‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 96 sur 625 · DIVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

DIVERTISSEMENT

premier à admettre le mot divertissement, et il le donne avec les deux sens de détournement et de distraction d'esprit ou des sens; mais cette distraction n'est ni amusement, ni plaisir, c'est «mentis sensuumve avocatio, aberratio; quœdam velut animi aut sensuum peregrinatio et alucinatio».

En i636, Monet conserve, sans les modifier, ses définitions. Le premier dictionnaire où nous trouvions le sens moderne est celui d'Ant. Oudin , Rech. des long, franc, et ital. (16/19) : divertir, disturbare (détourner), ricreare, trastullare (récréer, amuser);. . . divertissement , epasso, trastullo (amusement, plaisir), disturbo, diversione (détournement, diversion).

L'Académie française (169a) dit: itDivertir, destourner, distraire : Divertir quelqu'un de ses occupations. . . Il signifie aussi desennuyer, resjouir, récréer. . . Il se prend en mauvaise part pour les femmes : Cette femme se divertit, c'est-à-dire se gouverne mal.»

Dans le sens plus moderne d'amuser, nous citerons les exemples suivants :

Les rieurs sont de son costé (du côté de Molière), et il n'y a que les Poètes et les Comédiens qui l'attaquent. S'est-on jamais mieux diverty à la Comédie que depuis qu'il est à Paris? H m'a appris à connoître les bouffons; je ne vois plus que des Mascarilles, des Sganarelles et des Arnolphes.

De la Croix, Guerre com., 166A; édit. Gay, p. 39.

Si son comique (de Molière) a plus de charme que le sérieux, pouvez- vous trouver mauvais qu'on j'en divertisse? - Id., ibid., p. 57.

Molière plaist assez : son génie est folastre;

Il a quelque talent pour le jeu du théâtre ,

Et, pour en bien parler, c'est un bouffon plaisant,

Qui divertit le monde en le contrefaisant.

Ses grimaces souvent causent quelques surprises ;

Toutes ses pièces sont d'agréables sottises;

Il est mauvais poète et bon comédien ;

ftfait rire, et, de vray, c'est tout ce qu'il fait bien.

Lett. satyr. sur le Tort.; dans la Critiq. du TarL, 1669; édit. Gay, Genève, 1867, p. û.

Comme son employ (de Molière) es toit de divertir, je croy que par l'impromptu de son trépas il a voulu faire rire la médecine, qu'il avoit tant de fois attristée.

Bezançok, Lee Médec. à la censure, in-ia, 1677, p. 5.

Divertissement.

Nous ayons été jusqu'ici dans un jeûne effroyable de divertissements.

Prie, rid.y se. 9.

Au palais de la Princesse, il y avoit un assez beau jardin qui estoit le divertissement de tous les gens de la Cour. - Segrais, Nouv. franc, i656; 5" Nouv., p. 84.

1 19 Ou l'Amour est aveugle, ou bien il n'est pas sage

D'avoir assemblé ces amants.

Ce sont , hélas ! ses divertissements.

La Fort., IV, p. 29 : Contée, I, 1.

* Somaize traduit : «rPay esté jusqu'icy. . ., je ne me suis point divertie jusqu'icy.» - G'r. Diction, des Prêt. , v° Divertir.

* L'Académie française (169&) dit : «Divertissement, récréation, plaisir. Il se prend plus ordinairement en bonne part.» — Voir Divertir.

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