‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 141 sur 395 · S3A BATTEUR — BAYER AUX CORNEILLES · texte numérisé non relu

S3A BATTEUR — BAYER AUX CORNEILLES

BaTTEDR, qui bat.

781 Oui, je te ferai voir, batteur que Dieu confonde!

Que ce n'est pas pour rien qu'il faut rouer le monde.

^ Mot forgé dans ce sens par Molière , comme toufflêiewr par Scarron :

Et j*ay pitié de toi, souffUtevr misérable. - Scabbor, Jodelet du^UtU, V, 1.

Batteur était cependant en usage dans certaines locutions : Batteur de paye, Mort- PLBORT, CrUp. gent., III, 1; — Batteur d'eitrade, Scarron, Virg, trav., Paris, David, 1700, I, p. 65; — Batteur dépavé. Poisson, LeZig-zag, se. h; Montplbdrt, Gent, de Beauee, IV, à\ etc.

Cette dernière locution, employée par Richard Simon dans une note de sa Trad. du Nouveau Testament, Trévoux, 1709, a provoqué une critique de Bossuet :

nAet. XVII, 5. L^auteur (R. Simon) s^est avisé de cette note : trLe mot grec signifie «proprement des gens qui sont toujours sur le pavé et dans les grandes places à ne rien ttiaire; c'est ce que nous appelions batteun de pavé.n Le mot grec êyopoUav qui est dans le texte . . . n*a aucun rapport au pavé , et il a seulement voulu montrer qu'il savoit changer les expressions les plus naturelles dans les plus vulgaires et les plus basses.» ~ Bossoir, Inetr, tw la vereion du Nouv, Tettam, imprime à Trévoux en l'antuk M Dcc u, Paris, i vol. in-ia, 1709, p. i53-i56.

Battre le fer.

♦ Voir Fer : Battre le fer.

Battre la campagne.

a|e Voir Can^agne : Battre la campagne.

Bayer aux corneilles.

169 Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneiUes. — Tari.^ I, 1.

Il y a seulement vingt ans

Que je suis de ces poursuyvans

Qui bayent après un arrest;

Teusse bien gaigné Tinterest

Au double de mon action ,

Si quelque condamnation

M'en eust tiré premièrement. - Bellkad, La Beconnue (? 1577), V, .3.

Et puis, secouant les oreilles,

Ils alloicnt bayer aux corneUlee. - Richir, Ovide bouffon, 1669, p. 1 1 .

/i6 C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères.

La Font., I, 170; Fable», lî, ik.

Sus! Dave, il n'est pas temps de bayer aux corneUlee. - Baron, UAndrienne, 1,6.

Je vis la maison de Guilaut toute en feu. . . Je voulus aller dans la rue pour bayer comme les autres. - Sbt., II, 73.

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