‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 156 sur 395 · BÉNIT — BERCER · texte numérisé non relu

BÉNIT — BERCER

. • • L*entretien chaste et bénin

Du gentil sexe féminin

Ne s*y permet en nulle sorte.

Sairt-Amaiit, Œutfr,, bibl. elzéf., Il, p. âao.

Leurs fiers desseins, qui n^ont ny règle ny compas, * Taschent en vain d'abialtre une drogue divine, Dont ma plume a prouvé la qualité béninê.

Lb F. Gambid, Sonnet, à la suite de la Stimmimachie , i656, p. loâ.

BÉNIT, BENITE, ironiquement.

699 Vous avez fait, Monsieur, cette bénite pierre

Qui peut seule enrichir tous les Rois de la terre.

Fâeh., III, 3.

:¥ On employait plutôt, même au xtii* siècle, la forme primitive benoit, benoîte, dans ce sens ironique :

7 Un vieux garçon de cinquante ans N'en fait guère en beaucoup de temps , Et ne va pas tant d'une haleine A la benoûe cinquantaine. - Goaii., X, i58; Poéi. div,, Bagatelle.

195 En ce benoU et sacré lieu

La Reine pria donc bien Dieu. - Loair, Muze hi$t§r., i** mars i656.

i58 Les benoùê Pères de Picpus. - Id., ibid,, 11 octobre 166/i.

Quand les épouses font im récipiendaire

Au benoitt estai de cocu.

S'il en peut sortir franc, c'est lui beaucoup faire.

La Fo!it.,V, 65Û : Contes, IV, 8.

Ce benoU hôtel de Bellièvre. - Sév., IV, 167.

Bossuet dit, mais dans le sens religieux, et en plaçant aussi l'adjectif devant le substantif :

Il estoit déjà grand ce bénit enfant (Isaac),.. . Quand tout à coup Dieu luy commanda (à Abraham) de l'immoler. - Bossubt, Hiet, univ., in-â% 1681, p. 18/i.

Berger, aufg.

63 1 Dût le mettre au tombeau le mal dont il vous berce.

Éc. des Fem,, II, 5.

3i5 L'espoir, il est vrai, nous soulage

Et nous berce un temps notre ennui. — Misanth., I, 3.

a07 Dès longtemps d*un bruit on nous berce.

Lonwtj Mme hiitor. , la août 1669.

9 5 Mais quelque fol espoir dont leur orgueil les berce,

Bientôt on les connoU et la vérité perce. - Dbspb. , Sat. XL

Ehl Monsieur, ne parlons point do cela. Vous vous bercet-là d'une chimère, ou le diable m'emporte. ^ Do Vbrdiu, Le Flatteur, 1696, II, 1.

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