BAISER LES PAS — BAISSER
par La Serre avant la mort de Malherbe, le dialogue intitulé : «Pour prendre congé dudit seigneur,» se termine ainsi :
A : Cependant je prie Dieu qu^il vous conserve en sa sainte protection, Monsieur, et vous baise humblement Us mains, — B : Je demeure votre serviteur. Monsieur.
Alizon, je te baise les pieds; les mains sont trop communes.
Comte DB Cbâmail, Coméd. des Prov., se. dem. (1616).
Entre personnes égales, et d'homme à homme. . . Tarrive, par exemple, de la campagne . . . J^envoye dire à une personne qui est d^^aie qualité que moy, et avec laquelle j'ay liaison : que je suis bien son serviteur; qacje lui baise très kumbUment les mains, - Aut. Coubtih , Traité de la civilité, chap. xii.
Cette façon de parler figurée : Je vous baise les mains, peut bien entrer dans la conversation, mais il me semble qu'elle s'est usée dans les lettres, à force d^y avoir été rebattue. . . M. de Malherbe, lassé de cette manière de parier. . . en lui écrivant (à Caliste), finit sa lettre par : Je vous baise les pieds,
Lbtbji db Tbbmplbbt, Le Génie et la Politesse de la lang, franc., 1706, p. isUû.
* En effet, la troisième lettre de Malherbe à Caliste (la vicomtesse d'Auchy) se termine ainsi : tr Commandez à vos belles mains de me consoler de quelque ouvrage à leur façon. J'attends cette faveur, ma belle Déesse, et vous baise les pieds.n - Mâlh., IY, p. i5/i.
Baiser la main , baiser le pied étaient des expressions courantes en Italie. Le cardinal BemlH) emploie souvent l'un et Tautre ; on trouve au second livre de ses Lettres de nombreuses phrases comme celles-ci : viBasciovi la mofio, ed à voi ed à mia madré. — Ba»ci&retèl piè i nostro Signore à nome mio.9) - Stbf. da Montbmbblo, Délie Pkroêi Toseatie, lib. XII, in Venetia, i566, in-fol., p. 69.