‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 13 sur 395 · ACCROIRE (EN FAIRE) — ACHEMINER · texte numérisé non relu

ACCROIRE (EN FAIRE) — ACHEMINER

1 aoi Un homme un peu content et qui ê'mfaiU accroire ^

Se voyant mépnsë, rabat bien de sa gloire. - Gobh., SmU du Ment,, IV, i.

Phébus, enflé de sa victoire, S'enfaûoU, dit-on, tant accroire Qu^on n^osoit plus le regarder.

Dissoucr, Ovide en belle humeur, i65o, in-4^ p. 91.

Jamais homme de cour, sans trop m'en faire accroire, N^a su si bien que moi tourner tout à sa gloire.

QuiHAULT, La Mère coquette, V, 1.

J*ai oui dire à un bon prédicateur que Dieu changeroit plutôt un garçon en fille avant qu^il soit né, pour humilier un homme qui s'en fait à croire. . .

Rac, Lett. à Èf*' Vitart, mars 166a, YI, hbo.

Élomibb (Moli^bb). n est vray qu^avec queloue gloire

L'on me vit paroistre à la Cour, Et, sans par trop m'en faire accroire.

Je sçay fau'e figure en ce brillant séjour.

Lb Boulanobb de Ghalubsat, Élomire hypocondre, 1670, I, 3.

^ Corneille, Bossuet, Molière, accroire; Racine, à croire. — Yaugelas dit à ce sujet : V Accroire. C'est un excellent mot, tant s'en faut qu'il soit mauvais comme se l'imaginent plusieurs, qui ne s'en servent jamais, mais disent toujours /atr^ croire; car il y a cette différence entre faire croire et faire accroire, que faire croire se dit toujours pour des choses vraies, ei faire accroire pour des choses fausses. 9»

Dans leurs Remarquée sur Vaugelai, Th. Corneille et l'Académie française confirment cette remarque : tt Accroire est un mot dont tous ceux qui parlent bien et écrivent bien se servent, nien ne prouve mieux que faire accroire se dit toujours pour des choses fausses que cette façon ordmaire de parler : Il e'en fait beaucoup accroire, pour dire qu'un homme prend de la fierté d'un mérite qu'il n'a pas ... On dit encore : On voue en fait bien accroire, pour dire : On vous en donne à garder.» - Th. Cobn.

tt Faire accroire est une fort bonne manière de parler, et donne toujours l'idée que celui de qui on le dit a eu raison de faire croire une chose qui n'étoit pas vraie. C est dans ce sens qu'on dit qu'un homme t'en fait accroire, pour faire entenwre qu'il prend de lui des sentiments trop avantageux, et qu'il s'attribue un mérite qu'il n'a pas. Û faut écrire accroire avec deux c et en un seul mot, comme le marque M. de Yaugelas, et non faire à croire.n - Acad. pb. Yoir Yaugelas, édit. Chassang, I, &09-âo3.

Le Dictionnaire de Richelet, dans son édition de 1719* prétend qu'on prononce accroire.

Acheminer, conduire.

1619 Haï Frosine, la joie où vous nCacheminez. . . — Dip, am., V, k,

176 De nous voir en votre navire

A si bon port acheminai, - Malh., I, 916.

G*est la plus grande nouveUe que le Roi pût recevoir, et qui achemine la paix.

SéT.,Y, i45.

4c Le Dict, fr.-lat, de Rob. Estienne (iBSg) ne donne pas ce mot, qu'on trouve dans l'édition de 16/19. — I^ Nicot de 1606 se donne la peine de l'expliquer : fit Acheminer. . . signifie, proprement prins, radresser et mettre au chemin celuy qui n'y est pas, tout ainsi que l'espagnol encaminar, . . et l'italien inoiar, . ., selon lequel verbe italien, envoyer

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