BALADIN
Baladin.
Le dessein étoit de donner un ballet aussi; et, comme il n y avoit qu'un petit nombre choisi de danseurs excellents, on fut contraint de séparer les entrées de ce ballet, et l'avis fut de les jeter dans les entractes de la Comédie, afin que ces intervalles donnassent temps aux mêmes baladins de revenir sous d'autres habits. — Fâch.y Avertiss.
198 Je me moque, pour moi, des maîtres baladins. - Ibid.y I, 3.
Baladin! êtes-vous en âge de danser des ballets? - Bourg, getU, , V, 1 .
Mais d'estre baladin mon âge me dispense ; Tu me soupçonnerois de rentrer en enfance.
J. DB ScBBLiNDBB, Ttfr et Stdoti, II, 3.
Il me conta de vous merveilles . . .
Que vous étiez un grand sauteur. . .
Un grand sonneur de cornemuse . . .
Baladin, assez violon Pour estre envié d'Apollon.
ScARBON, Yirg. trav,, Paris, David, 1706, I, p. 70.
Le Roi a un baladin nommé Baptiste qui triomphe à ces choses-là; il fait les plus heaux airs du monde . . . Après avoir été quelques années à moi , je fus exilée; il ne voulut pas demeurer à la campagne; il me demanda son congé; je (le) lui donnai, et depuis il a fait fortune, car c'est un grand baladin.
Mém, de Moutpbiisibb.
4c Baptiste, ce «grand baladinii^ n*est autre que Lulli.
Pour Richelet, 1680, un baladin c'est un farceur; c'est aussi un trsot, ridicule n. — Furetière dit, en 1690 :
fîBalladin, danseur de profession sur les théâtres publics, qui danse à gages et pour de l'argent. On le dit quelquefois, plus généralement, des bouffons et farceurs qui divertissent le peuple.»
En 169&, i'Acad. fir. dit simplement : ^Balladin, danseur ordinaire de ballets?); mais, dans sa s* édit., 1718, elle est moins réservée : «Balladin, celuy qui danse ordinairement dans les ballets : n danse en cavalier et non en balladin. Il se prend ordinairement en mauTaise part : Ce n'est qu'un balladin,7i — La 3* édit., 1760, ajoute: fx Balladin se dit ausû des farceurs qui, montés sur des tréteaux dans les places publiques, amusent les panants.?» — Dans la 6* édit. ,1769, nouvelle orthographe et nouvelle formule : 9 Baladin, ce mot signifiait autrefois tout danseur de théâtre. Il ne se dit plus guère que pour signifier un farceur. On dit dans le môme sens, et au féminin, une baladine,7> — En l'an vu (1799), TAcad. donne la môme définition, en ajoutant après le mol farceur : net, dans la société, un homme qui par son action bouffoimc prête à rire.n — Dans cette édition, k la suite de baladin vient baladinage, conservé, comme familier, par la 6* édit. (1 835) et par la 7* et dernière (1878).
Le mot baller, pour danser, de |SaA/{eiy (bas lat. ballare; voir Du Gange), est de toute antiquité dans la langue; Palsgrave le donne en i53o. Le Dict. Jr,-lat, de Rob. Estiennc (tbhg, mais non i539) et les Nicot de 1673, 1G06, 1618 y joignent baleur et balleur. Mais le premier qui ait recueilli le mot Italadin est Golgrave, en 1611, i633, etc. — Cependant il était déjà en lu^agc en 1579, ainsi quVn témoigne le passage suivant :
«rPaiLAUSONB : Vcri une petite leçon qu'il vous faut retenir : c'est qu'il se faudret bien garder d'user en la Cour de ro mot daiue^ ni de danser, ni de danseur. — CeltoniiLB : Pourquoi? — * Pbilauso?(e : Pource quil y a longtemps que tout cela a esté baïuii,