BALANCE — BALANCER
et qu'on a Tait venir d'Itatie bal et baller et balladm : lesquels trois on a mis en la place de ces trois autres : non pas toutefois sans quelque chanf^ement , comme vous pouvez voir; car de ballo on a fait bal, et ballare a esté changé en baller; de ballarino ou balladmo (car je croy que tous les deux se disent) a esté faict balladin. Mais notez qu^on a faict venir les personnes avec les noms, voire non seulement des balladim, mais aussi des baUadmet,^
H. EsTiBNRB, Deux Dial, du now, langage franc» italianiêé, 1579. Édit. liseux, I, 99a; cf. II, p. 100.
Voltaire a écrit quelque part :
Les lettres de Voiture sont un baladinage de Tesprit.
Balance (En), en suspens.
1 tai Oui, rien n'a retenu son esprit en balance. — Fem. sav., IV, 1.
Uon met trop plus son esprit en balance de trop respondre que de pou (de peu).
Iav, du chev» de La Tour-ùmdry, en. 89, Bibl. clzév.
663 Notre longue amitié, Tamour ni Talliance
N'ont pu mettre un moment mon esprit en balance. - Gohh., Hor., Il, 3.
9o5 Voilà ce qui retient mon esprit en balance. - Id., Sertor., I, 9.
C'est tenir trop longtemps votre esprit en balance. - Rotbou, La Câimène, V, 9.
1 199 Entre Taxile et lui, votre cœur en balance, • . - Rac, Alex., IV, 9.
Et ce n'est qu'un devoir de pure obéissance
Qui retient jusqu'ici son esprit en balance - Rbonard, Distrait, IV, 1.
^ Mettre en balance signiCait aussi mettre en comparaison :
n ne faut point mettre en balance les inquiétudes d'un homme qui n'aime point avec celles d un homme qui doit être fort amoureux.
Sbobais, Nouv. franc., 1667, '« ^7^*
Tenûr en balance, c'était aussi tenir en équilibre :
Ces deux genres de citoyens prévaloient dans Rome ; et TEstat mitoyen 4 qui seul tient tout en balance dans les Estats populaires, estant le plus foible, il falloit que la République tombast. - Bossubt, Hitt. univ., in-4*, 1681, p. 556-557.
Balance : lâcher la balance, cesser de tenir en balance.
s665 II faut, il faut parler et lâcher la balance. - Misanth.^ V, 3.
Balancer, peser, examiner; hésiter.
Allons, vous dis-je. Il n'y a rien à balancer. — G. Dand., 1,6.
Cest un homme tout médecin . . . qui ne balance aucune chose.
Md. imag., III, 3.
78a II se juge en autrui, se tâte, s'étudie. Examine en secret sa joie et ses douleurs, Les balance, choisit, laisse couler des pleurs. - Cobn., Pompée, III, 1.
BALANCER — BAUVERNE 209
Tandis qa ils consultent et que les choses sont balaneéeê.
Rac, V, 996. - Gnii^. de L. A7F.
7s Mais, tout bien balancé, j^ay pourtant reconnu. . . - Dbspr., Sot, X.
Entre la mort et la gloire , je ne trouve pas à balancer,
M"* DB SccDéBT, Mathilde, 1667, p. 357-358.
Rësous-toy ou par vertu ou par raison, ou par interest ou par amour, et ne balance pas davantage. Il hésita pourtant encore quelque temps. - lo., ibid., p. /igS.
BiiLANCER, teigne de chasse y hésiter, tâtonner.
5&9 Et je les vois, Marquis, comme tu peux penser,
Chasser tous avec crainte, et Finaut baUmcer. — FAch.y II, 6.
-¥ Balancer. On se sert de ce terme quand une béte, que poursuivent les chiens courants, vacille en fuyant; on dit : ce chevreuil balance, — On Tcmployc enfin quand un limier ne tient pas la voie juste; on dit : ce limier balance,
Dict, de cha$ie et de pèche, Paris, Musier, 1 769.
Balcon.
11/16 Seule, dans son balcon, jal vu paroitre Agnès,
Qui des arbres prochains prenoit un peu le frais.
Le. des Fem., IV, 6.
U est vray, Beatris m'a deux fois introduit Dans sa chambre le jour, dans eon balcon la nuit
SGiiB05, Jodelet ou le Maistre valet, V, 4.
4t «Balcon, jtodxum, menianum, c^est une avance hors le logis pour mieux voir sur une place.» - F^LiBiEN, Dict, deê termes d'archit. à la suite des Principeê d'archit,, in-/i% Paris, Gongnard, 1676.
Richelet (1680) et Furetière (1690) donnent une définition analogue, plus complète dans le dernier : ftbalcon, construction de pierre, de bois ou de fer, attacnée en saillie aux fenestres d'un bastiment , pour y prendre Tair ou pour descouvrir de plus loin. En risie Notre-Dame à Paris, il y a un quay appelle des balcon$,it
En Espagne , la plupart des baleont formaient des sortes de logettes entourées de grillages de bois qui permettaient de voir sans être vu; de petites fenêtres étaient pratiquées dans le grillage. En pénétrant dans ces logettes, on pénétrait en effet dan$ un balcon. — En France, on disait plutôt se tenir sur un balcon, et, dans sa première édition (169^) r Académie française donne en effet cet exemple : «rLes Dames étoient êur le$ balcons à voir le carrousel.»
Baliverne.
Celui-ci m^a montré d abord deux feuilles de papier, pleines jusques aux bords d'un grand fatras de balivernes. — Escarb., 1.
Alloit veoir les hastcleurs, trejectaires et thcriacleurs . . . , singulièrement... ceulx de Chaunys en Picardie , car ils sont de nature grands jaseurs et beaulx bailleurs de baillivemes, en matière de cinges verds. - B\bbl., Gargant., I , sa.
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