BÉLÎTRE
sont paroles de cabale, et qui ne se disent qu'à Torcille entre bdUtre». . . Outre ces locutions, ils ont leurs maximes, leurs loii, leur police, leur créance particulière , leurs finesses et souplesses pour eschapper quand ils sont descouverts et pour tondre sur un oeuf. - Lb P. Garassi, Doctr. eur., i6a&, p. 68.
i^ Ringer iur la bittorle , câbler utr la biêtorte sont des termes d^argot, qui ne se trouvent ni dans Francisque Michel , ni dans Lorédan Larchey.
On peut dire que ces mots faquin, beliiire, escomiflcur, libertin, atheiste, etc., sont des termes quasi synonimes au jugement de toute Tantiquité.
Id., ibid., p. 758.
Il mit la main dans son sein et en tira un décret de prise de corps contre moy, pour estre mené sans scandale dans les prisons du Roy, et là estre interrogé sur. . . une force prétendue faite à cette beliilru$e.
Chapelain, Trad, de Guzm. d'Alfar,, i63o, t. III.
Si les gens dont vous pariez (les faux riches, les riches d'apparence) logent dans un grenier où ils ne vivent que de pommes et de noix ou de pain sec, leur maigreur les doit donc faire passer pour oe/tfret^ et Tapparence de leur habit ne remédie point au peu de monstre de leur visage. - Sobbl, Polyandre, I, 376.
En suitte , il convient que Tepistre , Le lay pleurard , le virelay belûtre , L'énigme goife et Tembléme pédant.
Sur nostrc esprit reprennent ascendant.
Saint-Amart, Œutr,, bibl. eliëv., I, p. 39 1.
En belitre, il montroit ses fesses découvertes. Et n'avoit plus d'entier que ses jarlières vertes.
RoBiiiKT, Panégjfr, de VEc. det Fem., 1'* entrée.
Je suis un emporté, maroufle? — Ouy, assurément. — Gomment, bélitre, encore I - Du Vbbdibb , Le Flatteur, 1 696 1 1 , &.
t Bélitre ou bélittre, héliireue, bélitrer, paraissent déjà dans Palsgrave (i53o), avec le sens de mendiant, mendiante, mendier; on le retrouve dans Rob. Estienne en iSSg, avec la même signification : mendicue. En 1611, Gotgrave donne le même sens et comprend dans la même famille belietreau, jeune mendiant, beliêtraillê et belietrerie. De mendiant à gueux, de gueux à maraud, de maraud à coquin, la distance est vite franchie. — Mais constatons que, d'abord, le mot ne se prenait pas en mauvaise part
Un poème du xvi* siMe, Lm Fontaine d'amour (1579) parle
Dn toutes manières de moines. . .
Prestres et clercs chantans l'epistres.
Et les quatre ordres de belietree,
Cestrà-dire les quatre ordres mendiants. — «A Pontoise , dit le Dictionnaire de Noël et Carpentier, on appelait bélietreM les confrères pèlerins de la confrérie de Saint-Jacques, sans attacher à ce mot le sens injurieux qu'il a pris et qu'il conserve, n
Huet, le savant évêoue d^Avranches, écrivoit blitre, sous prétexte que le mot venait du grec BAiTvpi {Diction, de Trévoux).
Borel dit crûment : ttBelietre, un voleur ou un soldat misérable, et ce mot vient de balieta, parce que anciennement les arbalestriei debandei degeneroient en voleurs, comme font à présent nos soldats débandez. 1» - Boa il, Tréeor, i655.
Étymologie fausse, mais trait de mœurs intéressant