‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 97 sur 625 · DIVORCE · texte numérisé non relu

DIVORCE

DIVORCE, querelle, démêlé, différend, séparation.

ta 70 Ce qui n'étoit que jeu doit-il faire un divorce?

Et d'une raillerie a-t-on lieu de s'aigrir? - Atnph., H, 6.

Cognoissant que la beauté de son visage estoit cause de l'amour que l'oncle et le neveu luy portaient, et considérant que c'était la seule occasion de divorte qui estait entre eux. elle résolut de se rendre telle qu'ils fussent à l'advenir autant refroidis par sa laideur qu'ils avoient esté eschauffez par sa beauté.

D'Urf*, L'Attrée, i6i4, II, p. 780; - Cf. Id., Utid., H, p. 617.

16 1 4 Accepte un repentir accompagné de larmes; Et souffre que le tien nous fasse tour à tour Par ce petit divorce augmenter notre amour. - Corn., Gai. du Pal.,V, k.

999 Ils ont assez longtemps joui de nos divorce». - Id., Hor., I, 3.

Dans ce grotesque divorce,

Chacun se tue, et s'efforce

De bien jouer son rôlet. - Brébeuf, Lucain trav., i656, p. îfi.

Crois-tu, cruel, que de nos deux génies. . . J'aille signer la séparation?

L'esperes-tu? penses-tu que par force Ma loyauté consente à ce divorce î

Saint-Amant, Œuvr., bibl. elzév., I, 986.

Attendez pour finir cet agréable divorce.

Gilet de la Tessonnerib , Le Detniaite, IV, 7.

1 Que le bon soit toujours camarade du beau , Dès demain je chercherai femme; Mais comme le divorce entre eux n'est pas nouveau, Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme,

Assemblent l'un et l'autre point, Ne trouvez pas mauvais que je ne cherche point.

La Fort., II, p. ioa-io3 : Fables, VII, 9

Élohim (Molière). Sans vous, nous estions prests de rompre nostre troupe. Li Chevalier. La rompre, dans un temps qu'elle a le vent en pouppe,

Ce serait, ce me semble, assez mal ad viser.

Mais d'où vient ce divorce? — Florimont. Et qui peut le causer

Qu'Élomire? — Élomire, railleur. Élomire a toujours fait merveilles.

H a scandalisé les yeux et les oreilles,

Perverty les esprits et corrompu les mœurs.

Le Boulanger de Ghalussat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670; au &* acte, Divorce com., se. k.

Son esprit qu'à guérir vainement on s'efforce , Avecque sa raison est toujours en divorce.

Montfledry, Dupe de soi-même, III, h.

Je vois un grand divorce entre l'argent et vous.

Champmeslé, Le Parisien, I, 1.

C'est avec le bon sens vouloir faire divorce. - Baron, Ec. de» Père», I, 7.

Vous avez fait divorce avec le genre humain. - Régna rd, Democrite, I, k.

102 dix-cors — doigt

Dix-cors.

693 Et nous conclûmes tous d'attacher nos efforts

Sur un cerf qu'un chacun nous disoit cerf dix-cors.

Fâch., H, 6.

* Un cerf dix-cor* est un cerf dont les perches ou cornes principales, partant de la meule, comptent de seize à vingt-quatre andouillers ou branches, dites aussi cort ou eke~ villuret.

«Au mois d'avril et may, on commence à juger des vieux cerfs par les fumées (les déjections), lesquelles ils jettent en plateaux : et s'ils sont larges, gros et espois, c'est signe qu'il est cerf de dix-cors.» - Jacq. du Fouillocx, Vénerie, ch. xxm.

«rLes quatre et cinquième années, sa teste croistra en hauteur et grosseur;. • . elle

{>ourra porter huict , dix et jusques à douze (andouillers): et la sixième année, qui est 'âge que Ton le doit qualifier cerf de dix cort jeunement , pour le distinguer d'avec le jeune cerf et le cerf de dix cors, . . . alors il pourra porter douze et quatorze; la septième année, qui est l'âge de la dernière croissance du corps et de la teste,. . . il pourra porter seize, dix-huit, vingt et jusque à vingt-quatre: c'est le temps que l'on le peut qualifier cerf de dix cort, puisque sa teste est dans sa perfection, et que les connoissances (voir ce mot, 1. 1, p. h 58) y sont pour le discerner d'entre les jeunes cerfs et les cerfs de dix cort jeunement.» - Salrovi, La Vénerie royale, in-/i\ i655, p. 70, ch. xxv.

DOCUMENT, enseignement.

Allons, Monsieur le Comte, faites voir que vous profitez des bons documents qu'on yous donne. —Escarb.y se. 7.

Meltei-vouz bien dans la mémoire Et retenez ces document», Vous qui vous piquez de la gloire De réussir en faits galants.

Hamilton, Mcm. de Gram., en tête du chap. iv.

* Le mot document ne se trouve pas dans le Nicot, même de 1606; mais il parait dans Gotgrave en 1611, i63a, i65o, et dans Monet, 1620, i636, avec le sens de précepte, instruction, admonition.

Doigt : montrer au doigt.

1099 Et chacun, vous voyant, vous montreroit au doigt.

Ec. des Fem. , IV, 4.

Mesme si tost qu'un valet,

Une cale , un bavolet , . . .

Montrait au doigt ce grand homme,

Son cœur s'épanouissoit. - Brébeif, Lucain trav., 1606, p. 73.

Peu s'en faut qu'en la rue on ne me montre au doigt.

Th. Corn., Feint Attrot., IV, 9

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