‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 157 sur 395 · BERLUE · texte numérisé non relu

BERLUE

Berlue.

hhh Si je uai la berluBj

Je le vois qui revient. — Éc, des Fem., II, 3.

Peut-être que j*avois la berlue quand je la vis. - Likitit, Lcm Jaloux, II, 6»

Tu as la berlue; je croy que tu as été au trépassement d*un chat, lu vois trorfhia.

Comte DE Gramail, Coméi, dm Prav., II, i.

Il se pouYoît souvenir. . . de ce vieux coq à Tasne dans lequel on disoiti ftf uu renversement ridicule, avoir ta berlue aux oreilles, la migraine au bras ek h colique à la leste.

Le p. GâiÂESE, Bech, de$ Bech. de ht Eet. Paequier, 1699, p. 556.

Nous avons la berlue et nous n*avons rien vu.

D*OofiLLB, Qnffeuêe à la mode, IV, s»

En ces lieux md iUuminex, Qui voit la longueur de son nez Se peut vanter de bonne vue.

Puis les mortels ont la brelue (eic).

ScÂBBOR, Virg, trav., Paris, David, 1706, II, 167*

La vieillesse a ton œil décn.

Et te fait avoir la berlue. - Id., ibid., II, p. 9 63.

Dans la paste, mets du levain. . .

Le pain aura meilleure vue.

Mais je crois que j'ay la berlue; Je veux dire : il aura des yeux.

Mâbtih, Ée. de Salerne en vere burl., i65o, p. aS.

7 Et sans que j^eusse la berlue,

Le lendemain, quand je Teus lue,. . .

Je n*y vis que peu d*omement - Loret, Muze hietor., 9 octobre 1660.

Les perles et les diamants Par trop de reflex à la vcue Donnoient aussitost la berlue.

RiCHER, Ovide bouffon, 1669, p. i95. - Cf. p. 9&3.

Tu m*aimes7 — En douter, c*est le tromper loi-méme; Tu le vois trop. — J^ai donc la berlue en amour.

Th. Corr., Amour à la mode, IV, 7.

Vous révci , vous rêvez ; vous avez la berlue.

QuiRâULT, L'Amant indiêcret, i65/i, IV, 8. - Cf. Lee Rivalei, I, 1.

Ah I Monsieur, c*est Lisette , ou bien j*ai la berlue.

PoissoR, Coméd. tan» titre, II, 9.

Quoi I ce mouchard qui fait le coin de notre rue? — Ouy. — Vous n'y songez pas; avez-vous ta IterlueT

CnAMPMBSLé, Critp. cheval., se. 8.

Morbleu I Trob cents louis 1 n'ai-jc point la berlue f Lisons : trois cents louis. Non, j ai fort bonne vue.

MoifTPLEiRT , Gentilh. de Beauce, IIF, 6.

Elomiie. Mais, ma femme, peut-estre avez-yous la berlue.

Le Boulahoer de Chalossat, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, I, 9.

B après les objets a

longego.

INEHENT, actioi.

I Si vous n'avei v Pour vous mettn.

Tu t'cinportea i lort. — Voiu ti De voi» rouifiir railler loiujoun > Qu'un Uolîère sans cesse en vo> ^'

Voua Twe les objets de tous ses

I 4 Btrntment nt paraît duu le Dictionnure de l'AudJaii lO^me qa'i partir de la ''''me éditîon(l7&o) : «Action de btntr; le btrntmtKt t,i Stneho Paufa;» la cinle édition (ib3&) et la siiième (187S) le donnent comme sfuuilier et peu uaitéa.

Quand on le benwroit sur un théâtre, il seroit assez heureux pour faire rire le monde. - Impr. de Ven, , se. 6.

* Au propre, bwtitr c'est faire sauter en l'air dans une couverlnre, comme il arriva i

Mademoiselle, je fus b*riii vpndredy après dûné, pource que je ne vou9 avoi pas fait rire. . . u couverlnre fui apportée.

Voinii, L«Ur* IX, à V' dt Bourbon.

le voudrois le faire frtrnn- (Molière), et faire tenir la romertiire par qualr Marquis. — Les Marquis l'aiment trop, et se mellroienl peul-eslrc i sa place, alîi qu'il les bernait en taules les manières. - Z^inde, i663, se. 8.

Au Sgoré , railler, lufouer.

11A7 Mais s'il nous trouve ensemble, il pourra soupçonner

Que nous prenons plaisir. tous deux i le bsmsr. - Coati., La Suit., IV, 5. abb Ce brigand fier et sanguinaire. . . Fut pris, ou le diantre me berné,

Samedy dans une lavcme. - Loin.Jtfiii* hUlor., 17 avril 1660. 3a Mais laissons-li ce pauvre diable,

lé que d

Le soleil ne fait Dont les foiblcs Quand ceux dr

Go«!r. , Berg, extrav, , 1 , i .

Ah I Je n^ai f ère,

Id., ConU. d^Org,, IV, lo.

Je suis sot émet.

Gi /, II, 7 ; - Cf. tW., II, 5, et V, 6.

JoLLiTBT, Jiivénal burL, 1667, p. 98.

nscicnce ,

- RicHBB, Ovide bouffon, 1669, p. 389.

Je m jour

S «tour. - Qdi!iault, Lee Rivalet, V, k.

P y cet esprit (Molière)

• il nous ai^t :

son adresse est extrême , . . .

Moit mutiné, iiesme estoit berné :

int son industrie, la, quoyque fasché, tout en galanterie, fcc u^meura dVcord que, pour plaire aujourd'huy. Il faut estre Molière ou faire comme luy.

CiiBTALiBR, Amour» de Calotin, 166/i, I, 9.

Et moy, mon cher Marquis, ici je te déclare.

Que le Palais-Royal me devient aussi rare ;

Nul n*y sçauroit aller sans se faire drapper.

Ah I qu*hcureux est celui qui s*en peut échapper I

Pour moy, je n'aime pas à souffrir qu'on me drappe ;

Je veux estre berné si plus on m'y rattrappe. - Id., ibid., 166& ,1,6.

Et je croy que devant qu'en son bon sens il (Molière) rentre, Nous pourrons, sur ma foy, le dauber dos et ventre. Nos confrères déjà Tout berné comme il faut ; Battons le fer comme eux cepen4ant qu'il est chaud.

Lb Boulanger db GHâLussAr, Elomire (Molière) htfpocondre, 1670, III, 1.

Non, non, ne souffrons point de cet enfariné; Sus, amis, pour estre berné

Qu^aux médecins on le donne. - Id., ibid,, V, 9.

Nous sommes trahis I On nous berne, Monsieur.

Rbgtiard, Attendet-moi »ou$ Vorme, se. 9&.

Besogne, travail.

93 1 La besogne à la main! C'est un bon témoignage.

Ec, des Fem., 1,3.

Phidias fait une statue. Go n'est pas tout un que le fruit de l'art et le fruit de la betogne. - Malh., Il, 67.

BESOIN 2â3

G^est justement comme les compagnons bahutiers : ils font plus de bruit que de beiogne, - Comte de Cramail, Coméd. de$ Proc, se. dern.

953 Ce petit sot me taille ici de la betogne. - La Fort., VU, p. 36o; Ragotin, IV, 3.

Ayons seulement de l'argent , et puis nous leur taillerons bien de la beêogne.

Hautbroche, Criêp, méd,, I, 10.

* fx , . . Bfioigiie, dont je me sers métaphoriquement,... a une signification plus étendue qu ouvrage ni que travail. . . Que si on fait scrupule de se servir de buoigne, à cause de sa bassesse, par la mesmc raison, il faut s'abstenir de taMche, de boutique et d'^artûan, qui, à mon advis, ne sont pas plus relevés. . . Mais, sans nous éloigner de heêoigne, ne dit-on pas le mestier des armes, le mestier de la guerre? Ce mot, toutefois, n'est pas de meilleure maison que l'autre, et les peintres s en offensent (tesmoin du Montier), mais les généraux d'armée le reçoivent avec honneur. . . N'ayez pas peur que ce nom {beeoigne),,, se convertisse jamais en verbe dans mes écrits, ni qu'n m arrive de donner lieu à l'équivoque , ni à aucune pensée deshonneste. La Cour en a usé jusques icy dans les plus hautes et les plus importantes matières , et il me souvient qu'un orateur fut loué de toute l'audience qm l'esçoutoit, pour avoir dit d'un grand personnage qui faisoit sans effort les grandes choses : «rA le voir si peu empesché à l'entour de sa besoigne, on crdiroit que c'est un autre qui en est l'entrepreneur.» Mais Mdherbe, qui est le seul de nos autheurs qui mérite d'avoir de i'authorité, a fait à ce terme le dernier honneur qu'il peast recevoir. Il ne l'a pas trouvé si bas qu'il ne Fait appliqué à celuy qui est plus haut que le Ciel, et qu'il n'ait traduit intentut operi »uo Deue : Dieu estant attentif^ à sa 6e- »oigne...T> - Balzac, Lettre à Chapelain, du h octobre 1639. Paris, Courbé, i65<), p. 90o-ao3. — N, B, Nous avons vainement cherché, dans la Corretpondance de Chapelain , une lettre qui ait précédé ou suivi celle-ci.

Besoin : faire besoin.

Aussi bien nous fera-t-il icy besoin pour appi*ester le soupe.

UAv.,m, 1.

ig Quand nous faisons besoin, nous autres misérables. — UEu^l, 3

iS&o S'il \ousfaisoit besoin, mon bras est tout à vous.

Dép. am., V, 3.

Le sage sçait mieux ce qui \uy faict besoin dans sa maison, que le fol ne c-ognoist la nécessité de celle a autruy.

Chapelain, Trad, de Guzm, d'Alfar,, i63o, III, p. 396.

Je ne suis pas si traistre à mon corps que je ne tasche de luy donner tout m qui luy /au besoin, - Sorbl, Polyandre, i648, I, p. 376.

3 Ce qui m'en plait, c'est que tant de éervclle

N'y /au besoin et no sert de deux clous. - La Fort., V, a88 : Contes, IV, 1.

89 Votre oraison vous/^a bon besoin, - Id., IV, a48 : Contes, 11, 5.

Soixante mille écus nous yèrot>;i( grand besoin. - Rkgrard, Ménechmes, 1, s.

* Faire besoin est une expression italienne : questo fà bisngno ou di besogno, qui a passé en provençal : Aco fait hesoun. (Diction, de Mistral).

Aucun de nos lexiques, mt^me ceux de Rirhelet, do Furelicrc et de TAcadémie, qui sont postérieurs à Molière, n'ont recueilli cette expression.

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