent du même air l'honnête homme et le fat.

Misanth., I, 1.

659 C'est moi qui suis Sosie, enfin, de certitude. - Amph., 1,3.

Ils sont insupportables, avec les impertinentes égalités dont ils traitent les gens. — Escarb., se. 2.

35 Et, traitant de mépris les sens et la matière. • • -Fem. sav.,\, 1.

6° De, pour avec, indiquant la réunion. 3 00 Et l'hymen <f Henriette est le bien où j'aspire. - Fem. $av.,\, h.

70 De, pour dans.

Nous lisons des anciens . . • que leur coutume étoit d'enlever par force, de la maison des pères, les filles qu'on menoit marier.

Mal. imag., II, se. 6.

8° De, pour en.

89 Qui de prose et de vers feroit de doux écrits. - Éc. des Fem. , 1, 1 .

90 De, avec un infinitif, pour en avec un participe présent.

ioû4 Ai-je fait quelque mal de coucher avec vous? Amph., II, 2.

1171 Ils se mêlent de trop d'affaires,

De prétendre tenir nos chastes feux gênés. - flrid., H, 3.

85a Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes, De cette indigne classe où nous rangent les hommes, De borner nos talents à des futilités. — Fem. sav., III, 2.

to° De, pour par.

472 Je viens de le tuer, de parole, j'entends. - VEt., II, 1.

55 Mais suis-je pas bien fat, de vouloir raisonner

Où de droit absolu j'ai pouvoir d'ordonner? — Sgan., se. 1.

226 De l'hymen de Gélie on alarme mon âme. - Ibid., se. 7.

590 Étoit liée à vous des nœuds du mariage. - Sgan., se. a a.

1077 Ma sœur, je vous demande un généreux pardon

Si de mes libertés j'ai taché votre nom. - Éc. des Mar., III, g.

3o5 Sonnet. . . Cest un sonnet. — L'espoir. . . C'est une dame Qui de quelque espérance avoit flatté mon âme. - Misanth. ,1,9.

Après quelques paroles, dont je tâchai d'adoucir la douleur de cette charmante affligée, nous sortîmes de là. - Fourb. de Scap., 1,2.

ii° De, pour.

1 107 Fais-moi dans tes desseins entrer de quelque chose.

LJÉu, ll\,U.

753 Bon Dieu ! que de discours 1

Rien n'est-il suffisant d'en arrêter le cours? - Dép. am., II, 6.

43 Tout homme bien sage

Doit faire des habits ainsi que du langage. - Ec. des Mar., 1, 1.

167 C'est nous inspirer presque un désir de pécher,

Que montrer tant de soins de nous en empêcher. - Ibid., I, 2.

kk On en voit paroltre

De ces gens qui de rien veulent fort vous connoltre.

Fâch., I, i.

i3i3 Mille gens le sont bien, sans vous faire bravade, Qui de mine, de cœur, de biens et de maison, Ne feraient avec vous nulle comparaison. - Éc. des Fem., IV, 8.

* C'est-à-dire : pour la mine, le cœur, etc.

De quoi donc connoissez-vous Monsieur? — De l'avoir vu l'autre jour chez la bonne amie de Madame votre nièce. - Am. mid., II, s.

1 2° De, pour sur.

1001 Vous me fîtes d'abord ce présent d'importance,

Que, du butin conquis, vous m'aviez destiné. - Amph., II, s.

i3° De, inutile.

i63 Et, de par Belzébut, qui vous puisse emporter! - Sgan., se. 6. Non ferai, de par tous les diables! - L'Av.,\, 3.

* «L'exactitude voudrait qu'on écrivit départ avec un ( ; ex parte Beezebut, de la part de Belxébut. Le rapport du génitif, aujourd'hui marqué par de, l'était primitivement par

la simple juxtaposition (au cas oblique). Les plus anciens textes écrivent de part : de part Nostre Seigneur (Lit?, des Roit, îAA, 989, 39a). — Samuel le prophètes vint à Saul de part Dieu (Rois, 53).» - Gémit, Lexique de Molière.

975 J'enrage. Par ma foi, l'âge ne sert de guère.

Éc. des Mar.y III, 5.

753 Ah! j'enrage! — A quoi bon de te cacher de moi?

FM., IU, h.

1006 Donnez-moi tout au moins, pour de tels accidens, La constance qu'on voit à de certaines gens.

Éc. des Fem., III, 5.

Voilà de mes esprits forts, qui ne veulent rien croire!

D. Juan y III, 5.

A quoi bon de dissimuler? - Sicil., se. 6.

* Avoir de coutume. - Voir Coutume : Avoir de coutume.

1 li° De, supprimé où nous l'employons.

Il ne fait que (de) sortir d'une maladie. — Préc. ridic. , se. 1 1 .

An Et Ton ne doit jamais souffrir sans dire mot

De semblables affronts, à moins qu'être (que d'être) un vrai sot.

Sgan.y se. 17.

700 Elle mourroit plutôt qu'en (que <fen) souffrir l'insolence.

Éc. des Mar.y II, 8.

* Dans la même pièce, Molière emploie la tournure actuelle avec plutôt :

101 3 Sinon, faites état de m'arracher le jour

Plutôt que de m'ôter l'objet de mon amour. - Ibid., III, 7.

6A3 II n'est rien (de) si commun qu'un nom à la latine.

Fâch., III, 2.

1 A17 Paimerois mieux mourir que (de) l'avoir abusée.

Éc. des Fem., V, 2.

Vous plaît-il, Dom Juan, (de) nous éclaircir ces beaux mystères?

D. Juan y I, 3.

569 II vaut mieux, quand on craint ces malheurs éclatants, En mourir tout d'un coup, que (de) traîner si longtemps.

MéliC. y 11, 6.

522 Ah! qu'est-ce ci? grands Dieux! il frappe (d?) un ton plus fort.

Amph., I, 2.

1073 Je crains fort pour mon fait quelque chose (<T) approchant.

Amph.f II,

Peste soit (de) la sincérité! - L'Av., III, 2. 1 5° De, dans divers gallicismes.

79 Moi de lui rendre grâce, et, pour mieux m'en défendre, De dire que j'avois certain repas à rendre. - Fdch., I, 1 .

160 De y représentant une idée sous-entendue.

108 Ma maîtresse se meurt. — Quoi? ce n'est que cela?

Je croyois tout perdu, de crier de la sorte. - Sgan., se. 3.

* C'est-à-dire : en entendant,

17° De y domestique de. . .

Voilà Jeannot de Monsieur le Conseiller qui vous demande, Madame. - Escarb., se. 3.

i8° De y avec un comparatif.

537 faime bien mieux, pour moi, qu'en épluchant ses herbes, Elle accommode mal les noms avec les verbes. . . Que de brûler ma viande ou saler trop mon pot.

Fem. sav.y II, 7.

ig° De y pour que de.

197 Chose étrange de voir comme avec passion

Un chacun est chaussé de son opinion. - Ec. des Fem., I, 1.

1673 Chose étrange d'aimer ! - Ibid.,V, h.

20° De y entre un qualificatif (substantif on adjectif) et un nom qualifié.

3 1 9 Réglez-vous. Regardez l'honnête homme de père

Que vous avez du Ciel, comme on le considère. - L'Eu, I, 7.

1807 Hé bien! ne voilà pas mon enragé de maître, -flrid., V, 5. 1010 Ah I n mon fou de frère en pouvoit faire autant ! - Corn., Milite, III, 5.

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