BLÉ — BLONDIN
Blé : MANGER SON BLÉ EN HERBE.
Je vous vois, Monsieur, ne vous en déplaise, dans le grand chemin justement que tenoit Panurge pour se ruiner, prenant argent d'avance, achetant cher, vendant à bon marché, et mangeant son blé en herbe.
UAv.y II, 1.
Bobance, qui les foii desHe, Nous faict manger blé en verdure.
Parce de Folle Bobance , Ane. Th. fp. (bibl. ekév.)^ Il, 878.
Gomment Panurge fut faict cliastoilain de Salmigondis en Dipsodic , et mangeoU
êon hled en herbe Et se gouverna si bien et prudentement Monsieur le nouveau
chasteliain qu*en moins de quatorze jours il dilapida le revenu certain et incertain de sa chasteilenie pour troys ans . . . Abastant noys , brusiant les grosses souches pour la vente des cendres, prenant argent d^avance, achaptant cher, vendant à bon marché, et mangeant son bled en herbit,
Rabelais, 111, chap. 11, édit. Jannet, chez Picard, t. III, p. 9&-95.
Il faut faire petite vie, et qu^eile dure, et ne pas manger $on bled en verd, ny son pain blanc le premier. - Comte db Grahail, Coméd, des Prov,, i633, 1, 6.
Le médecin le regardant luy dit : tr Voilà du sang qui est bien verd. — 11 peut bien être verd , répondit-il , car j'ay mangé tout mon bled en herbe, n
D^OuTiLLB, Contes, 1666; Paris, Jouaust, i883, 1, p. 80.
Bleu : conte bleu.
1 4 1 Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire. - ^Tart. , 1 , 1 .
980 De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes. - Boil., Sat. Xll.
Si j'allois m'égarerl — Ohl la vision bleue! - Th. CoRii., Feint. AstroL, V, 7,
t On appelle «r bibliothèque bleue» Tcasemble de ces ouvrages généralement publiés à Troyes par les Oudot, les Garnier ou les Baudot, et vendus par les colporteurs dans les campagnes; c^ét aient Les quatre fils Aymon, Geneviève de Brabant, etc.; leur couverture en papier bleu explique cette qualincalion.
On a voulu donner aux contes bleus la même origine : c^cst une erreur, car Richelet et Furetière parlent indiflcremmcnt des contes bletu, des contes violets et des contes jaunes.
11 est facile d'expliquer le nom des contes jaunes , diflicile d'expliquer les contes violets; quant aux contes bùus, ne seraient-ce point les contes en Tair et dans les nuages?
Blondin.
5 96 Et de ces beaux blondins écouter les sornettes.
Ec. des Fem.y II, B.
731 Et de vous laisser prendre aux assauts du malin,
C'est-à-dire d'ouïr aucun jeune blondin. - Ibid., 111, a.
1 Q08 Si son cœur m'est volé par ce blondin funeste. — /Wd., IV, 7.