‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 126 sur 395 · BAILLER — BAISER LES MAINS · texte numérisé non relu

BAILLER — BAISER LES MAINS

Il dit encore, en parlant d^une dame chez qui on joue : «Madame de. • . haUU k jouer (Tchez elle. 7) — Cet homme me fait baailler en me parlant ainsi, me dit la dame du lojps, qui ne pouvoit souffrir ce mot ... — Elle avoit raison de ne le pas trouver bon , dit le Commandeur; car, outre qu'il est bas et vieux, il est ridiculement placé dans les endroits

que vous venez de nous citer n

Db Calliâbes, Du bon et du mauvaù utage, iGgS, p. 61 -64.

tt Bailler, donner. Il y a des gens qui rejettent tout à fait bailler, et qui prétendent que donner doit toujours être préfère ; mais ces personnes-là se trompent. Donner est bon , et bailler n'est pas mauvais. 11 est vray que bailler n'est que du style familier, et ne se diroit gueres bien dans un discours un peu élevé ; au lieu que donner est également bon partout, excepté dans ces façons de parler, bailler à ferme, la bailler belle. Que bailler ne soit pas mauvais dans le discours familier, il est aisé de s'en convaincre par les exemples de nos meilleurs auteurs françois, et entre autres M"* de Scudéry, qui, dans TEntretien sur la Colère, dit : «Le valet de chambre avoit baillé les deux chevaux à tenir à un laquais;» et dans celuy de la Haine : «r Myrinthe bailla alors le papier de Cléomède , qui le lut tout trhaut.» - Andrt dd Bois-Regard, Réjl. $ur l'usage prés, de la lang.Jr,, 169s, p. 8&.

Bailler bonne (La) ou la bailler belle.

:te Voir ci-dessus, p. /i 0-/1 9 : lo** Adjectifs féminine dans diverses locutions.

Baillive.

* Mot de fantaisie créé par Molière, admis, sur son autorité, par Richelet et par TAcadémie , et dont on ne cite pas d'autre exemple. La baillive est la femme du baiUi ou baillif, comme ÏAue est la femme de Velu,

663 Madame la baillive et Madame Télue. . . - TarU^ II, 3.

La Fontaine dit baillie :

199 Votre sœur paye à Frère Aubry,

La baiUie au Père Fabry. - La Fort., IV, 196. - Contes, H, s.

Regnard dit baillivesse :

Dans une heure au plus tard , je vous ferai marquise ou baillivesse; vous choîsirei.

Id., Coquette, II, h,

Furetière, dans son Roman bourgeois, a employé de même les noms de greffikre et de procureuse, pour désigner la femme d'un greffier et celle d'un procureur. Certainf critiques ont, à tort, reproché à Despréaux d'avoir parlé d'une hoHogire, dans soo Lutrin,

Voir Madame et Elue,

Baiser les mains, prendre congé; remercier, rendre grâce; refuser.

Madame Jourdain vous baise les mains. — Bourg, gent.^ III, 6. 1 7216 Et je baise les mains à qui ne me veut pas. — Fem. «av., V, &. Je suis fâché du petit chagrin que vous avez eu. — Je vous baise kt

Page 1