BAISER LES MAINS
mains (je vous rends grâce); et quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre. - G. Dand., I, 6.
Je vous demande par grâce de ne m'exposer point maintenant à la mauvaise humeur de mes parents. • . — Je vous baise les mains (allez vous promener). - Ibid., III, 6.
Ceui qui, estans à TEglise. . ., ayans mis fin à leurs prières, se retournent vers leurs supérieurs et disent : ftJe baiie le» mains à Votre Paternité. . . », nous [les] déclarons confrères [en sottises. . .], qui ayment mieux se servir d*un faux je voub bttiêê Ui mainê (je dis faux et menteur, car ils ne les baUent point, ny ne leur 6at«erment pas, quand mesme ils les verroient evesques, spécialement à certains qui les ont tousjours pleines de gale et de farcin , et à certains autres qui vous portent des ongles 81 lanternes et si salement colorez qu^ils font mal au cœur seulement à les voir) que non pas d'un véritable trDieu vous doint le bonjour ou la bonne nuit^.
Cbapilain, Trad, de Guzm, dTAÎfar,, i63o, III, 3o5.
Quand les choses en sont là , je vom baUe le» maint , il n'y a que Dieu seul qui puisse y mettre remède. - Id., iffid,, III, 36/i.
Je baise leê mains à leur civilité. - Sobbl, Polyandre, i668, II, 3â.
Ce bon seigneur ne trouvera pas mauvais si nous luy baisons les tnains. .
Gyr. db Bebgbbag, Voyage dans la Lune.
Je baise humblement les mains à M. de Sevigné , à M"' de Lavcrgnc , toute lumineuse, toute précieuse, toute, etc., et à vous. Madame.
ScARROR, Dem, Œuvr., Paris, David, 1700, I, 16-17. - Lettre à Madame de Sévigné.
Monsieur, voilà Monsieur le médecin
Que vous avez mandé. Madame vous Tcnvoie
Et vous baise les mains. - Montflburt, Dame médecin, II, 5.
Je vous baise les mains , et vous donne parole
Que je n'en fcray rien.- Regnard, FoL am,, III, 10.
Que ne vous mettez-vous dans les loges? On ne vous examinera pas de si près. — Moi, dans les loges! Je vous baise les mains; je n'entends ]x)int la comédie dans une loge, comme un sansonnet. - Id. , Coquette, III, 7.
t Voir, k Tart. Bras (Tendre les), la citation de Quinault.
«PsiLiusoiiB : Le baise-main est fort commun en France, non pas de fait, mais de parole. Car quand on prend congé de quelcun , c'est l'ordinaire de dire : Je vous baise la main, ou je baise la main de Yostre Seigneurie, pour sentir doublement son italianisme. Et cecy a commence dès longtemps, car je vois que mesmcment Joach. du Bellay, en la fin de l'Ep. dédie, qu'il mot devant son traité intitulé : La défense et illustration de la lang, franc,, àîi au Gard, du Bellay : «Reçoy donc ... les premières fleurs du printemps de celuy tqui, en toute révérence ot humilité baise les mains de ta R. S.t) — Gbltophilb : Il usa icy du plur. et non pas du sing. : n'est-ce point pourcc qu'il ])arle à un Gardinal? — Philausoub : Je croy que non ; mais depuis on a trouvé le sing. plus plaisant. Et au commencement, on n'uset pas de ceste façon de parler qu'alendret (à l'endroit) des bien grans. — Gbltophilb : Si donc aujourd'hui je me veux accommoder, il me faudra dire : Je vous baise la main, plus tost que : Je vous fmise hs mains. — Puilausone : Gela est certain.»
H. EsTiENNB, Deîix Dial. du nouv» langage franc, italianisé, 1679. Ëdit. Liseux, II, 96; cf. I, 38, 100; II, 3oo.
Dans les Complimi^nts de lu langue franc., qui font suite au Sea'étaire de la Cour, publié